1920-1923 : guerre républicaine menée par Mustafa Kemal ; 29 octobre 1923 : Mustafa Kemal fonde la République turque et en devient le premier président. ; 1923 : création du parti unique Cumhuriyet Halk Partisi (Parti républicain du peuple). Début des réformes kémalistes. ; 1930 : Création d'un parti d'opposition dissou trois mois plus tard.
1934 : Les femmes obtiennent le droit de vote et deviennent éligibles. 1938 : mort de Kemal Atatürk ; le nouveau président, désigné par le parlement, est İsmet İnönü
1945 : Fin du système de parti unique ; 1946 : Création du Demokrat Parti
27 mai 1960 : Coup d'état militaire ; Adnan Menderes et deux autres figures importantes de Demokrat Parti sont jugés par un tribunal spécial et pendus pour cause de haute trahison en 1961. ; 12 mars 1971 : Coup d'état militaire ; démission de Süleyman Demirel ; répression violente de la gauche et des Kurdes ; limitations à la liberté de la presse et aux droits syndicaux. ; 12 septembre 1980 : Coup d’état militaire ; 30 000 arrestations ; dissolution du parlement et interdiction des partis politiques. Kenan Evren président.
Novembre 1982 : Nouvelle constitution ; les anciens partis restent interdits.
Décembre 1983 : L'Anavatan Partisi nouvellement créé gagne les législatives ; Turgut Özal premier ministre ; virage libéral (privatisations) et islamique (enseignement religieux obligatoire).
1996 : Gouvernement islamiste de Necmettin Erbakan, renversé par l’armée en 1997 ; Mesut Yılmaz premier Ministre ; Novembre 2002 : Arrivée au pouvoir du parti AKP ; Recep Tayyip Erdoğan premier Ministre en mars 2003.
Religion
La religion principale de la Turquie est l’islam, majoritairement sunnite hanafite (branche de l'islam) avec d'importantes communautés chiites. Aujourd’hui, les alévis représenteraient environ 25 % de la population turque.
Il y a également des minorités orthodoxes et juives, surtout à İstanbul et İzmir. Et catholiques au sud du pays surtout a Mersin.
Un autre groupe religieux est celui des Sabbatéens.
Une enquête publiée en décembre 2004 dans le Wall Street Journal version européenne annonce que 95 % des Turcs sont musulmans et 72 % observent les prescriptions de l’islam.
[modifier] La Laïcité en Turquie
Alors que la constitution du 20 janvier 1921[2] ne mentionnait pas la religion, la loi constitutionnelle du 29 octobre 1923 modifie l’article 2 en indiquant que « la religion de l’État turc est l’islam » (Türkiye Devletinin dini, Dîn-i İslâmdır). Cette mention est conservée dans la constitution du 20 avril 1924[3] (dont l’article 75 proclame pourtant la liberté de conscience et de culte - à condition qu’elles ne s’opposent pas aux lois), supprimée le 11 avril 1928 et remplacée le 10 décembre 1937 par « l’État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur » (Türkiye Devleti, Cumhûriyetçi, Milliyetçi, Hâlkçı, Devletçi, Laik ve İnkılâpçı’dır), les « six principes d’Atatürk ».
Tout cela s’est traduit sous Atatürk par :
l’accord du droit des votes aux femmes en 1934 ;
la fermeture de certains lieux de pèlerinage ;
l’interdiction des confréries religieuses (nakşibendis, nurcus,…) ;
l’interdiction du port du voile pour les femmes dans les administrations et écoles publiques.
...
Certaines de ces mesures ont été abolies lors de l’accession au pouvoir du Demokrat Parti (Parti démocrate) d’Adnan Menderes en 1950, mais la religion est restée sous contrôle de l’État.
Bien que des réformes allant dans le sens de la laïcité aient été accomplies sous Atatürk (abolition du califat, etc.), la Turquie n’est pourtant pas un état strictement laïc dans le sens où il n’y a pas de séparation entre la religion et l’État mais plutôt une mise sous tutelle de la religion par l’État ; chacun reste cependant libre de ses croyances. C’est ainsi que la religion est mentionnée sur les papiers d’identité et qu’il existe une administration dite « Présidence des affaires religieuses »[4] (diyanet) qui instrumentalise parfois l’islam pour légitimer l’État et qui gère les 77.500 mosquées du pays. Seul le culte musulman est financé, les autres cultes devant au contraire assurer un fonctionnement financièrement autonome, quand ils ne rencontrent pas d'obstacle administratif à ce même fonctionnement. À certaines périodes de la République turque (sous Turgut Özal) l’enseignement religieux dans le secondaire est même devenu obligatoire. Malgré la mise en place de la politique laïque en Turquie, la proportion de la population chrétienne est passée de 10% en 1920 à 0.3% au début du XXIe siècle, et a déjà subit des agressions en raison de la religion[5].
Politique intérieure
Article détaillé : Politique de la Turquie.
La Turquie est une république parlementaire.
Le président est le chef de l’État et le premier ministre est le chef du gouvernement. Le président est nommé par l’assemblée nationale pour un mandat de 7 ans. Le président choisit le premier ministre.
Le pouvoir législatif est exercé par la Grande assemblée nationale de Turquie composée de 550 sièges renouvelés tous les 5 ans.
La constitution en vigueur date de 1982.
La Turquie kémaliste
Kemal Atatürk
Après s'être débarrassé de toute opposition, Mustafa Kemal modifie le mode de fonctionnement de l'Assemblée Nationale. Dorénavant, les députés seront choisis exclusivement parmi les membres du Parti républicain du peuple, qui devient de fait parti unique. Les membres du parti sont désignés par le président du parti qui est Mustafa Kemal, et le Président de la République est élu par les députés de l'Assemblée. Le système électoral est dès lors fermé et plus aucune opposition ne se manifeste alors au sein du parlement.
Le parlement renouvelle le mandat présidentiel de Mustafa Kémal en 1927, 1931 et 1935 qui refuse de devenir président à vie. En 1930, il déclare :
« Je ne mourrai pas en laissant l'exemple pernicieux d'un pouvoir personnel. J'aurai fondé auparavant une République libre, aussi éloignée du bolchevisme que du fascisme[12]. »
Le verrouillage politique du pays lui permet de mener la révolution qu'il souhaite mettre en œuvre : la Révolution à toute vapeur. Il entreprend la construction de la nouvelle Turquie mais il se heurte à un problème de financement : les caisses de l'État sont vides. Il se voit conseillé de recourir au crédit étranger. Or d'après lui, « le meilleur moyen de perdre son indépendance, c'est de dépenser l'argent qu'on ne possède pas. » Il a en mémoire les effets qu'a eu la dette ottomane sur l'Empire Ottoman et sur l'économie du pays, et il pense qu'en ayant recours aux capitaux étrangers, la Turquie perdrait une partie de son indépendance.
Pour financer ses projets, il décide de créer plusieurs banques, comme la Sumer Bank et la Eti Bank patronnées par la Merkez Bankasi (la banque centrale-1930). Ces banques drainent les capitaux pour mettre en œuvre des plans de développement économique.
Grâce à ces sources de financement, des milliers de kilomètres de routes sont construits ainsi que plusieurs centaines de ponts, un réseau de chemins de fer est créé, ce qui permet de désenclaver l'Anatolie pour accéder à un développement économique homogène. L'agriculture est revalorisée, les paysans disposent de plus de moyens et d'outils agricoles, leurs fermes deviennent plus spacieuses et plus propres. Et pour la première fois de leur histoire, ils peuvent épargner pour préparer l'avenir de leurs enfants.
Le gouvernement kémaliste entreprend avec l'aide de l'URSS d'importants plans d'industrialisation. Des dizaines de centrales électriques sont ainsi construites pour l'industrie naissante. Des dizaines de fabriques de sucres et de ciments sont créées. Suivies par des verreries et des fabriques de céramiques, des fonderies, des aciéries et des usines de produits chimiques.
[modifier] Une opposition docile
Au début des années 1930, l'abstention augmente en Turquie. En effet, le peuple ne pouvant s'exprimer librement préfére s'abstenir. Mustafa Kemal sentant que lui, le parti et le parlement se coupent peu à peu du peuple décide de créer un parti d'opposition de toutes pièces. Ce parti doit à la fois être indépendant et docile, il doit être critique sans porter atteinte au prestige du président.
Le Parti républicain libéral est ainsi mis en place pour les élections législatives d'août 1930. C'est son ami Fethi Okyar qui devient président du parti. Il est rejoint par une douzaine d'anciens députés avec parmi eux Adnan Menderes et Makboulé Atadan, sœur de Mustafa Kemal. Ce dernier prend soin d'expliquer à Fethi ce qu'il attend de lui, en particulier sur les attaques contre son gouvernement et lui confie « Je ne veux pas mourir avant d'avoir vu, en Turquie, la disparition d'un pouvoir personnel. Je veux que la République devienne entièrement démocratique »[13].
Fort du soutien de Mustafa Kemal, Fethi se présente à la circonscription d'Izmir et y tient un meeting où il attaque le gouvernement. Mais des coups de pistolets ont été tirés, la panique fait un mort, la police intervient, disperse l'auditoire et arrête tous les dirigeants du nouveau parti. Mustafa Kemal doit intervenir en personne pour faire libérer Fethi et les opposants et il donne l'ordre à la police de désormais protéger les meetings.
Quelques jours plus tard, Fethi monte à la tribune de l'Assemblée nationale et critique la politique économique d'Ismet Inonu. Mais une bagarre éclate rapidement au sein de l'Assemblée entre députés des deux partis, Mustafa Kemal est contraint de faire évacuer la salle. Dans son œuvre de "démocratisation" de la Turquie, il décide de supprimer la censure dont a été victime la presse.
[modifier] Une véritable opposition
La liberté d'expression va permettre aux journalistes de critiquer fortement Kemal et sa politique à travers des articles ou des caricatures. Des monarchistes, des anciens d'Union et Progrès et des communistes se regroupent autour de Fethi pour critiquer le gouvernement. Dans le même temps, une grève menée par des communistes touche Izmir et des émeutes éclatent dans le Kurdistan. Mustafa Kemal décide de dissoudre le parti le 17 novembre 1930 suite aux évènements d'Izmir[11].
La révolte de Menemen éclate non loin d'Izmir en décembre 1930. Elle est menée par un imam qui affirme être un prophète envoyé par Dieu, et qui lance des critiques acerbes contre le gouvernement. Il appelle les Turcs à se révolter contre le gouvernement kémaliste. Lors d'un de ses meetings, la police intervient pour disperser la foule, mais les militants se jettent à l'attaque des policiers. Devant cette résistance inattendue, le gouvernement décide alors d'envoyer un corps d'armée, mais celui-ci refuse de combattre. La sédition gagne rapidement d'autres villes turques, comme Konya, et Bursa.
Devant la rébellion, Mustafa Kemal décide de revenir à l'ancien système, il proclame l'État de siège, supprime la liberté de la presse et fait intervenir l'armée dans les régions qui se sont révoltées. Les troupes du Cheikh Mehmed se font rapidement juger et emprisonner. L'ordre revient rapidement, mais Kémal est déçu par la tournure qu'ont pris les événements. Il souhaitait créer une « opposition constructive », qui démocratiserait la Turquie, mais c'est finalement le contraire qui s'est produit.
[modifier] Fin provisoire du multipartisme
Au printemps 1932, Mustafa Kemal déclare :
« Que le peuple ne s'occupe pas de politique pour le moment. Qu'il se consacre à l'agriculture, au commerce et à l'industrie. Il faut que je gouverne ce pays pendant dix ou quinze ans encore. Après cela, nous verrons s'il est capable de se diriger lui-même... »
Pour les élections de 1932, il décide de revenir au système électoral précédent, seul le Parti Républicain du Peuple a le droit de présenter des candidats. Mais il tente de rajeunir le parti, et d'y faire adhérer des hommes et des femmes d'origines modestes, des paysans en particulier. Pour avoir une petite opposition au sein du parlement, il désigne douze députés indépendants qui ont pour mission de critiquer l'action gouvernementale.
Kemal se rend compte que les réformes mises en œuvre par son gouvernement ne sont pas populaires. Le régime décide donc de se projeter dans un autre cadre, passant du cadre réformiste à un cadre révolutionnaire. Pour ce faire, plusieurs délégations sont envoyées en Italie fasciste et en URSS, afin d'étudier les ressorts de ces deux révolutions.
Sous cette double influence, le régime kémaliste s'oriente vers une politique de mobilisation des masses à parti unique, en créant des Maison du peuple qui ont pour mission de répandre la “bonne parole” du parti. La jeunesse turque est transformée en fer de lance de la révolution kémaliste à travers des associations de jeunesse officielles. Cependant le régime Kémaliste ne se transformera jamais vraiment en régime fasciste, et encore moins en régime communiste[14]. Le modèle reste celui d'une modernisation autoritaire du pays, sans référence idéologique unique.
Sur le plan international, la Turquie se rapproche de l'Iran du Chah Reza Pahlavi et de l'Afghanistan qui voyaient avec admiration les réformes menées par Atatürk. Reza Pahlavi va tenter de mener une révolution comparable à la révolution kémaliste dans son pays.
Par ailleurs, Atatürk s'appuie contre l'Union Soviétique sur la politique semi-libérale menée par Celal Bayar et son conseiller Hirsch. Contre le nazisme, il se réconcilie avec la Grèce de Venizélos - qui proposera Atatürk à l'élection du prix Nobel de la paix à la fin des années 1930 - et de la France. Il se rapproche également de la Yougoslavie et de la Roumanie pour verrouiller les Balkans à l'influence de l'Allemagne nazie. Pour "irriter" encore un peu plus les nazis, il nomme un juif dönmeh à la tête du ministère des Affaires étrangères.
Quand un grand journaliste autrichien, Emil Ludwig lui rapporte en 1935 que Mussolini a beaucoup de sympathie pour lui, Atatürk se met en colère et traite le chef d'État italien de « hyène » à cause de la guerre d'Éthiopie.[15]
« Vous osez me comparer à cette hyène ! Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous dites ! Jamais je n'accepterai que l'on me compare à cet homme qui écrase l'Éthiopie sous les bombes.[16] »
Mustafa Kemal prononce à l'époque plusieurs discours qui resteront célèbres : celui relatant la Guerre d’indépendance et la fondation de la République (nutuk) les 15 et 20 novembre 1927 ainsi que son discours de la 10e année le 29 octobre 1933.
Face aux émeutes dans certaines villes de la Thrace comme Edirne, Tekirdag, Kırklareli et Çanakkale visant la communauté juive, Mustafa Kemal intervient énérgiquement et ordonne que l'ordre soit rétabli rapidement. Voyant dans ces émeutes anti-juifs l'influence directe des agents secrets allemands, il fait savoir que l'antisémitisme ne sera jamais toléré en Turquie. D'ailleurs c'est lui qui a ouvert la porte en 1933 à 150 universitaires allemands d'origine juive, qui avaient perdu leurs postes en Allemagne, en leur proposant de s'installer et de travailler en Turquie. Ces universitaires ont largement contribué à la réforme universitaire de 1933 qui a permis la création de l'Université d'Istanbul.
Conformément à la loi sur les noms de famille, le parlement donne le 24 novembre 1934 à Mustafa Kemal le patronyme de Kâmal (ce qui veut dire, forteresse) Atatürk, qui signifie non pas « père des Turcs » mais plutôt « Turc ancêtre », « Turc père » ; il abandonne alors le prénom Mustafa pour se nommer Kemal Atatürk. Le peuple turc suivra le mouvement en prenant lui aussi des noms de familles. Dans la foulée, le gouvernement renomme les principales villes turques, Angora devient Ankara, Smyrne devient Izmir, etc.
La laïcité en France présente trois caractéristiques principales. Elle repose premièrement sur une institutionnalisation de la séparation entre Eglise et Etat, fondement de l'exercice d'une effective liberté de conscience. Elle est ensuite le produit du combat des idéologues de la laïcisation. Enfin, la laïcité a pour pendant une déchristianisation croissante de la société française au profit d'une mosaïque religieuse et culturelle aux frontières mouvantes. FNSP.
Laïcité, modernisme et islamisme en Turquie
Le renouveau des mouvements islamistes auquel on assiste dans la plupart des pays musulmans depuis la fin des années 1970, renvoie à la question de savoir si l'islam est compatible avec la démocratie. Cette interrogation est très liée aux rapports de pouvoir qu'entretiennent, dans ces pays, élites occidentalisées et sociétés musulmanes. La nature autoritaire de la modernisation entamée dans de nombreux Etats musulmans depuis le XIXe siècle est sans doute à l'origine des déboires ultérieurement rencontrés par la démocratie en ces pays. CPC.
La laïcité à l'épreuve de l'exode rural
L'urbanisation qui a entraîné au cours des quarante dernières années une explosion urbaine, allant du quintuplement au décuplement des agglomérations de Turquie, d'Iran et d'Egypte, s'est accompagnée d'un processus de ré-islamisation particulièrement sensible dans ces sociétés urbaines. Pourrait-on alors transposer l'hypothèse avancée par Gilles Kepel pour décrire le cas de la France et postuler que l'affirmation de l'appartenance à l'islam constitue, de façon générale, un des modes privilégiés de sédentarisation en société urbaine ? L'étude de la Turquie offre plusieurs éclairages allant dans ce sens. CPC.
La demande d'islam en banlieue : un défi à la citoyenneté ?
Le référent islamique a servi, dans les banlieues françaises, de support à diverses formes de mobilisation collective. Les différents registres d'action collective et leurs interactions avec l'environnement sont étudiés afin de mieux cerner la capacité de régulation sociale du religieux islamique et son potentiel de civilité pour compenser l'anomie des banlieues. JC.
Rusen ÇAKIR , Jean MARCOU
L'armée turque et le laïcisme
L'armée turque a été façonnée selon un modèle occidental et, donc, officiellement dépolitisée. Elle n'en est pas moins intervenue à plusieurs reprises dans la vie politique du pays. Actuellement protectrice de la Constitution, l'armée reste formée aux stricts principes kémalistes dont le plus important est celui de la laïcité. Cependant, plusieurs enquêtes sociologiques font apparaître qu'elle ne s'opposerait pas par les armes à l'éventuel avènement du Parti de la Prospérité, Refah Partisi, à la condition que celui ci ne remette pas en cause les principes modernistes et démocratiques. FNSP.
Les partis politiques turcs, l'islamisme et la laïcité
Les partis politiques turcs sont désormais confrontés au piège de la notion de laïcité, et plus particulièrement de la relation entre islam et Etat. L'idéologie laïque officielle et autoritaire sur laquelle repose la République turque a été démystifiée au bénéfice des islamistes, mais ce changement laisse enfin entrevoir un islam pluriel. Cependant, la notion nouvelle de répression des actes "anti laïques" donne au débat un nouvel aspect, posant la question des libertés publiques et de la liberté de conscience. FNSP.
Ali Vahit TURHAN
Islam et laïcité. Compte-rendu d'un colloque international à l'Université de Galatasaray, Istanbul, 22/24 septembre 1994", par Ural MANÇO Le colloque "Islam et Laïcité" a été co-organisé par l'Equipe de Recherches interdisciplinaires sur les Sociétés méditerranéennes musulmanes non arabes (ERISM) de l'Institut national des Langues et Civilisations orientales (Paris) et l'Institut français d'Etudes anatoliennes (IFEA) d'Istanbul. La rencontre s'articulait autour d'une trentaine de communications réparties en cinq ateliers: (1) Réflexions sur la laïcité, les relations Etat/religion dans les pays de l'Europe occidentale; (2) Islam et la laïcité dans les Balkans; (3) Que reste il de la laïcité kémaliste en Turquie? Retour de l'islam/maintien de la laïcité; (4) Islam face aux Etats, résistances islamiques. La redynamisation de la religion dans les pays musulmans issus de l'ancienne Union soviétique; (5) L'immigration et de l'interculturalité, les Musulmans de France face à la laïcité française. Dans sa présentation de la rencontre, Michel Bozdemir (ERISM) a précisé que les premières expériences laïcistes du monde musulman ont eu lieu en marge du centre arabe. Deux modèles laïques ont dominé l'islam périphérique: le marxisme et le kémalisme. A l'heure où le modèle soviétique s'est écroulé et où le modèle kémaliste donne des signes d'essoufflement, la laïcité divise profondément les sociétés musulmanes. Est il impossible d'envisager un consensus entre les tenants de l'islam et ceux de la laïcité? L'islam peut il apporter des réponses cohérentes aux problèmes des sociétés complexes nés de changements sociaux rapides appelant de plus en plus à une séparation du spirituel et du profane? Le colloque avait pour but de contribuer à une approche comparative et pluridisciplinaire d'un thème sensible. UM.
L'élection est la désignation, par le vote d'électeurs, de personnes destinées à occuper une fonction politique, économique ou sociale.
La Turquie élit au niveau national un chef d'état - président de la république -, et une assemblée parlementaire. La Grande assemblée nationale de Turquie (Türkiye Büyük Millet Meclisi) est le parlement monocamériste de la Turquie et est ainsi le détenteur du Pouvoir législatif. L'assemblée compte 550 membres élus pour un mandat de cinq ans à la proportionnelle. Pour qu'un parti soit représenté au parlement, il doit présenté un candidat dans au moins la moitié des provinces de la Turquie, il doit par ailleurs obtenir un minimum de 10% des voix au niveau national.
Le président de la république est élu par le parlement pour un mandat de sept ans.
La Turquie a un système politique multipartiste, les différents partis doivent le plus souvent former des coalitions pour pouvoir gouverner.
[modifier] Dernières élections
Résultats des élections législatives du 3 novembre 2002.
Parti
Suffrages
% des exprimés
% Sièges
Parti pour la justice et le développement (AKP)
10,779,489
34.3%
363<
Parti républicain du peuple (CHP)
6,099,083
19.4%
178
Parti de la juste voie (DYP)
3,004,842
9.5%
0
Parti d’action nationaliste (MHP)
2,622,545
8.3%
0
Parti jeune (GP)
2,277,651
7.2%
0
Parti démocratique du peuple (DHP)
1,953,627
6.2%
0
Parti de la mère patrie (ANAP)
1,610,708
5.1%
0
Parti démocratique de la gauche (DSP)
385,950
1.2%
0
Autres
2,714,533
8.6%
*
Total
31,448,428
550
mercredi 25 juillet 2007
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