Fait no 6
Le VIH se transmet par des liquides organiques
comme le sang. Vous pouvez être contaminé
par un rapport sexuel non protégé avec une
personne séropositive. L’utilisation de seringues
ou rasoirs non stériles est un autre risque
d’infection. Le virus peut se transmettre
également de la mère à l’enfant.
Il ne peut se transmettre en serrant la main
ou en tenant la main de quelqu’un, en
embrassant ou en éternuant ou par n’importe
quel contact épidermique.
Parlez à 10 filles de 10 faits sur le
VIH/sida
Fait no 1
Le sida est l’abréviation de ‘Syndrome
d’Immuno-déficience Acquise’, tandis que VIH
signifie ‘Virus de l’Immuno-déficience
Humaine’.
Fait no 7
Vous pouvez vous protéger contre l’infection par
le VIH en suivant la règle ABC : Abstinence,
Behavioural Change (changement de
comportement), Condom Use (usage du
préservatif). Malheureusement toutes les filles
et jeunes femmes ne sont pas en position
d’exiger de leur partenaire le respect de la règle
ABC. Des organisations comme l’Association des
Guides et des Éclaireuses gèrent des
programmes donnant aux filles les moyens de
dire “non’’ et de s’exprimer à voix haute pour se
protéger.
Fait no 2
Le VIH est le virus qui peut causer le sida en
détruisant progressivement la capacité de
l’organisme à lutter contre les infections et
certains cancers.
Si le système immunitaire d’une personne
vivant avec le VIH est tellement affaibli que
des infections sérieuses se produisent, on parle
alors de sida. Le sida n’est pas une maladie
mais un syndrome, un ‘ensemble de maladies’
qui sont causées par les ravages subis par le
système immunitaire.
Fait no 8
Selon l’ONUSIDA environ 38,6 millions d’adultes
et d’enfants vivaient avec le sida fin 2005.
Chaque jour, plus de 6000 jeunes âgés de 15 à
24 ans sont infectés – autrement dit un toutes
les six secondes.
25 millions de personnes sont déjà mortes du
sida, en 2050 ce chiffre sera de 280 millions.
90 pour cent des personnes vivant avec le
VIH/sida vivent dans la moitié sud de la planète.
Fait no 3
2006 est l’année du 25e anniversaire de
l’identification du ‘sida’, malgré des preuves de
l’existence de cas antérieurs. La source du
virus est inconnue, mais les scientifiques
soupçonnent une sous-espèce de chimpanzés
de l’Afrique équatoriale de l’Ouest d’être la
source originelle du virus.
Fait no 9
La journée mondiale du sida a lieu tous les ans
le 1er décembre. Le thème de la journée
mondiale du sida 2006 sera la ‘responsabilité’.
Son slogan : ‘Stop sida. Tenons notre
promesse’. Lancée en 1988 par l’Organisation
mondiale de la santé et l’Assemblée générale
des Nations unies, elle est devenue depuis l’une
des ‘journées internationales’ qui réussit le
mieux à sensibiliser à un problème mondial.
Fait no 4
Il n’existe pour l’instant ni cure, ni vaccin. La
recherche qui se consacre à leur découverte
nécessite un financement constant. Il existe
des médicaments pour traiter le sida. De
250 000 à 350 000 décès ont été évités grâce
à un accès élargi au traitement, mais pour le
moment, seules les personnes atteintes du sida
dans les pays riches sont assurées d’obtenir
ces médicaments qui n’atteignent qu’un sidéen
sur cinq.
Fait no 10
Pour s’informer sur la manière d’agir contre le
VIH/sida, visiter www.wagggsworld.org et
www.worldaidscampaign.info
Fait no 5
Les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans
sont le groupe à plus haut risque. Elles sont
particulièrement vulnérables parce que, dans
bien des pays, leurs droits sont négligés ou
non reconnus et elles reçoivent un traitement
inégal ; d’autres facteurs sociaux, culturels et
économiques interviennent également. Elles
ont besoin d’être protégées, d’accéder à
l’autonomie et de s’équiper de compétences de
prise de décision et de leadership afin de
réduire leur risque d’infection par le VIH.
1. Découper la
fiche
2. Plier ici et coller la
feuille dos-à-dos
3. Plier en accordéon le long des
pointillés pour obtenir une fiche au
format du portefeuille
vendredi 30 novembre 2007
Parlez à 10 filles de 10 faits sur le VIH/
Parlez à 10 filles de 10 faits sur le VIH/sida
Participez, c’est facile ! Téléchargez la fiche technique, imprimez et montez-en 10 exemplaires, et utilisez-les pour informer 10 filles sur le VIH/sida. Imaginez 10 millions de guides et éclaireuses de par le monde parlant chacune à 10 filles de 10 faits sur le VIH/sida. Voilà ce que serait l’impact gigantesque sur 100 millions de filles !
L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. C’est aussi une arme dont le monde ne peut se passer dans la lutte contre le sida. Nelson Mandela
Veillez à ce qu’ils tiennent leurs promesses
En 2001, les gouvernements se sont réunis à l’Assemblée générale des Nations unies et ont déclaré qu’ils allaient enrayer l’expansion du sida. Cinq ans plus tard, en juin 2006, l’Assemblée générale a revu cette déclaration. Comme presque tous les pays de la planète sont représentés à cette assemblée, ils soutiennent tous cette promesse. De plus, l’an dernier, les dirigeants du Groupe des Huit (G8) se sont engagés à garantir l’accès universel au traitement d’ici 2010. Le G8 comprend l’Allemagne, le Canada, les État-Unis, la France, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et la Russie. Renseignez-vous sur l’action de votre gouvernement concernant la recherche d’une cure, la prévention de l’expansion de la maladie et le soutien aux personnes vivant avec le VIH/sida. Écrivez à votre député(e) ou au ministère de la Santé afin de leur rappeler leurs engagements.
L’objet de la journée mondiale du sida cette année est :
de responsabiliser davantage les dirigeants de gouvernement quant à leurs promesses
de fixer les objectifs nécessaire pour parvenir à l’accès universel aux soins, au traitement et à un soutien
de rendre disponibles toutes les ressources nécessaires pour surmonter la pandémie du sida.
Participez, c’est facile ! Téléchargez la fiche technique, imprimez et montez-en 10 exemplaires, et utilisez-les pour informer 10 filles sur le VIH/sida. Imaginez 10 millions de guides et éclaireuses de par le monde parlant chacune à 10 filles de 10 faits sur le VIH/sida. Voilà ce que serait l’impact gigantesque sur 100 millions de filles !
L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. C’est aussi une arme dont le monde ne peut se passer dans la lutte contre le sida. Nelson Mandela
Veillez à ce qu’ils tiennent leurs promesses
En 2001, les gouvernements se sont réunis à l’Assemblée générale des Nations unies et ont déclaré qu’ils allaient enrayer l’expansion du sida. Cinq ans plus tard, en juin 2006, l’Assemblée générale a revu cette déclaration. Comme presque tous les pays de la planète sont représentés à cette assemblée, ils soutiennent tous cette promesse. De plus, l’an dernier, les dirigeants du Groupe des Huit (G8) se sont engagés à garantir l’accès universel au traitement d’ici 2010. Le G8 comprend l’Allemagne, le Canada, les État-Unis, la France, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et la Russie. Renseignez-vous sur l’action de votre gouvernement concernant la recherche d’une cure, la prévention de l’expansion de la maladie et le soutien aux personnes vivant avec le VIH/sida. Écrivez à votre député(e) ou au ministère de la Santé afin de leur rappeler leurs engagements.
L’objet de la journée mondiale du sida cette année est :
de responsabiliser davantage les dirigeants de gouvernement quant à leurs promesses
de fixer les objectifs nécessaire pour parvenir à l’accès universel aux soins, au traitement et à un soutien
de rendre disponibles toutes les ressources nécessaires pour surmonter la pandémie du sida.
détails sida
Se protéger
S'informer... Se protéger... Se faire dépister...
Comment se transmet le VIH ?
Le VIH est un virus "humain", qui ne peut se transmettre que d'un humain à un autre. Présent dans le sang, les secrétions sexuelles (liquide pré séminal - la goutte qui s'écoule pendant l'excitation et avant l'éjaculation - et séminal - liquide qui compose le sperme - secrétions vaginales) et le lait maternel - la mère doit être porteuse du virus-, le VIH a besoin de portes d'entrées pour infecter une autre personne. Le virus se transmet par ces liquides. Cependant il faut qu'il y ait une quantité et une concentration de virus importantes, pour qu'il y ait contamination.
Les portes de sorties Le sang Les sécrétions vaginales, le liquide pré séminal, le sperme Le lait maternel
Les portes d'entrées La bouche Le gland Le vagin, les petites lèvres, le clitoris L'anus, le rectum
Bon à savoir
Il est recommandé de ne pas se brosser les dents avant et après tout rapport sexuel car vous risquez d'irriter vos gencives et créer, ainsi, une porte d'entrée aux virus. Utilisez plutôt une solution bucco-dentaire. De plus, La consommation d'alcool et/ou de drogue baisse votre vigilance pour vous protéger. Enfin, les IST accroissent le risque de contamination par le VIH.
Risques de contamination par le VIH
Relations sexuelles non protégées Il y a un risque très élevé de contamination par le VIH lors de pratiques sexuelles non protégées telles que la pénétration vaginale, la pénétration anale (sodomie), la fellation, le cunnilingus, l'anulingus, le partage d'objets (godemiché, vibromasseur…). Présent dans les sécrétions sexuelles, le virus pénètre dans l'organisme par le biais d'une muqueuse (paroi interne et fragile) telle que la bouche, le vagin, les petites lèvres, le clitoris, l'anus, le gland, le rectum... L'utilisation du préservatif est le moyen le plus sûr pour se protéger du VIH.
Voie sanguine et/ou cutanée Le risque de contamination est très élevé par le partage de seringues et/ou d'objets souillés par du sang contaminé (brosse à dents, rasoir, godemiché, vibromasseur), lors de rapports sexuels traumatiques (sodomie…) et pendant les règles… Piercing, tatouage, acupuncture, coloscopie, mésothérapie réalisés dans un cadre ne respectant pas les règles d'hygiène et de désinfection… peuvent être autant de situations à risque de contamination par le VIH. Dans le cadre de transfusions sanguines avant 1985 : le risque de contamination a quasiment disparu du fait du dépistage obligatoire pratiqué sur tous les dons de sang.
De la mère séropositive VIH à l'enfant Tous les bébés nés d'une maman séropositive au VIH sont à la naissance séropositifs. Ils possèdent des anticorps anti-VIH, transmis au foetus pendant la grossesse. Il y a environ 20% de risque de transmission du virus en l'absence de traitement de la mère, et de l'ordre de 2% si celle-ci est traitée pendant le troisième trimestre. Toutefois, la toxicité potentielle des traitements (les antirétroviraux) pris pendant la grossesse nécessite une surveillance sur le long terme. De plus, un risque élévé subsiste par le lait maternel lors de l'allaitement.
Pour en savoir plus Traitement d'urgence Traitements anti-VIH
Risque zéro de transmission du VIH
Il est important de savoir comment et par quoi le VIH ne se transmet pas : la salive, les larmes, les baisers même profonds, les caresses, la masturbation solitaire, l'urine, le partage de couverts et/ou de verres, les piqûres de moustique, les actions de la vie quotidienne (poignées de mains, l'utilisation d'équipements publics tels que les toilettes, douches, piscines, …), l'abstinence sexuelle…
Le BABA du dépistage
Faire un test de dépistage constitue un acte volontaire et responsable. Nul ne doit jamais être dépisté à son insu. Un test négatif ne signifie pas que l'on est à l'abri d'une contamination. A ce jour, il n'existe aucun vaccin contre le sida. Les traitements ne font que ralentir le processus Aucun séropositif n'est jamais redevenu séronégatif. Les traitements prolongent la vie de nombreuses personnes mais ne les guérissent pas.
Pourquoi et quand se faire dépister ?
Risque de contamination par VIH/Sida En cas de prise de risque sexuelle et/ou sanguine (rupture ou oubli de préservatif ; partage d'une seringue ; blessure avec un objet souillé de sang…), réagissez le plus rapidement possible : rendez-vous aux urgences de l'hôpital le plus proche dans les heures qui suivent (au mieux dans les 4 heures) sans dépasser les 48 heures, afin que vous soit proposé un traitement d'urgence.. Il est préférable de vous y rendre avec votre partenaire ; et si celui-ci est séropositif au VIH et en traitement, avec l'ordonnance de celui-ci.
Risque d'une grossesse non désirée En cas d'accident de préservatif (rupture ou oubli de préservatif) ou d'oubli de pilule contraceptive ; il existe "la pilule du lendemain". Elle est à utiliser dans les heures qui suivent le rapport à risque et sans dépasser les 72 heures. Ce contraceptif est disponible sans ordonnance en pharmacie, à l'infirmerie du lycée et dans les plannings familiaux. Il est gratuit pour les mineures.
Faire le point Vous avez un doute sur votre statut sérologique au VIH, aux hépatites (VHB, VHC), aux IST … Vous désirez avoir une relation stable avec votre partenaire et ne plus utiliser le préservatif : cela est possible si votre test et celui de votre partenaire sont négatifs. Vous souhaitez avoir un enfant.
Pour en savoir plus Sida Info Service au 0 800 840 800
En quoi celà consiste-il ?
Grâce à une simple prise de sang, on peut déterminer la présence ou non d'anticorps anti-VIH dans l'organisme. Ces anticorps, fabriqués par les lymphocytes B, apparaissent dans les 3 mois qui suivent la contamination, et le plus souvent à la fin du premier mois.
Les techniques d'analyse : Elisa et Western Blot Le sang sera testé deux fois selon la technique Elisa. Si un des deux tests (ou les deux) effectués est (sont) positif(s), le sang sera de nouveau testé grâce à une autre méthode appelée Western Blot. Elisa ? : test immunologique permettant la détection de la présence ou non d'anticorps anti-VIH, mettant en jeu une réaction colorée très spécifique. Etant très sensible, peu de cas positifs ne sont pas détectés par ce test. Si ces 2 tests sont négatifs, cela signifie que l'on n'a pas été contaminé si on n'a pas pris de risque dans les 3 derniers mois. Western Blot ? : technique de dépistage des anticorps anti-VIH, reposant sur le principe de la méthode ELISA. Il permet de caractériser les différents anticorps dirigés contre des protéines virales. Il va confirmer ou non la séropositivité au VIH. Si ce test est négatif, cela signifie que l'on n'a pas été contaminé au minimum 3 mois avant.
Et le test précoce ? Aujourd'hui, on peut dépister la présence du VIH par la recherche d'un antigène appelé P24. Cette recherche doit être réalisée entre le 15ème et le 20ème jour après un risque de contamination. Test précoce positif : des tests complémentaires "Western Blot" doivent être réalisés pour confirmer ou non le résultat Test précoce négatif : il n'a pas de valeur. Par conséquent, il faudra refaire un autre test 3 mois après le risque permettant d'éliminer tout doute quant à une éventuelle contamination.
Pour en savoir plus Sida Info Service au 0 800 840 800
A qui s'adresser pour faire un test de dépistage ?
Son médecin traitant Il vous prescrira sur ordonnance un test dépistage à faire dans un laboratoire d'analyses biologiques. D'un coût d'environ 20 € (euros), ce test est remboursé à 100% par la Sécurité Sociale.
Dans un Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG) Il y en a au moins un centre dans chaque département, chargé de ces consultations. Vous y trouverez un accueil spécifique, de l'information sur le VIH, les IST (documentation…), et une équipe chargée de faire le dépistage. Vous n'avez pas besoin d'ordonnance.
Pour en savoir plus Sida Info Service au 0 800 840 800
Comment se passe un test de dépistage ?
Selon les centres effectuant le test de dépistage, vous n'avez pas forcément besoin de prendre rendez-vous. Toutefois, renseignez-vous par téléphone afin de connaître les horaires d'ouverture. Il n'est pas nécessaire d'être à jeun. Au cours d'un entretien avec un médecin, vous pouvez parler librement de votre situation personnelle et éventuellement poser des questions. Par la suite, une prise de sang sera faîte. Les résultats vous seront remis en main propre, généralement une semaine après, par un médecin. Vous aurez de nouveau la possibilité de parler de votre situation et d'envisager d'être suivi selon le résultat.
Prise en charge en cas séropositivité au VIH
Si le test est positif, après vérification par une seconde prise de sang pour contrôler ce résultat , la personne est dîte séropositive au VIH. Une prise en charge médicale, psychologique et sociale sera proposée dans les meilleurs délais.
Pour en savoir plus Traitements anti-VIH VIH & Qualité de vie
Traitement d'urgence
S'informer... Se protéger... Se faire dépister...
Qu'est ce que c'est ?
Le Traitement Post Exposition (TPE) est une association de 3 médicaments différents (trithérapie), qui va tenter d'éliminer les quelques virus "VIH" entrés dans l'organisme suite à une prise de risque sexuelle et/ou sanguine.
Pour en savoir plus S'informer Se protéger Sida Info Service au 0 800 840 800
Que faire en cas de prise de risque ?
Ce traitement, d'une durée de 4 semaines, ne peut être prescrit que dans les urgences des hôpitaux, par le "médecin référent pour la prise en charge des expositions au VIH". Il est préférable de venir avec votre partenaire, et si celui-ci est séropositif au VIH, avec l'ordonnance de son traitement. Ce traitement doit démarrer dans les 4 heures qui suivent le risque, et au plus tard dans les 48 heures. Plus il démarre tôt, plus il a de chance de diminuer le risque de contamination, sans toutefois l'amener à zéro. A l'inverse, il est sans utilité au-delà de 48 heures.
Attention Pendant le traitement et dans l'attente des résultats définitifs du test de dépistage, il est indispensable d'avoir des rapports sexuels protégés avec préservatifs. De plus, en raison de la lourdeur du traitement et des effets secondaires qu'il peut entraîner (nausées, diarrhées…), il n'est prescrit que lors d'un risque fort (évalué par le médecin). Ce traitement ne doit pas être considéré comme une sorte de pilule du lendemain !
Où aller ?
En journée Dans l'une des consultations des services hospitaliers spécialisés ou dans les COREVIH
Pendant la nuit et le week-end Appelez le service des urgences de l'hôpital le plus proche et demandez à parler au « médecin référent pour la prise en charge des expositions au VIH », pour le prévenir de votre arrivée. Si vous ne parvenez pas à joindre un médecin, appelez un autre hôpital.
Et après ?
A la fin du traitement, un suivi vous sera proposé. Dans tous les cas, il faudra faire un test de dépistage 3 mois après la prise de risque, qui confirmera l'absence ou non d'infection par le VIH.
S'il n'y a pas eu de traitement, que faire ?
Des tests de dépistage réguliers peuvent vous être proposés à partir du 15ème jour après la prise de risque. Toutefois, n'oubliez pas que le test de dépistage le plus fiable reste celui qui est effectué 3 mois après la prise de risque.
Pour en savoir plus Se faire dépister Sida Info Service au 0 800 840 800
S'informer... Se protéger... Se faire dépister...
Comment se transmet le VIH ?
Le VIH est un virus "humain", qui ne peut se transmettre que d'un humain à un autre. Présent dans le sang, les secrétions sexuelles (liquide pré séminal - la goutte qui s'écoule pendant l'excitation et avant l'éjaculation - et séminal - liquide qui compose le sperme - secrétions vaginales) et le lait maternel - la mère doit être porteuse du virus-, le VIH a besoin de portes d'entrées pour infecter une autre personne. Le virus se transmet par ces liquides. Cependant il faut qu'il y ait une quantité et une concentration de virus importantes, pour qu'il y ait contamination.
Les portes de sorties Le sang Les sécrétions vaginales, le liquide pré séminal, le sperme Le lait maternel
Les portes d'entrées La bouche Le gland Le vagin, les petites lèvres, le clitoris L'anus, le rectum
Bon à savoir
Il est recommandé de ne pas se brosser les dents avant et après tout rapport sexuel car vous risquez d'irriter vos gencives et créer, ainsi, une porte d'entrée aux virus. Utilisez plutôt une solution bucco-dentaire. De plus, La consommation d'alcool et/ou de drogue baisse votre vigilance pour vous protéger. Enfin, les IST accroissent le risque de contamination par le VIH.
Risques de contamination par le VIH
Relations sexuelles non protégées Il y a un risque très élevé de contamination par le VIH lors de pratiques sexuelles non protégées telles que la pénétration vaginale, la pénétration anale (sodomie), la fellation, le cunnilingus, l'anulingus, le partage d'objets (godemiché, vibromasseur…). Présent dans les sécrétions sexuelles, le virus pénètre dans l'organisme par le biais d'une muqueuse (paroi interne et fragile) telle que la bouche, le vagin, les petites lèvres, le clitoris, l'anus, le gland, le rectum... L'utilisation du préservatif est le moyen le plus sûr pour se protéger du VIH.
Voie sanguine et/ou cutanée Le risque de contamination est très élevé par le partage de seringues et/ou d'objets souillés par du sang contaminé (brosse à dents, rasoir, godemiché, vibromasseur), lors de rapports sexuels traumatiques (sodomie…) et pendant les règles… Piercing, tatouage, acupuncture, coloscopie, mésothérapie réalisés dans un cadre ne respectant pas les règles d'hygiène et de désinfection… peuvent être autant de situations à risque de contamination par le VIH. Dans le cadre de transfusions sanguines avant 1985 : le risque de contamination a quasiment disparu du fait du dépistage obligatoire pratiqué sur tous les dons de sang.
De la mère séropositive VIH à l'enfant Tous les bébés nés d'une maman séropositive au VIH sont à la naissance séropositifs. Ils possèdent des anticorps anti-VIH, transmis au foetus pendant la grossesse. Il y a environ 20% de risque de transmission du virus en l'absence de traitement de la mère, et de l'ordre de 2% si celle-ci est traitée pendant le troisième trimestre. Toutefois, la toxicité potentielle des traitements (les antirétroviraux) pris pendant la grossesse nécessite une surveillance sur le long terme. De plus, un risque élévé subsiste par le lait maternel lors de l'allaitement.
Pour en savoir plus Traitement d'urgence Traitements anti-VIH
Risque zéro de transmission du VIH
Il est important de savoir comment et par quoi le VIH ne se transmet pas : la salive, les larmes, les baisers même profonds, les caresses, la masturbation solitaire, l'urine, le partage de couverts et/ou de verres, les piqûres de moustique, les actions de la vie quotidienne (poignées de mains, l'utilisation d'équipements publics tels que les toilettes, douches, piscines, …), l'abstinence sexuelle…
Le BABA du dépistage
Faire un test de dépistage constitue un acte volontaire et responsable. Nul ne doit jamais être dépisté à son insu. Un test négatif ne signifie pas que l'on est à l'abri d'une contamination. A ce jour, il n'existe aucun vaccin contre le sida. Les traitements ne font que ralentir le processus Aucun séropositif n'est jamais redevenu séronégatif. Les traitements prolongent la vie de nombreuses personnes mais ne les guérissent pas.
Pourquoi et quand se faire dépister ?
Risque de contamination par VIH/Sida En cas de prise de risque sexuelle et/ou sanguine (rupture ou oubli de préservatif ; partage d'une seringue ; blessure avec un objet souillé de sang…), réagissez le plus rapidement possible : rendez-vous aux urgences de l'hôpital le plus proche dans les heures qui suivent (au mieux dans les 4 heures) sans dépasser les 48 heures, afin que vous soit proposé un traitement d'urgence.. Il est préférable de vous y rendre avec votre partenaire ; et si celui-ci est séropositif au VIH et en traitement, avec l'ordonnance de celui-ci.
Risque d'une grossesse non désirée En cas d'accident de préservatif (rupture ou oubli de préservatif) ou d'oubli de pilule contraceptive ; il existe "la pilule du lendemain". Elle est à utiliser dans les heures qui suivent le rapport à risque et sans dépasser les 72 heures. Ce contraceptif est disponible sans ordonnance en pharmacie, à l'infirmerie du lycée et dans les plannings familiaux. Il est gratuit pour les mineures.
Faire le point Vous avez un doute sur votre statut sérologique au VIH, aux hépatites (VHB, VHC), aux IST … Vous désirez avoir une relation stable avec votre partenaire et ne plus utiliser le préservatif : cela est possible si votre test et celui de votre partenaire sont négatifs. Vous souhaitez avoir un enfant.
Pour en savoir plus Sida Info Service au 0 800 840 800
En quoi celà consiste-il ?
Grâce à une simple prise de sang, on peut déterminer la présence ou non d'anticorps anti-VIH dans l'organisme. Ces anticorps, fabriqués par les lymphocytes B, apparaissent dans les 3 mois qui suivent la contamination, et le plus souvent à la fin du premier mois.
Les techniques d'analyse : Elisa et Western Blot Le sang sera testé deux fois selon la technique Elisa. Si un des deux tests (ou les deux) effectués est (sont) positif(s), le sang sera de nouveau testé grâce à une autre méthode appelée Western Blot. Elisa ? : test immunologique permettant la détection de la présence ou non d'anticorps anti-VIH, mettant en jeu une réaction colorée très spécifique. Etant très sensible, peu de cas positifs ne sont pas détectés par ce test. Si ces 2 tests sont négatifs, cela signifie que l'on n'a pas été contaminé si on n'a pas pris de risque dans les 3 derniers mois. Western Blot ? : technique de dépistage des anticorps anti-VIH, reposant sur le principe de la méthode ELISA. Il permet de caractériser les différents anticorps dirigés contre des protéines virales. Il va confirmer ou non la séropositivité au VIH. Si ce test est négatif, cela signifie que l'on n'a pas été contaminé au minimum 3 mois avant.
Et le test précoce ? Aujourd'hui, on peut dépister la présence du VIH par la recherche d'un antigène appelé P24. Cette recherche doit être réalisée entre le 15ème et le 20ème jour après un risque de contamination. Test précoce positif : des tests complémentaires "Western Blot" doivent être réalisés pour confirmer ou non le résultat Test précoce négatif : il n'a pas de valeur. Par conséquent, il faudra refaire un autre test 3 mois après le risque permettant d'éliminer tout doute quant à une éventuelle contamination.
Pour en savoir plus Sida Info Service au 0 800 840 800
A qui s'adresser pour faire un test de dépistage ?
Son médecin traitant Il vous prescrira sur ordonnance un test dépistage à faire dans un laboratoire d'analyses biologiques. D'un coût d'environ 20 € (euros), ce test est remboursé à 100% par la Sécurité Sociale.
Dans un Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG) Il y en a au moins un centre dans chaque département, chargé de ces consultations. Vous y trouverez un accueil spécifique, de l'information sur le VIH, les IST (documentation…), et une équipe chargée de faire le dépistage. Vous n'avez pas besoin d'ordonnance.
Pour en savoir plus Sida Info Service au 0 800 840 800
Comment se passe un test de dépistage ?
Selon les centres effectuant le test de dépistage, vous n'avez pas forcément besoin de prendre rendez-vous. Toutefois, renseignez-vous par téléphone afin de connaître les horaires d'ouverture. Il n'est pas nécessaire d'être à jeun. Au cours d'un entretien avec un médecin, vous pouvez parler librement de votre situation personnelle et éventuellement poser des questions. Par la suite, une prise de sang sera faîte. Les résultats vous seront remis en main propre, généralement une semaine après, par un médecin. Vous aurez de nouveau la possibilité de parler de votre situation et d'envisager d'être suivi selon le résultat.
Prise en charge en cas séropositivité au VIH
Si le test est positif, après vérification par une seconde prise de sang pour contrôler ce résultat , la personne est dîte séropositive au VIH. Une prise en charge médicale, psychologique et sociale sera proposée dans les meilleurs délais.
Pour en savoir plus Traitements anti-VIH VIH & Qualité de vie
Traitement d'urgence
S'informer... Se protéger... Se faire dépister...
Qu'est ce que c'est ?
Le Traitement Post Exposition (TPE) est une association de 3 médicaments différents (trithérapie), qui va tenter d'éliminer les quelques virus "VIH" entrés dans l'organisme suite à une prise de risque sexuelle et/ou sanguine.
Pour en savoir plus S'informer Se protéger Sida Info Service au 0 800 840 800
Que faire en cas de prise de risque ?
Ce traitement, d'une durée de 4 semaines, ne peut être prescrit que dans les urgences des hôpitaux, par le "médecin référent pour la prise en charge des expositions au VIH". Il est préférable de venir avec votre partenaire, et si celui-ci est séropositif au VIH, avec l'ordonnance de son traitement. Ce traitement doit démarrer dans les 4 heures qui suivent le risque, et au plus tard dans les 48 heures. Plus il démarre tôt, plus il a de chance de diminuer le risque de contamination, sans toutefois l'amener à zéro. A l'inverse, il est sans utilité au-delà de 48 heures.
Attention Pendant le traitement et dans l'attente des résultats définitifs du test de dépistage, il est indispensable d'avoir des rapports sexuels protégés avec préservatifs. De plus, en raison de la lourdeur du traitement et des effets secondaires qu'il peut entraîner (nausées, diarrhées…), il n'est prescrit que lors d'un risque fort (évalué par le médecin). Ce traitement ne doit pas être considéré comme une sorte de pilule du lendemain !
Où aller ?
En journée Dans l'une des consultations des services hospitaliers spécialisés ou dans les COREVIH
Pendant la nuit et le week-end Appelez le service des urgences de l'hôpital le plus proche et demandez à parler au « médecin référent pour la prise en charge des expositions au VIH », pour le prévenir de votre arrivée. Si vous ne parvenez pas à joindre un médecin, appelez un autre hôpital.
Et après ?
A la fin du traitement, un suivi vous sera proposé. Dans tous les cas, il faudra faire un test de dépistage 3 mois après la prise de risque, qui confirmera l'absence ou non d'infection par le VIH.
S'il n'y a pas eu de traitement, que faire ?
Des tests de dépistage réguliers peuvent vous être proposés à partir du 15ème jour après la prise de risque. Toutefois, n'oubliez pas que le test de dépistage le plus fiable reste celui qui est effectué 3 mois après la prise de risque.
Pour en savoir plus Se faire dépister Sida Info Service au 0 800 840 800
Les slogans- Journée mondiale de lutte contre le Sida
Les slogans
Journée mondiale de lutte contre le Sida
Sous l'impulsion de l'Organisation Mondiale de la Santé, la 1ère journée mondiale de lutte contre le Sida a eu lieu le 1er décembre 1988. En 1997, "La campagne mondiale contre le Sida" gérée par l'Onusida voit le jour. En 2004, avec le soutien financier d'Onusida, "La campagne mondiale contre le Sida" devient indépendante. Onusida demeure un proche partenaire de la campagne, dont il assure le soutien technique et logistique.
Les principaux slogans
Années 1980 1988 : 1ère journée mondiale de lutte contre le Sida 1989 : Les Jeunes
Années 1990 1990 : Les Femmes 1991 : Unissons nos forces 1992 : Les communautés s'engagent 1993 : Agissons maintenant ! 1994 : Famille & Sida 1995 : Droits & Devoirs, partageons 1996 : Unis dans l'espoir 1997 : Les Enfants dans le monde marqués par le Sida 1998 : Force du changement, les Jeunes 1999 : Ecouter, apprendre, vivre : les Enfants et les Jeunes en campagne contre le Sida
Années 2000 2000 : Les Hommes font la différence 2001 : Ca me concerne... et toi 2002 : Vivre et laisser vivre : stigmatisation et discrimination 2003 : Vivre et laisser vivre : stigmatisation et discrimination 2004 : Femmes et Filles face au VIH et au Sida 2005 : Stop Sida : tenons notre promesse - Ne tournons pas le dos au Sida 2006 : Stop Sida : tenons notre promesse - La responsabilité 2007 : Stop Sida : tenons notre promesse - Le Leadership 2008 : Stop Sida : tenons notre promesse - Le Leadership 2009 : Stop Sida : tenons notre promesse - ? 2010 : Stop Sida : tenons notre promesse - ?
Journée mondiale de lutte contre le Sida
Sous l'impulsion de l'Organisation Mondiale de la Santé, la 1ère journée mondiale de lutte contre le Sida a eu lieu le 1er décembre 1988. En 1997, "La campagne mondiale contre le Sida" gérée par l'Onusida voit le jour. En 2004, avec le soutien financier d'Onusida, "La campagne mondiale contre le Sida" devient indépendante. Onusida demeure un proche partenaire de la campagne, dont il assure le soutien technique et logistique.
Les principaux slogans
Années 1980 1988 : 1ère journée mondiale de lutte contre le Sida 1989 : Les Jeunes
Années 1990 1990 : Les Femmes 1991 : Unissons nos forces 1992 : Les communautés s'engagent 1993 : Agissons maintenant ! 1994 : Famille & Sida 1995 : Droits & Devoirs, partageons 1996 : Unis dans l'espoir 1997 : Les Enfants dans le monde marqués par le Sida 1998 : Force du changement, les Jeunes 1999 : Ecouter, apprendre, vivre : les Enfants et les Jeunes en campagne contre le Sida
Années 2000 2000 : Les Hommes font la différence 2001 : Ca me concerne... et toi 2002 : Vivre et laisser vivre : stigmatisation et discrimination 2003 : Vivre et laisser vivre : stigmatisation et discrimination 2004 : Femmes et Filles face au VIH et au Sida 2005 : Stop Sida : tenons notre promesse - Ne tournons pas le dos au Sida 2006 : Stop Sida : tenons notre promesse - La responsabilité 2007 : Stop Sida : tenons notre promesse - Le Leadership 2008 : Stop Sida : tenons notre promesse - Le Leadership 2009 : Stop Sida : tenons notre promesse - ? 2010 : Stop Sida : tenons notre promesse - ?
pilul
Quelle efficacité pour le préservatif féminin ?
Le préservatif féminin offre a priori aux femmes une meilleure maîtrise des moyens de prévention, dans la mesure où la protection ne fait plus forcément intervenir le partenaire masculin. Mais soyez vigilantes, des chercheurs viennent de remettre son efficacité en question. Explications.Lire notre article
Le préservatif féminin à l'honneur - Mars 2002
L'augmentation des cas de sida touche en priorité les femmes. Pour des raisons physiologiques mais aussi socioculturelles, elles sont plus vulnérables à la contamination que les hommes. Face à cette situation, différentes associations ont mis le préservatif féminin à l'honneur. Mais beaucoup reste à faire pour améliorer l'accès à ce moyen de prévention.Lire notre article
Le préservatif féminin offre a priori aux femmes une meilleure maîtrise des moyens de prévention, dans la mesure où la protection ne fait plus forcément intervenir le partenaire masculin. Mais soyez vigilantes, des chercheurs viennent de remettre son efficacité en question. Explications.Lire notre article
Le préservatif féminin à l'honneur - Mars 2002
L'augmentation des cas de sida touche en priorité les femmes. Pour des raisons physiologiques mais aussi socioculturelles, elles sont plus vulnérables à la contamination que les hommes. Face à cette situation, différentes associations ont mis le préservatif féminin à l'honneur. Mais beaucoup reste à faire pour améliorer l'accès à ce moyen de prévention.Lire notre article
condom féminin

Le préservatif féminin est en fait une sorte de gaine munie d’un anneau souple à chaque extrémité. L’anneau intérieur, situé du côté fermé, sert à l’insertion et au maintien du préservatif. L’anneau extérieur, plus grand, recouvre les organes génitaux externes. Le préservatif mesure 170 millimètres de long sur 78 mm de diamètre. En polyuréthanne, il est plus fin mais néanmoins plus résistant que le latex utilisé pour le préservatif masculin. Il est lubrifié et à usage unique.
Est-il efficace ?
Le préservatif féminin n’est disponible en France que depuis peu. Outre un problème de définition des normes de sécurité, ce retard sur le marché français est du à l’attente par le Gouvernement des résultats d’études poussées sur sa fiabilité en tant que méthode de contraception et de protection contre les MST. Le préservatif féminin a d’ailleurs passé ces tests avec succès : 99,2 % d’efficacité contraceptive pour une utilisation systématique et correcte, barrière efficace contre les agents responsables des MST (virus de l’herpès, virus de l’hépatite B, virus du sida…).
Où le trouver ?
Afin de le rendre plus accessible, son fabricant le vend quasiment à prix coûtant, soit six francs environ. Chez certains distributeurs, vous pouvez donc le trouver à ce prix ; ailleurs le prix de vente unitaire est d’environ dix francs. Pour l’instant, il est disponible dans un grand nombre de plannings familiaux mais dans quelques dizaines de pharmacies seulement. Certains médecins peuvent également le proposer.
Mode d’emploi
Pour placer le préservatif féminin, il faut être dans une position confortable (assise, couchée ou debout avec un pied posé sur une chaise). En sortant le préservatif, évitez de le déchirer avec les ongles ou des bagues. Pressez ensuite l’anneau intérieur entre le pouce et l’index et insérez le dans le vagin le plus loin possible. Placez ensuite l’index à l’intérieur du préservatif, afin de pousser l’anneau intérieur jusqu’au fond. L’anneau externe doit rester en dehors du vagin. Le préservatif est en place. Lors du rapport, il faut juste vérifier que le pénis entre bien dans le préservatif. Pour le retirer, tournez l’anneau extérieur afin de le fermer (pour empêcher le sperme de couler). Il suffit alors de tirer doucement pour enlever le préservatif.condom féminin
pilule
Principes
La pilule est une méthode contraceptive hormonale qui empêche l’ovulation et donc ne permet pas la fécondation et donc une grossesse.Elle est très efficace à condition de ne pas l’oublier ; ceci est particulièrement vrai pour la dernière génération de pilules qui sont apparues sur le marché et qui sont très peu dosées en hormones. Les pilules sont délivrées sur ordonnance par un médecin après un examen médical et gynécologique (sauf chez les très jeunes filles).
Les contre-indications
Il existe quelques contre-indications à la prescription de la pilule, par exemple des antécédents de maladie thrombo-embolique ou de maladie cérébro-vasculaire.Il faut savoir que la pilule et le tabac font très mauvais ménage, le tabac est un facteur de risque de maladie cardio-vasculaire, le risque est d’autant plus augmenté avec la prise de la pilule.
Utilisation
Les pilules se présentent sous la forme de plaquettes de 21 comprimés. Le premier comprimé doit être pris le premier jour des règles, par exemple un lundi.Chaque jour à la même heure, un comprimé est avalé, ce, pendant 21 jours, le dernier jour sera donc un dimanche.A la fin d’une plaquette, les règles reviennent. La plaquette suivante doit être entamée 7 jours après, soit le lundi suivant.
Oubli de pilule
Si une pilule est oubliée, une ovulation peut se faire et le risque de grossesse existe. Si l’oubli est de moins de 12 heures, ce n’est pas trop embêtant : il faut aussitôt prendre la pilule oubliée et continuer les prises suivantes aux heures habituelles.Par contre si l’oubli est de plus de 12 heures : non seulement il faut prendre la pilule oubliée et continuer la plaquette aux heures habituelles, mais il faut aussi utiliser une autre méthode contraceptive (préservatifs, spermicides…) lors de chaque rapport sexuel, ce, jusqu’à la fin de la plaquette et l’arrivée des règles.Rappel : la pilule ne protège pas des Maladies Sexuellement Transmissibles (MST).
L’objectif d’une contraception
Le but de la contraception est d’éviter une grossesse non désirée.La contraception concerne les femmes et les hommes, même si c’est la femme qui évitera la grossesse.Les différentes méthodes de contraception ne sont pas toutes fiables et aucune n’est sûre à 100%. Mais certaines sont plus efficaces que d’autres.Les méthodes de contraception proposées seront différentes selon l’âge : adolescente, femme adulte, avec ou sans enfant, mère de famille, femme de plus de 40 ans, les habitudes sexuelles : couple stable, partenaires multiples, risque d’attraper une MST...Elles ont différents mécanismes d’action : soit elles bloquent l’ovulation, soit elles empêchent la fécondation, soit elles empêchent la nidation.
Docteur MC Bonduelle le 24/10/2007
Contraception et les maladies sexuellement transmissibles
Les préservatifs sont le seul moyen contraceptif qui permet d’éviter les MST. Les préservatifs chez les adolescents
Chez l’adolescente, il faut privilégier l’efficacité de la technique, ne pas risquer une infertilité et assurer une protection contre les MST.Les préservatifs sont un moyen de contraception bien adapté à l’adolescente, c’est aussi le seul moyen de se protéger contre les MST et le SIDA à condition d’être posé convenablement et de ne pas être défectueux.Il existe des préservatifs masculins qui sont des étuis en latex à dérouler sur le pénis en érection juste avant un rapport sexuel.Il existe aussi des préservatifs féminins qui se présentent sous la forme d’une gaine lubrifiée munie d’un anneau souple à chaque extrémité : ce préservatif féminin permet aux femmes de maîtriser leur protection contre les MST sans demander l’avis de leur partenaire. Il peut rester en place quelques heures avant et après le rapport
Comment doit-on prendre la pilule ? Est ce qu'il faut la prendre à la même heure, par exemple tous les jours à 11H ? La pilule contraceptive se prend en effet à heure fixe chaque jour. Choisissez l'heure qui vous convient le mieux pour ne pas risquer de l'oublier. Un écart d'une heure est tolérable et ne vous fait pas risquer une grossesse, ne vous inquiétez pas. Il faut cependant bien lire la notice de prescription car toutes les pilules n'ont pas forcément la même tolérance à une mauvaise observance. Les contraceptifs oraux fortement dosés permettent un oubli de 8 à 12 heures, les contraceptifs mini dosées permettent un oubli de une à trois heures pas plus. Si la pilule est prise correctement chaque jour, sans oubli, une grossesse est en principe impossible. En cas d'oubli et en cas d'absence de saignements à l'arrêt de la plaquette, il est prudent de pratiquer un test. Les tests de grossesse les plus fiables se pratiquent en laboratoire, par analyse d'urine habituellement, après un retard de règles de quelques jours.
La pilule est une méthode contraceptive hormonale qui empêche l’ovulation et donc ne permet pas la fécondation et donc une grossesse.Elle est très efficace à condition de ne pas l’oublier ; ceci est particulièrement vrai pour la dernière génération de pilules qui sont apparues sur le marché et qui sont très peu dosées en hormones. Les pilules sont délivrées sur ordonnance par un médecin après un examen médical et gynécologique (sauf chez les très jeunes filles).
Les contre-indications
Il existe quelques contre-indications à la prescription de la pilule, par exemple des antécédents de maladie thrombo-embolique ou de maladie cérébro-vasculaire.Il faut savoir que la pilule et le tabac font très mauvais ménage, le tabac est un facteur de risque de maladie cardio-vasculaire, le risque est d’autant plus augmenté avec la prise de la pilule.
Utilisation
Les pilules se présentent sous la forme de plaquettes de 21 comprimés. Le premier comprimé doit être pris le premier jour des règles, par exemple un lundi.Chaque jour à la même heure, un comprimé est avalé, ce, pendant 21 jours, le dernier jour sera donc un dimanche.A la fin d’une plaquette, les règles reviennent. La plaquette suivante doit être entamée 7 jours après, soit le lundi suivant.
Oubli de pilule
Si une pilule est oubliée, une ovulation peut se faire et le risque de grossesse existe. Si l’oubli est de moins de 12 heures, ce n’est pas trop embêtant : il faut aussitôt prendre la pilule oubliée et continuer les prises suivantes aux heures habituelles.Par contre si l’oubli est de plus de 12 heures : non seulement il faut prendre la pilule oubliée et continuer la plaquette aux heures habituelles, mais il faut aussi utiliser une autre méthode contraceptive (préservatifs, spermicides…) lors de chaque rapport sexuel, ce, jusqu’à la fin de la plaquette et l’arrivée des règles.Rappel : la pilule ne protège pas des Maladies Sexuellement Transmissibles (MST).
L’objectif d’une contraception
Le but de la contraception est d’éviter une grossesse non désirée.La contraception concerne les femmes et les hommes, même si c’est la femme qui évitera la grossesse.Les différentes méthodes de contraception ne sont pas toutes fiables et aucune n’est sûre à 100%. Mais certaines sont plus efficaces que d’autres.Les méthodes de contraception proposées seront différentes selon l’âge : adolescente, femme adulte, avec ou sans enfant, mère de famille, femme de plus de 40 ans, les habitudes sexuelles : couple stable, partenaires multiples, risque d’attraper une MST...Elles ont différents mécanismes d’action : soit elles bloquent l’ovulation, soit elles empêchent la fécondation, soit elles empêchent la nidation.
Docteur MC Bonduelle le 24/10/2007
Contraception et les maladies sexuellement transmissibles
Les préservatifs sont le seul moyen contraceptif qui permet d’éviter les MST. Les préservatifs chez les adolescents
Chez l’adolescente, il faut privilégier l’efficacité de la technique, ne pas risquer une infertilité et assurer une protection contre les MST.Les préservatifs sont un moyen de contraception bien adapté à l’adolescente, c’est aussi le seul moyen de se protéger contre les MST et le SIDA à condition d’être posé convenablement et de ne pas être défectueux.Il existe des préservatifs masculins qui sont des étuis en latex à dérouler sur le pénis en érection juste avant un rapport sexuel.Il existe aussi des préservatifs féminins qui se présentent sous la forme d’une gaine lubrifiée munie d’un anneau souple à chaque extrémité : ce préservatif féminin permet aux femmes de maîtriser leur protection contre les MST sans demander l’avis de leur partenaire. Il peut rester en place quelques heures avant et après le rapport
Comment doit-on prendre la pilule ? Est ce qu'il faut la prendre à la même heure, par exemple tous les jours à 11H ? La pilule contraceptive se prend en effet à heure fixe chaque jour. Choisissez l'heure qui vous convient le mieux pour ne pas risquer de l'oublier. Un écart d'une heure est tolérable et ne vous fait pas risquer une grossesse, ne vous inquiétez pas. Il faut cependant bien lire la notice de prescription car toutes les pilules n'ont pas forcément la même tolérance à une mauvaise observance. Les contraceptifs oraux fortement dosés permettent un oubli de 8 à 12 heures, les contraceptifs mini dosées permettent un oubli de une à trois heures pas plus. Si la pilule est prise correctement chaque jour, sans oubli, une grossesse est en principe impossible. En cas d'oubli et en cas d'absence de saignements à l'arrêt de la plaquette, il est prudent de pratiquer un test. Les tests de grossesse les plus fiables se pratiquent en laboratoire, par analyse d'urine habituellement, après un retard de règles de quelques jours.
mercredi 21 novembre 2007
pilule
Newsletter n° 128 (19/11/2007)
La pilule contraceptive d’aujourd’hui en 10 points
La pilule contraceptive fête ses 40 ans ! Son arrivée a sans contexte révolutionné la vie sexuelle et l’épanouissement des femmes.Depuis sa découverte, elle a évolué : les dosages ont diminué , on l’a utilisée dans le traitement de l’acné , d’autres moyens contraceptifs sont apparus… Aujourd’hui , on entend parler de Pilules coupe-faim et arrêt des menstruations: les méthodes contraceptives hormonales semblent se retrouver en pleine révolution. Faisons le point.
1. La pilule est composée de doses d'hormones 10 fois plus faibles qu'autrefois.
«Les doses d'oestrogène et de progestérone des pilules sont maintenant similaires aux hormones secrétées naturellement par l'organisme féminin, explique le docteur Francine Léger, médecin de famille spécialisée en santé des femmes. Cependant, elles ne peuvent pas empêcher l'ovulation si la femme a oublié de prendre sa pilule au cours des 12 dernières heures.»
2. La pilule peut influencer la santé des femmes.
Des recherches scientifiques démontrent que la pilule diminue les risques de cancers d'ovaires, de l'utérus et du colon. Même chose pour les crampes menstruelles, l'anémie, l'endométriose et les infections pelviennes. Toutefois, elle augmente les risques de maladies cardiovasculaires, d'hypertension, de migraines et de maladies du foie. Quant au cancer du sein, les études se contredisent.
3. La pilule ne fait ni grossir, ni maigrir.
De récentes études confirment ce fait. Quant à la pilule Yasmin, les doses hormonales ne sont pas assez élevées pour avoir un réel effet amincissant. Elle atténue seulement l'enflure lors des menstruations.
4. La pilule est généralement bénéfique pour l'acné.
Il est important de noter que le médicament Diane-35 n'est pas considéré comme un contraceptif oral, même s'il possède des propriétés dans ce sens. Il se présente seulement comme un traitement de dernier recours pour traiter l'acné grave.
5. La pilule ne cause pas l'infertilité.
Certaines femmes arrêtent la pilule pour vérifier leur fertilité et elles deviennent enceintes. «Le retour de la fertilité se révèle le même chez les femmes qui prennent la pilule que chez les femmes en général», confirme le docteur Léger. En matière d'infertilité, il faut plutôt pointer du doigt d'autres facteurs, comme le tabagisme.
6. Les femmes peuvent prendre la pilule jusqu'à la ménopause.
Pour ne pas augmenter les risques de maladies cardiovasculaires, il est toutefois conseillé aux fumeuses de 35 ans et plus d'utiliser une méthode contraceptive non hormonale.
7. L'arrêt des menstruations: pour ou contre?
De nouvelles pilules arriveront bientôt sur le marché pour limiter les périodes de menstruations à quatre fois par année. Les études actuelles sur le sujet ne démontrent pas de danger pour la santé des femmes. Au même titre que tous les autres moyens contraceptifs hormonaux introduits récemment sur le marché (patchs contraceptifs et autres), les autorités recommandent toutefois de surveiller avec vigilance leurs effets à long terme.
8. La mini-pilule n'est pas dangereuse pour le nourrisson allaité.
Les doses de progestérone contenues dans la mini-pilule sont tellement faibles qu'elles ne peuvent pas affecter le nourrisson allaité. La mini-pilule, qui est efficace à 99 % (si prise à tous les jours, à heure fixe, sans dépasser trois heures), ne contient pas d'oestrogène. Celle-ci pourrait nuire au bébé et à la production lactée.
9. La pilule pour hommes est encore au stade des essais cliniques.
La pilule pour hommes existe, mais elle doit être améliorée avant d'être mise sur le marché. Elle entraîne encore trop d'effets secondaires comme l'augmentation du volume des seins. À suivre... dans cinq ans.
10. Le condom «invisible»: une alternative novatrice à la pilule.
Associé à un spermicide, ce gel vaginal promet d'être une méthode contraceptive féminine très efficace. En prime, il agirait contre les MTS et le cancer du col de l'utérus. À suivre dans trois ou cinq ans.
La pilule contraceptive d’aujourd’hui en 10 points
La pilule contraceptive fête ses 40 ans ! Son arrivée a sans contexte révolutionné la vie sexuelle et l’épanouissement des femmes.Depuis sa découverte, elle a évolué : les dosages ont diminué , on l’a utilisée dans le traitement de l’acné , d’autres moyens contraceptifs sont apparus… Aujourd’hui , on entend parler de Pilules coupe-faim et arrêt des menstruations: les méthodes contraceptives hormonales semblent se retrouver en pleine révolution. Faisons le point.
1. La pilule est composée de doses d'hormones 10 fois plus faibles qu'autrefois.
«Les doses d'oestrogène et de progestérone des pilules sont maintenant similaires aux hormones secrétées naturellement par l'organisme féminin, explique le docteur Francine Léger, médecin de famille spécialisée en santé des femmes. Cependant, elles ne peuvent pas empêcher l'ovulation si la femme a oublié de prendre sa pilule au cours des 12 dernières heures.»
2. La pilule peut influencer la santé des femmes.
Des recherches scientifiques démontrent que la pilule diminue les risques de cancers d'ovaires, de l'utérus et du colon. Même chose pour les crampes menstruelles, l'anémie, l'endométriose et les infections pelviennes. Toutefois, elle augmente les risques de maladies cardiovasculaires, d'hypertension, de migraines et de maladies du foie. Quant au cancer du sein, les études se contredisent.
3. La pilule ne fait ni grossir, ni maigrir.
De récentes études confirment ce fait. Quant à la pilule Yasmin, les doses hormonales ne sont pas assez élevées pour avoir un réel effet amincissant. Elle atténue seulement l'enflure lors des menstruations.
4. La pilule est généralement bénéfique pour l'acné.
Il est important de noter que le médicament Diane-35 n'est pas considéré comme un contraceptif oral, même s'il possède des propriétés dans ce sens. Il se présente seulement comme un traitement de dernier recours pour traiter l'acné grave.
5. La pilule ne cause pas l'infertilité.
Certaines femmes arrêtent la pilule pour vérifier leur fertilité et elles deviennent enceintes. «Le retour de la fertilité se révèle le même chez les femmes qui prennent la pilule que chez les femmes en général», confirme le docteur Léger. En matière d'infertilité, il faut plutôt pointer du doigt d'autres facteurs, comme le tabagisme.
6. Les femmes peuvent prendre la pilule jusqu'à la ménopause.
Pour ne pas augmenter les risques de maladies cardiovasculaires, il est toutefois conseillé aux fumeuses de 35 ans et plus d'utiliser une méthode contraceptive non hormonale.
7. L'arrêt des menstruations: pour ou contre?
De nouvelles pilules arriveront bientôt sur le marché pour limiter les périodes de menstruations à quatre fois par année. Les études actuelles sur le sujet ne démontrent pas de danger pour la santé des femmes. Au même titre que tous les autres moyens contraceptifs hormonaux introduits récemment sur le marché (patchs contraceptifs et autres), les autorités recommandent toutefois de surveiller avec vigilance leurs effets à long terme.
8. La mini-pilule n'est pas dangereuse pour le nourrisson allaité.
Les doses de progestérone contenues dans la mini-pilule sont tellement faibles qu'elles ne peuvent pas affecter le nourrisson allaité. La mini-pilule, qui est efficace à 99 % (si prise à tous les jours, à heure fixe, sans dépasser trois heures), ne contient pas d'oestrogène. Celle-ci pourrait nuire au bébé et à la production lactée.
9. La pilule pour hommes est encore au stade des essais cliniques.
La pilule pour hommes existe, mais elle doit être améliorée avant d'être mise sur le marché. Elle entraîne encore trop d'effets secondaires comme l'augmentation du volume des seins. À suivre... dans cinq ans.
10. Le condom «invisible»: une alternative novatrice à la pilule.
Associé à un spermicide, ce gel vaginal promet d'être une méthode contraceptive féminine très efficace. En prime, il agirait contre les MTS et le cancer du col de l'utérus. À suivre dans trois ou cinq ans.
mardi 20 novembre 2007
OBJECTIFS :· Œuvrer au développement économique et social des populations maliennes, en luttant contre les pauvretés et toutes les exclusions, surtout au profit des couches sociales en circonstances difficiles (les mères - les enfants, la jeunesse).· Promouvoir l’intégration africaine, la paix, la démocratie.· Faciliter l’accès des populations à l’éducation et à la santé.
Dans le Domaine de l’Education : l’inscription à l’école de plus de 10.000 enfants issus de familles défavorisées, l’organisation de cours de rattrapage pour plus de 60.000 enfants et la lutte pour la protection et l’insertion de plus 3.000 enfants de 05 à 15 ans dans les Centres d’Ecoute de Ségou et Mopti.
Dans le Domaine de la Santé : la construction et l’équipement de 29 Centres de Santé Communautaires, l’extension en cours du Centre Hospitalier Mère-Enfant et la gratuité des soins, pour près de 70 millions de FCFA, en faveur des moins nantis, la prise en charge de l’évacuation sanitaire de 158 enfants malades du cœur, l’appui aux handicapés par la mise à disposition de 200 millions de FCFA et l’engagement dans la lutte contre le VIH/SIDA, par l’organisation de campagnes d’IEC ayant touché 60.000 femmes et 300 enfants et par la formation de plus de 1250 Pairs Educateurs,
Au nombre des ces réalisations, les femmes ont bénéficié de 443 moulins et plateformes multifonctionnelles, de 500 machines à coudre et d’une vingtaine de points d’eau, en vue d’alléger les tâches ménagères et générer des ressources.
mercredi 25 juillet 2007
1920-1923 : guerre républicaine menée par Mustafa Kemal ; 29 octobre 1923 : Mustafa Kemal fonde la République turque et en devient le premier président. ; 1923 : création du parti unique Cumhuriyet Halk Partisi (Parti républicain du peuple). Début des réformes kémalistes. ; 1930 : Création d'un parti d'opposition dissou trois mois plus tard.
1934 : Les femmes obtiennent le droit de vote et deviennent éligibles. 1938 : mort de Kemal Atatürk ; le nouveau président, désigné par le parlement, est İsmet İnönü
1945 : Fin du système de parti unique ; 1946 : Création du Demokrat Parti
27 mai 1960 : Coup d'état militaire ; Adnan Menderes et deux autres figures importantes de Demokrat Parti sont jugés par un tribunal spécial et pendus pour cause de haute trahison en 1961. ; 12 mars 1971 : Coup d'état militaire ; démission de Süleyman Demirel ; répression violente de la gauche et des Kurdes ; limitations à la liberté de la presse et aux droits syndicaux. ; 12 septembre 1980 : Coup d’état militaire ; 30 000 arrestations ; dissolution du parlement et interdiction des partis politiques. Kenan Evren président.
Novembre 1982 : Nouvelle constitution ; les anciens partis restent interdits.
Décembre 1983 : L'Anavatan Partisi nouvellement créé gagne les législatives ; Turgut Özal premier ministre ; virage libéral (privatisations) et islamique (enseignement religieux obligatoire).
1996 : Gouvernement islamiste de Necmettin Erbakan, renversé par l’armée en 1997 ; Mesut Yılmaz premier Ministre ; Novembre 2002 : Arrivée au pouvoir du parti AKP ; Recep Tayyip Erdoğan premier Ministre en mars 2003.
Religion
La religion principale de la Turquie est l’islam, majoritairement sunnite hanafite (branche de l'islam) avec d'importantes communautés chiites. Aujourd’hui, les alévis représenteraient environ 25 % de la population turque.
Il y a également des minorités orthodoxes et juives, surtout à İstanbul et İzmir. Et catholiques au sud du pays surtout a Mersin.
Un autre groupe religieux est celui des Sabbatéens.
Une enquête publiée en décembre 2004 dans le Wall Street Journal version européenne annonce que 95 % des Turcs sont musulmans et 72 % observent les prescriptions de l’islam.
[modifier] La Laïcité en Turquie
Alors que la constitution du 20 janvier 1921[2] ne mentionnait pas la religion, la loi constitutionnelle du 29 octobre 1923 modifie l’article 2 en indiquant que « la religion de l’État turc est l’islam » (Türkiye Devletinin dini, Dîn-i İslâmdır). Cette mention est conservée dans la constitution du 20 avril 1924[3] (dont l’article 75 proclame pourtant la liberté de conscience et de culte - à condition qu’elles ne s’opposent pas aux lois), supprimée le 11 avril 1928 et remplacée le 10 décembre 1937 par « l’État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur » (Türkiye Devleti, Cumhûriyetçi, Milliyetçi, Hâlkçı, Devletçi, Laik ve İnkılâpçı’dır), les « six principes d’Atatürk ».
Tout cela s’est traduit sous Atatürk par :
l’accord du droit des votes aux femmes en 1934 ;
la fermeture de certains lieux de pèlerinage ;
l’interdiction des confréries religieuses (nakşibendis, nurcus,…) ;
l’interdiction du port du voile pour les femmes dans les administrations et écoles publiques.
...
Certaines de ces mesures ont été abolies lors de l’accession au pouvoir du Demokrat Parti (Parti démocrate) d’Adnan Menderes en 1950, mais la religion est restée sous contrôle de l’État.
Bien que des réformes allant dans le sens de la laïcité aient été accomplies sous Atatürk (abolition du califat, etc.), la Turquie n’est pourtant pas un état strictement laïc dans le sens où il n’y a pas de séparation entre la religion et l’État mais plutôt une mise sous tutelle de la religion par l’État ; chacun reste cependant libre de ses croyances. C’est ainsi que la religion est mentionnée sur les papiers d’identité et qu’il existe une administration dite « Présidence des affaires religieuses »[4] (diyanet) qui instrumentalise parfois l’islam pour légitimer l’État et qui gère les 77.500 mosquées du pays. Seul le culte musulman est financé, les autres cultes devant au contraire assurer un fonctionnement financièrement autonome, quand ils ne rencontrent pas d'obstacle administratif à ce même fonctionnement. À certaines périodes de la République turque (sous Turgut Özal) l’enseignement religieux dans le secondaire est même devenu obligatoire. Malgré la mise en place de la politique laïque en Turquie, la proportion de la population chrétienne est passée de 10% en 1920 à 0.3% au début du XXIe siècle, et a déjà subit des agressions en raison de la religion[5].
Politique intérieure
Article détaillé : Politique de la Turquie.
La Turquie est une république parlementaire.
Le président est le chef de l’État et le premier ministre est le chef du gouvernement. Le président est nommé par l’assemblée nationale pour un mandat de 7 ans. Le président choisit le premier ministre.
Le pouvoir législatif est exercé par la Grande assemblée nationale de Turquie composée de 550 sièges renouvelés tous les 5 ans.
La constitution en vigueur date de 1982.
La Turquie kémaliste
Kemal Atatürk
Après s'être débarrassé de toute opposition, Mustafa Kemal modifie le mode de fonctionnement de l'Assemblée Nationale. Dorénavant, les députés seront choisis exclusivement parmi les membres du Parti républicain du peuple, qui devient de fait parti unique. Les membres du parti sont désignés par le président du parti qui est Mustafa Kemal, et le Président de la République est élu par les députés de l'Assemblée. Le système électoral est dès lors fermé et plus aucune opposition ne se manifeste alors au sein du parlement.
Le parlement renouvelle le mandat présidentiel de Mustafa Kémal en 1927, 1931 et 1935 qui refuse de devenir président à vie. En 1930, il déclare :
« Je ne mourrai pas en laissant l'exemple pernicieux d'un pouvoir personnel. J'aurai fondé auparavant une République libre, aussi éloignée du bolchevisme que du fascisme[12]. »
Le verrouillage politique du pays lui permet de mener la révolution qu'il souhaite mettre en œuvre : la Révolution à toute vapeur. Il entreprend la construction de la nouvelle Turquie mais il se heurte à un problème de financement : les caisses de l'État sont vides. Il se voit conseillé de recourir au crédit étranger. Or d'après lui, « le meilleur moyen de perdre son indépendance, c'est de dépenser l'argent qu'on ne possède pas. » Il a en mémoire les effets qu'a eu la dette ottomane sur l'Empire Ottoman et sur l'économie du pays, et il pense qu'en ayant recours aux capitaux étrangers, la Turquie perdrait une partie de son indépendance.
Pour financer ses projets, il décide de créer plusieurs banques, comme la Sumer Bank et la Eti Bank patronnées par la Merkez Bankasi (la banque centrale-1930). Ces banques drainent les capitaux pour mettre en œuvre des plans de développement économique.
Grâce à ces sources de financement, des milliers de kilomètres de routes sont construits ainsi que plusieurs centaines de ponts, un réseau de chemins de fer est créé, ce qui permet de désenclaver l'Anatolie pour accéder à un développement économique homogène. L'agriculture est revalorisée, les paysans disposent de plus de moyens et d'outils agricoles, leurs fermes deviennent plus spacieuses et plus propres. Et pour la première fois de leur histoire, ils peuvent épargner pour préparer l'avenir de leurs enfants.
Le gouvernement kémaliste entreprend avec l'aide de l'URSS d'importants plans d'industrialisation. Des dizaines de centrales électriques sont ainsi construites pour l'industrie naissante. Des dizaines de fabriques de sucres et de ciments sont créées. Suivies par des verreries et des fabriques de céramiques, des fonderies, des aciéries et des usines de produits chimiques.
[modifier] Une opposition docile
Au début des années 1930, l'abstention augmente en Turquie. En effet, le peuple ne pouvant s'exprimer librement préfére s'abstenir. Mustafa Kemal sentant que lui, le parti et le parlement se coupent peu à peu du peuple décide de créer un parti d'opposition de toutes pièces. Ce parti doit à la fois être indépendant et docile, il doit être critique sans porter atteinte au prestige du président.
Le Parti républicain libéral est ainsi mis en place pour les élections législatives d'août 1930. C'est son ami Fethi Okyar qui devient président du parti. Il est rejoint par une douzaine d'anciens députés avec parmi eux Adnan Menderes et Makboulé Atadan, sœur de Mustafa Kemal. Ce dernier prend soin d'expliquer à Fethi ce qu'il attend de lui, en particulier sur les attaques contre son gouvernement et lui confie « Je ne veux pas mourir avant d'avoir vu, en Turquie, la disparition d'un pouvoir personnel. Je veux que la République devienne entièrement démocratique »[13].
Fort du soutien de Mustafa Kemal, Fethi se présente à la circonscription d'Izmir et y tient un meeting où il attaque le gouvernement. Mais des coups de pistolets ont été tirés, la panique fait un mort, la police intervient, disperse l'auditoire et arrête tous les dirigeants du nouveau parti. Mustafa Kemal doit intervenir en personne pour faire libérer Fethi et les opposants et il donne l'ordre à la police de désormais protéger les meetings.
Quelques jours plus tard, Fethi monte à la tribune de l'Assemblée nationale et critique la politique économique d'Ismet Inonu. Mais une bagarre éclate rapidement au sein de l'Assemblée entre députés des deux partis, Mustafa Kemal est contraint de faire évacuer la salle. Dans son œuvre de "démocratisation" de la Turquie, il décide de supprimer la censure dont a été victime la presse.
[modifier] Une véritable opposition
La liberté d'expression va permettre aux journalistes de critiquer fortement Kemal et sa politique à travers des articles ou des caricatures. Des monarchistes, des anciens d'Union et Progrès et des communistes se regroupent autour de Fethi pour critiquer le gouvernement. Dans le même temps, une grève menée par des communistes touche Izmir et des émeutes éclatent dans le Kurdistan. Mustafa Kemal décide de dissoudre le parti le 17 novembre 1930 suite aux évènements d'Izmir[11].
La révolte de Menemen éclate non loin d'Izmir en décembre 1930. Elle est menée par un imam qui affirme être un prophète envoyé par Dieu, et qui lance des critiques acerbes contre le gouvernement. Il appelle les Turcs à se révolter contre le gouvernement kémaliste. Lors d'un de ses meetings, la police intervient pour disperser la foule, mais les militants se jettent à l'attaque des policiers. Devant cette résistance inattendue, le gouvernement décide alors d'envoyer un corps d'armée, mais celui-ci refuse de combattre. La sédition gagne rapidement d'autres villes turques, comme Konya, et Bursa.
Devant la rébellion, Mustafa Kemal décide de revenir à l'ancien système, il proclame l'État de siège, supprime la liberté de la presse et fait intervenir l'armée dans les régions qui se sont révoltées. Les troupes du Cheikh Mehmed se font rapidement juger et emprisonner. L'ordre revient rapidement, mais Kémal est déçu par la tournure qu'ont pris les événements. Il souhaitait créer une « opposition constructive », qui démocratiserait la Turquie, mais c'est finalement le contraire qui s'est produit.
[modifier] Fin provisoire du multipartisme
Au printemps 1932, Mustafa Kemal déclare :
« Que le peuple ne s'occupe pas de politique pour le moment. Qu'il se consacre à l'agriculture, au commerce et à l'industrie. Il faut que je gouverne ce pays pendant dix ou quinze ans encore. Après cela, nous verrons s'il est capable de se diriger lui-même... »
Pour les élections de 1932, il décide de revenir au système électoral précédent, seul le Parti Républicain du Peuple a le droit de présenter des candidats. Mais il tente de rajeunir le parti, et d'y faire adhérer des hommes et des femmes d'origines modestes, des paysans en particulier. Pour avoir une petite opposition au sein du parlement, il désigne douze députés indépendants qui ont pour mission de critiquer l'action gouvernementale.
Kemal se rend compte que les réformes mises en œuvre par son gouvernement ne sont pas populaires. Le régime décide donc de se projeter dans un autre cadre, passant du cadre réformiste à un cadre révolutionnaire. Pour ce faire, plusieurs délégations sont envoyées en Italie fasciste et en URSS, afin d'étudier les ressorts de ces deux révolutions.
Sous cette double influence, le régime kémaliste s'oriente vers une politique de mobilisation des masses à parti unique, en créant des Maison du peuple qui ont pour mission de répandre la “bonne parole” du parti. La jeunesse turque est transformée en fer de lance de la révolution kémaliste à travers des associations de jeunesse officielles. Cependant le régime Kémaliste ne se transformera jamais vraiment en régime fasciste, et encore moins en régime communiste[14]. Le modèle reste celui d'une modernisation autoritaire du pays, sans référence idéologique unique.
Sur le plan international, la Turquie se rapproche de l'Iran du Chah Reza Pahlavi et de l'Afghanistan qui voyaient avec admiration les réformes menées par Atatürk. Reza Pahlavi va tenter de mener une révolution comparable à la révolution kémaliste dans son pays.
Par ailleurs, Atatürk s'appuie contre l'Union Soviétique sur la politique semi-libérale menée par Celal Bayar et son conseiller Hirsch. Contre le nazisme, il se réconcilie avec la Grèce de Venizélos - qui proposera Atatürk à l'élection du prix Nobel de la paix à la fin des années 1930 - et de la France. Il se rapproche également de la Yougoslavie et de la Roumanie pour verrouiller les Balkans à l'influence de l'Allemagne nazie. Pour "irriter" encore un peu plus les nazis, il nomme un juif dönmeh à la tête du ministère des Affaires étrangères.
Quand un grand journaliste autrichien, Emil Ludwig lui rapporte en 1935 que Mussolini a beaucoup de sympathie pour lui, Atatürk se met en colère et traite le chef d'État italien de « hyène » à cause de la guerre d'Éthiopie.[15]
« Vous osez me comparer à cette hyène ! Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous dites ! Jamais je n'accepterai que l'on me compare à cet homme qui écrase l'Éthiopie sous les bombes.[16] »
Mustafa Kemal prononce à l'époque plusieurs discours qui resteront célèbres : celui relatant la Guerre d’indépendance et la fondation de la République (nutuk) les 15 et 20 novembre 1927 ainsi que son discours de la 10e année le 29 octobre 1933.
Face aux émeutes dans certaines villes de la Thrace comme Edirne, Tekirdag, Kırklareli et Çanakkale visant la communauté juive, Mustafa Kemal intervient énérgiquement et ordonne que l'ordre soit rétabli rapidement. Voyant dans ces émeutes anti-juifs l'influence directe des agents secrets allemands, il fait savoir que l'antisémitisme ne sera jamais toléré en Turquie. D'ailleurs c'est lui qui a ouvert la porte en 1933 à 150 universitaires allemands d'origine juive, qui avaient perdu leurs postes en Allemagne, en leur proposant de s'installer et de travailler en Turquie. Ces universitaires ont largement contribué à la réforme universitaire de 1933 qui a permis la création de l'Université d'Istanbul.
Conformément à la loi sur les noms de famille, le parlement donne le 24 novembre 1934 à Mustafa Kemal le patronyme de Kâmal (ce qui veut dire, forteresse) Atatürk, qui signifie non pas « père des Turcs » mais plutôt « Turc ancêtre », « Turc père » ; il abandonne alors le prénom Mustafa pour se nommer Kemal Atatürk. Le peuple turc suivra le mouvement en prenant lui aussi des noms de familles. Dans la foulée, le gouvernement renomme les principales villes turques, Angora devient Ankara, Smyrne devient Izmir, etc.
La laïcité en France présente trois caractéristiques principales. Elle repose premièrement sur une institutionnalisation de la séparation entre Eglise et Etat, fondement de l'exercice d'une effective liberté de conscience. Elle est ensuite le produit du combat des idéologues de la laïcisation. Enfin, la laïcité a pour pendant une déchristianisation croissante de la société française au profit d'une mosaïque religieuse et culturelle aux frontières mouvantes. FNSP.
Laïcité, modernisme et islamisme en Turquie
Le renouveau des mouvements islamistes auquel on assiste dans la plupart des pays musulmans depuis la fin des années 1970, renvoie à la question de savoir si l'islam est compatible avec la démocratie. Cette interrogation est très liée aux rapports de pouvoir qu'entretiennent, dans ces pays, élites occidentalisées et sociétés musulmanes. La nature autoritaire de la modernisation entamée dans de nombreux Etats musulmans depuis le XIXe siècle est sans doute à l'origine des déboires ultérieurement rencontrés par la démocratie en ces pays. CPC.
La laïcité à l'épreuve de l'exode rural
L'urbanisation qui a entraîné au cours des quarante dernières années une explosion urbaine, allant du quintuplement au décuplement des agglomérations de Turquie, d'Iran et d'Egypte, s'est accompagnée d'un processus de ré-islamisation particulièrement sensible dans ces sociétés urbaines. Pourrait-on alors transposer l'hypothèse avancée par Gilles Kepel pour décrire le cas de la France et postuler que l'affirmation de l'appartenance à l'islam constitue, de façon générale, un des modes privilégiés de sédentarisation en société urbaine ? L'étude de la Turquie offre plusieurs éclairages allant dans ce sens. CPC.
La demande d'islam en banlieue : un défi à la citoyenneté ?
Le référent islamique a servi, dans les banlieues françaises, de support à diverses formes de mobilisation collective. Les différents registres d'action collective et leurs interactions avec l'environnement sont étudiés afin de mieux cerner la capacité de régulation sociale du religieux islamique et son potentiel de civilité pour compenser l'anomie des banlieues. JC.
Rusen ÇAKIR , Jean MARCOU
L'armée turque et le laïcisme
L'armée turque a été façonnée selon un modèle occidental et, donc, officiellement dépolitisée. Elle n'en est pas moins intervenue à plusieurs reprises dans la vie politique du pays. Actuellement protectrice de la Constitution, l'armée reste formée aux stricts principes kémalistes dont le plus important est celui de la laïcité. Cependant, plusieurs enquêtes sociologiques font apparaître qu'elle ne s'opposerait pas par les armes à l'éventuel avènement du Parti de la Prospérité, Refah Partisi, à la condition que celui ci ne remette pas en cause les principes modernistes et démocratiques. FNSP.
Les partis politiques turcs, l'islamisme et la laïcité
Les partis politiques turcs sont désormais confrontés au piège de la notion de laïcité, et plus particulièrement de la relation entre islam et Etat. L'idéologie laïque officielle et autoritaire sur laquelle repose la République turque a été démystifiée au bénéfice des islamistes, mais ce changement laisse enfin entrevoir un islam pluriel. Cependant, la notion nouvelle de répression des actes "anti laïques" donne au débat un nouvel aspect, posant la question des libertés publiques et de la liberté de conscience. FNSP.
Ali Vahit TURHAN
Islam et laïcité. Compte-rendu d'un colloque international à l'Université de Galatasaray, Istanbul, 22/24 septembre 1994", par Ural MANÇO Le colloque "Islam et Laïcité" a été co-organisé par l'Equipe de Recherches interdisciplinaires sur les Sociétés méditerranéennes musulmanes non arabes (ERISM) de l'Institut national des Langues et Civilisations orientales (Paris) et l'Institut français d'Etudes anatoliennes (IFEA) d'Istanbul. La rencontre s'articulait autour d'une trentaine de communications réparties en cinq ateliers: (1) Réflexions sur la laïcité, les relations Etat/religion dans les pays de l'Europe occidentale; (2) Islam et la laïcité dans les Balkans; (3) Que reste il de la laïcité kémaliste en Turquie? Retour de l'islam/maintien de la laïcité; (4) Islam face aux Etats, résistances islamiques. La redynamisation de la religion dans les pays musulmans issus de l'ancienne Union soviétique; (5) L'immigration et de l'interculturalité, les Musulmans de France face à la laïcité française. Dans sa présentation de la rencontre, Michel Bozdemir (ERISM) a précisé que les premières expériences laïcistes du monde musulman ont eu lieu en marge du centre arabe. Deux modèles laïques ont dominé l'islam périphérique: le marxisme et le kémalisme. A l'heure où le modèle soviétique s'est écroulé et où le modèle kémaliste donne des signes d'essoufflement, la laïcité divise profondément les sociétés musulmanes. Est il impossible d'envisager un consensus entre les tenants de l'islam et ceux de la laïcité? L'islam peut il apporter des réponses cohérentes aux problèmes des sociétés complexes nés de changements sociaux rapides appelant de plus en plus à une séparation du spirituel et du profane? Le colloque avait pour but de contribuer à une approche comparative et pluridisciplinaire d'un thème sensible. UM.
L'élection est la désignation, par le vote d'électeurs, de personnes destinées à occuper une fonction politique, économique ou sociale.
La Turquie élit au niveau national un chef d'état - président de la république -, et une assemblée parlementaire. La Grande assemblée nationale de Turquie (Türkiye Büyük Millet Meclisi) est le parlement monocamériste de la Turquie et est ainsi le détenteur du Pouvoir législatif. L'assemblée compte 550 membres élus pour un mandat de cinq ans à la proportionnelle. Pour qu'un parti soit représenté au parlement, il doit présenté un candidat dans au moins la moitié des provinces de la Turquie, il doit par ailleurs obtenir un minimum de 10% des voix au niveau national.
Le président de la république est élu par le parlement pour un mandat de sept ans.
La Turquie a un système politique multipartiste, les différents partis doivent le plus souvent former des coalitions pour pouvoir gouverner.
[modifier] Dernières élections
Résultats des élections législatives du 3 novembre 2002.
Parti
Suffrages
% des exprimés
% Sièges
Parti pour la justice et le développement (AKP)
10,779,489
34.3%
363<
Parti républicain du peuple (CHP)
6,099,083
19.4%
178
Parti de la juste voie (DYP)
3,004,842
9.5%
0
Parti d’action nationaliste (MHP)
2,622,545
8.3%
0
Parti jeune (GP)
2,277,651
7.2%
0
Parti démocratique du peuple (DHP)
1,953,627
6.2%
0
Parti de la mère patrie (ANAP)
1,610,708
5.1%
0
Parti démocratique de la gauche (DSP)
385,950
1.2%
0
Autres
2,714,533
8.6%
*
Total
31,448,428
550
1934 : Les femmes obtiennent le droit de vote et deviennent éligibles. 1938 : mort de Kemal Atatürk ; le nouveau président, désigné par le parlement, est İsmet İnönü
1945 : Fin du système de parti unique ; 1946 : Création du Demokrat Parti
27 mai 1960 : Coup d'état militaire ; Adnan Menderes et deux autres figures importantes de Demokrat Parti sont jugés par un tribunal spécial et pendus pour cause de haute trahison en 1961. ; 12 mars 1971 : Coup d'état militaire ; démission de Süleyman Demirel ; répression violente de la gauche et des Kurdes ; limitations à la liberté de la presse et aux droits syndicaux. ; 12 septembre 1980 : Coup d’état militaire ; 30 000 arrestations ; dissolution du parlement et interdiction des partis politiques. Kenan Evren président.
Novembre 1982 : Nouvelle constitution ; les anciens partis restent interdits.
Décembre 1983 : L'Anavatan Partisi nouvellement créé gagne les législatives ; Turgut Özal premier ministre ; virage libéral (privatisations) et islamique (enseignement religieux obligatoire).
1996 : Gouvernement islamiste de Necmettin Erbakan, renversé par l’armée en 1997 ; Mesut Yılmaz premier Ministre ; Novembre 2002 : Arrivée au pouvoir du parti AKP ; Recep Tayyip Erdoğan premier Ministre en mars 2003.
Religion
La religion principale de la Turquie est l’islam, majoritairement sunnite hanafite (branche de l'islam) avec d'importantes communautés chiites. Aujourd’hui, les alévis représenteraient environ 25 % de la population turque.
Il y a également des minorités orthodoxes et juives, surtout à İstanbul et İzmir. Et catholiques au sud du pays surtout a Mersin.
Un autre groupe religieux est celui des Sabbatéens.
Une enquête publiée en décembre 2004 dans le Wall Street Journal version européenne annonce que 95 % des Turcs sont musulmans et 72 % observent les prescriptions de l’islam.
[modifier] La Laïcité en Turquie
Alors que la constitution du 20 janvier 1921[2] ne mentionnait pas la religion, la loi constitutionnelle du 29 octobre 1923 modifie l’article 2 en indiquant que « la religion de l’État turc est l’islam » (Türkiye Devletinin dini, Dîn-i İslâmdır). Cette mention est conservée dans la constitution du 20 avril 1924[3] (dont l’article 75 proclame pourtant la liberté de conscience et de culte - à condition qu’elles ne s’opposent pas aux lois), supprimée le 11 avril 1928 et remplacée le 10 décembre 1937 par « l’État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur » (Türkiye Devleti, Cumhûriyetçi, Milliyetçi, Hâlkçı, Devletçi, Laik ve İnkılâpçı’dır), les « six principes d’Atatürk ».
Tout cela s’est traduit sous Atatürk par :
l’accord du droit des votes aux femmes en 1934 ;
la fermeture de certains lieux de pèlerinage ;
l’interdiction des confréries religieuses (nakşibendis, nurcus,…) ;
l’interdiction du port du voile pour les femmes dans les administrations et écoles publiques.
...
Certaines de ces mesures ont été abolies lors de l’accession au pouvoir du Demokrat Parti (Parti démocrate) d’Adnan Menderes en 1950, mais la religion est restée sous contrôle de l’État.
Bien que des réformes allant dans le sens de la laïcité aient été accomplies sous Atatürk (abolition du califat, etc.), la Turquie n’est pourtant pas un état strictement laïc dans le sens où il n’y a pas de séparation entre la religion et l’État mais plutôt une mise sous tutelle de la religion par l’État ; chacun reste cependant libre de ses croyances. C’est ainsi que la religion est mentionnée sur les papiers d’identité et qu’il existe une administration dite « Présidence des affaires religieuses »[4] (diyanet) qui instrumentalise parfois l’islam pour légitimer l’État et qui gère les 77.500 mosquées du pays. Seul le culte musulman est financé, les autres cultes devant au contraire assurer un fonctionnement financièrement autonome, quand ils ne rencontrent pas d'obstacle administratif à ce même fonctionnement. À certaines périodes de la République turque (sous Turgut Özal) l’enseignement religieux dans le secondaire est même devenu obligatoire. Malgré la mise en place de la politique laïque en Turquie, la proportion de la population chrétienne est passée de 10% en 1920 à 0.3% au début du XXIe siècle, et a déjà subit des agressions en raison de la religion[5].
Politique intérieure
Article détaillé : Politique de la Turquie.
La Turquie est une république parlementaire.
Le président est le chef de l’État et le premier ministre est le chef du gouvernement. Le président est nommé par l’assemblée nationale pour un mandat de 7 ans. Le président choisit le premier ministre.
Le pouvoir législatif est exercé par la Grande assemblée nationale de Turquie composée de 550 sièges renouvelés tous les 5 ans.
La constitution en vigueur date de 1982.
La Turquie kémaliste
Kemal Atatürk
Après s'être débarrassé de toute opposition, Mustafa Kemal modifie le mode de fonctionnement de l'Assemblée Nationale. Dorénavant, les députés seront choisis exclusivement parmi les membres du Parti républicain du peuple, qui devient de fait parti unique. Les membres du parti sont désignés par le président du parti qui est Mustafa Kemal, et le Président de la République est élu par les députés de l'Assemblée. Le système électoral est dès lors fermé et plus aucune opposition ne se manifeste alors au sein du parlement.
Le parlement renouvelle le mandat présidentiel de Mustafa Kémal en 1927, 1931 et 1935 qui refuse de devenir président à vie. En 1930, il déclare :
« Je ne mourrai pas en laissant l'exemple pernicieux d'un pouvoir personnel. J'aurai fondé auparavant une République libre, aussi éloignée du bolchevisme que du fascisme[12]. »
Le verrouillage politique du pays lui permet de mener la révolution qu'il souhaite mettre en œuvre : la Révolution à toute vapeur. Il entreprend la construction de la nouvelle Turquie mais il se heurte à un problème de financement : les caisses de l'État sont vides. Il se voit conseillé de recourir au crédit étranger. Or d'après lui, « le meilleur moyen de perdre son indépendance, c'est de dépenser l'argent qu'on ne possède pas. » Il a en mémoire les effets qu'a eu la dette ottomane sur l'Empire Ottoman et sur l'économie du pays, et il pense qu'en ayant recours aux capitaux étrangers, la Turquie perdrait une partie de son indépendance.
Pour financer ses projets, il décide de créer plusieurs banques, comme la Sumer Bank et la Eti Bank patronnées par la Merkez Bankasi (la banque centrale-1930). Ces banques drainent les capitaux pour mettre en œuvre des plans de développement économique.
Grâce à ces sources de financement, des milliers de kilomètres de routes sont construits ainsi que plusieurs centaines de ponts, un réseau de chemins de fer est créé, ce qui permet de désenclaver l'Anatolie pour accéder à un développement économique homogène. L'agriculture est revalorisée, les paysans disposent de plus de moyens et d'outils agricoles, leurs fermes deviennent plus spacieuses et plus propres. Et pour la première fois de leur histoire, ils peuvent épargner pour préparer l'avenir de leurs enfants.
Le gouvernement kémaliste entreprend avec l'aide de l'URSS d'importants plans d'industrialisation. Des dizaines de centrales électriques sont ainsi construites pour l'industrie naissante. Des dizaines de fabriques de sucres et de ciments sont créées. Suivies par des verreries et des fabriques de céramiques, des fonderies, des aciéries et des usines de produits chimiques.
[modifier] Une opposition docile
Au début des années 1930, l'abstention augmente en Turquie. En effet, le peuple ne pouvant s'exprimer librement préfére s'abstenir. Mustafa Kemal sentant que lui, le parti et le parlement se coupent peu à peu du peuple décide de créer un parti d'opposition de toutes pièces. Ce parti doit à la fois être indépendant et docile, il doit être critique sans porter atteinte au prestige du président.
Le Parti républicain libéral est ainsi mis en place pour les élections législatives d'août 1930. C'est son ami Fethi Okyar qui devient président du parti. Il est rejoint par une douzaine d'anciens députés avec parmi eux Adnan Menderes et Makboulé Atadan, sœur de Mustafa Kemal. Ce dernier prend soin d'expliquer à Fethi ce qu'il attend de lui, en particulier sur les attaques contre son gouvernement et lui confie « Je ne veux pas mourir avant d'avoir vu, en Turquie, la disparition d'un pouvoir personnel. Je veux que la République devienne entièrement démocratique »[13].
Fort du soutien de Mustafa Kemal, Fethi se présente à la circonscription d'Izmir et y tient un meeting où il attaque le gouvernement. Mais des coups de pistolets ont été tirés, la panique fait un mort, la police intervient, disperse l'auditoire et arrête tous les dirigeants du nouveau parti. Mustafa Kemal doit intervenir en personne pour faire libérer Fethi et les opposants et il donne l'ordre à la police de désormais protéger les meetings.
Quelques jours plus tard, Fethi monte à la tribune de l'Assemblée nationale et critique la politique économique d'Ismet Inonu. Mais une bagarre éclate rapidement au sein de l'Assemblée entre députés des deux partis, Mustafa Kemal est contraint de faire évacuer la salle. Dans son œuvre de "démocratisation" de la Turquie, il décide de supprimer la censure dont a été victime la presse.
[modifier] Une véritable opposition
La liberté d'expression va permettre aux journalistes de critiquer fortement Kemal et sa politique à travers des articles ou des caricatures. Des monarchistes, des anciens d'Union et Progrès et des communistes se regroupent autour de Fethi pour critiquer le gouvernement. Dans le même temps, une grève menée par des communistes touche Izmir et des émeutes éclatent dans le Kurdistan. Mustafa Kemal décide de dissoudre le parti le 17 novembre 1930 suite aux évènements d'Izmir[11].
La révolte de Menemen éclate non loin d'Izmir en décembre 1930. Elle est menée par un imam qui affirme être un prophète envoyé par Dieu, et qui lance des critiques acerbes contre le gouvernement. Il appelle les Turcs à se révolter contre le gouvernement kémaliste. Lors d'un de ses meetings, la police intervient pour disperser la foule, mais les militants se jettent à l'attaque des policiers. Devant cette résistance inattendue, le gouvernement décide alors d'envoyer un corps d'armée, mais celui-ci refuse de combattre. La sédition gagne rapidement d'autres villes turques, comme Konya, et Bursa.
Devant la rébellion, Mustafa Kemal décide de revenir à l'ancien système, il proclame l'État de siège, supprime la liberté de la presse et fait intervenir l'armée dans les régions qui se sont révoltées. Les troupes du Cheikh Mehmed se font rapidement juger et emprisonner. L'ordre revient rapidement, mais Kémal est déçu par la tournure qu'ont pris les événements. Il souhaitait créer une « opposition constructive », qui démocratiserait la Turquie, mais c'est finalement le contraire qui s'est produit.
[modifier] Fin provisoire du multipartisme
Au printemps 1932, Mustafa Kemal déclare :
« Que le peuple ne s'occupe pas de politique pour le moment. Qu'il se consacre à l'agriculture, au commerce et à l'industrie. Il faut que je gouverne ce pays pendant dix ou quinze ans encore. Après cela, nous verrons s'il est capable de se diriger lui-même... »
Pour les élections de 1932, il décide de revenir au système électoral précédent, seul le Parti Républicain du Peuple a le droit de présenter des candidats. Mais il tente de rajeunir le parti, et d'y faire adhérer des hommes et des femmes d'origines modestes, des paysans en particulier. Pour avoir une petite opposition au sein du parlement, il désigne douze députés indépendants qui ont pour mission de critiquer l'action gouvernementale.
Kemal se rend compte que les réformes mises en œuvre par son gouvernement ne sont pas populaires. Le régime décide donc de se projeter dans un autre cadre, passant du cadre réformiste à un cadre révolutionnaire. Pour ce faire, plusieurs délégations sont envoyées en Italie fasciste et en URSS, afin d'étudier les ressorts de ces deux révolutions.
Sous cette double influence, le régime kémaliste s'oriente vers une politique de mobilisation des masses à parti unique, en créant des Maison du peuple qui ont pour mission de répandre la “bonne parole” du parti. La jeunesse turque est transformée en fer de lance de la révolution kémaliste à travers des associations de jeunesse officielles. Cependant le régime Kémaliste ne se transformera jamais vraiment en régime fasciste, et encore moins en régime communiste[14]. Le modèle reste celui d'une modernisation autoritaire du pays, sans référence idéologique unique.
Sur le plan international, la Turquie se rapproche de l'Iran du Chah Reza Pahlavi et de l'Afghanistan qui voyaient avec admiration les réformes menées par Atatürk. Reza Pahlavi va tenter de mener une révolution comparable à la révolution kémaliste dans son pays.
Par ailleurs, Atatürk s'appuie contre l'Union Soviétique sur la politique semi-libérale menée par Celal Bayar et son conseiller Hirsch. Contre le nazisme, il se réconcilie avec la Grèce de Venizélos - qui proposera Atatürk à l'élection du prix Nobel de la paix à la fin des années 1930 - et de la France. Il se rapproche également de la Yougoslavie et de la Roumanie pour verrouiller les Balkans à l'influence de l'Allemagne nazie. Pour "irriter" encore un peu plus les nazis, il nomme un juif dönmeh à la tête du ministère des Affaires étrangères.
Quand un grand journaliste autrichien, Emil Ludwig lui rapporte en 1935 que Mussolini a beaucoup de sympathie pour lui, Atatürk se met en colère et traite le chef d'État italien de « hyène » à cause de la guerre d'Éthiopie.[15]
« Vous osez me comparer à cette hyène ! Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous dites ! Jamais je n'accepterai que l'on me compare à cet homme qui écrase l'Éthiopie sous les bombes.[16] »
Mustafa Kemal prononce à l'époque plusieurs discours qui resteront célèbres : celui relatant la Guerre d’indépendance et la fondation de la République (nutuk) les 15 et 20 novembre 1927 ainsi que son discours de la 10e année le 29 octobre 1933.
Face aux émeutes dans certaines villes de la Thrace comme Edirne, Tekirdag, Kırklareli et Çanakkale visant la communauté juive, Mustafa Kemal intervient énérgiquement et ordonne que l'ordre soit rétabli rapidement. Voyant dans ces émeutes anti-juifs l'influence directe des agents secrets allemands, il fait savoir que l'antisémitisme ne sera jamais toléré en Turquie. D'ailleurs c'est lui qui a ouvert la porte en 1933 à 150 universitaires allemands d'origine juive, qui avaient perdu leurs postes en Allemagne, en leur proposant de s'installer et de travailler en Turquie. Ces universitaires ont largement contribué à la réforme universitaire de 1933 qui a permis la création de l'Université d'Istanbul.
Conformément à la loi sur les noms de famille, le parlement donne le 24 novembre 1934 à Mustafa Kemal le patronyme de Kâmal (ce qui veut dire, forteresse) Atatürk, qui signifie non pas « père des Turcs » mais plutôt « Turc ancêtre », « Turc père » ; il abandonne alors le prénom Mustafa pour se nommer Kemal Atatürk. Le peuple turc suivra le mouvement en prenant lui aussi des noms de familles. Dans la foulée, le gouvernement renomme les principales villes turques, Angora devient Ankara, Smyrne devient Izmir, etc.
La laïcité en France présente trois caractéristiques principales. Elle repose premièrement sur une institutionnalisation de la séparation entre Eglise et Etat, fondement de l'exercice d'une effective liberté de conscience. Elle est ensuite le produit du combat des idéologues de la laïcisation. Enfin, la laïcité a pour pendant une déchristianisation croissante de la société française au profit d'une mosaïque religieuse et culturelle aux frontières mouvantes. FNSP.
Laïcité, modernisme et islamisme en Turquie
Le renouveau des mouvements islamistes auquel on assiste dans la plupart des pays musulmans depuis la fin des années 1970, renvoie à la question de savoir si l'islam est compatible avec la démocratie. Cette interrogation est très liée aux rapports de pouvoir qu'entretiennent, dans ces pays, élites occidentalisées et sociétés musulmanes. La nature autoritaire de la modernisation entamée dans de nombreux Etats musulmans depuis le XIXe siècle est sans doute à l'origine des déboires ultérieurement rencontrés par la démocratie en ces pays. CPC.
La laïcité à l'épreuve de l'exode rural
L'urbanisation qui a entraîné au cours des quarante dernières années une explosion urbaine, allant du quintuplement au décuplement des agglomérations de Turquie, d'Iran et d'Egypte, s'est accompagnée d'un processus de ré-islamisation particulièrement sensible dans ces sociétés urbaines. Pourrait-on alors transposer l'hypothèse avancée par Gilles Kepel pour décrire le cas de la France et postuler que l'affirmation de l'appartenance à l'islam constitue, de façon générale, un des modes privilégiés de sédentarisation en société urbaine ? L'étude de la Turquie offre plusieurs éclairages allant dans ce sens. CPC.
La demande d'islam en banlieue : un défi à la citoyenneté ?
Le référent islamique a servi, dans les banlieues françaises, de support à diverses formes de mobilisation collective. Les différents registres d'action collective et leurs interactions avec l'environnement sont étudiés afin de mieux cerner la capacité de régulation sociale du religieux islamique et son potentiel de civilité pour compenser l'anomie des banlieues. JC.
Rusen ÇAKIR , Jean MARCOU
L'armée turque et le laïcisme
L'armée turque a été façonnée selon un modèle occidental et, donc, officiellement dépolitisée. Elle n'en est pas moins intervenue à plusieurs reprises dans la vie politique du pays. Actuellement protectrice de la Constitution, l'armée reste formée aux stricts principes kémalistes dont le plus important est celui de la laïcité. Cependant, plusieurs enquêtes sociologiques font apparaître qu'elle ne s'opposerait pas par les armes à l'éventuel avènement du Parti de la Prospérité, Refah Partisi, à la condition que celui ci ne remette pas en cause les principes modernistes et démocratiques. FNSP.
Les partis politiques turcs, l'islamisme et la laïcité
Les partis politiques turcs sont désormais confrontés au piège de la notion de laïcité, et plus particulièrement de la relation entre islam et Etat. L'idéologie laïque officielle et autoritaire sur laquelle repose la République turque a été démystifiée au bénéfice des islamistes, mais ce changement laisse enfin entrevoir un islam pluriel. Cependant, la notion nouvelle de répression des actes "anti laïques" donne au débat un nouvel aspect, posant la question des libertés publiques et de la liberté de conscience. FNSP.
Ali Vahit TURHAN
Islam et laïcité. Compte-rendu d'un colloque international à l'Université de Galatasaray, Istanbul, 22/24 septembre 1994", par Ural MANÇO Le colloque "Islam et Laïcité" a été co-organisé par l'Equipe de Recherches interdisciplinaires sur les Sociétés méditerranéennes musulmanes non arabes (ERISM) de l'Institut national des Langues et Civilisations orientales (Paris) et l'Institut français d'Etudes anatoliennes (IFEA) d'Istanbul. La rencontre s'articulait autour d'une trentaine de communications réparties en cinq ateliers: (1) Réflexions sur la laïcité, les relations Etat/religion dans les pays de l'Europe occidentale; (2) Islam et la laïcité dans les Balkans; (3) Que reste il de la laïcité kémaliste en Turquie? Retour de l'islam/maintien de la laïcité; (4) Islam face aux Etats, résistances islamiques. La redynamisation de la religion dans les pays musulmans issus de l'ancienne Union soviétique; (5) L'immigration et de l'interculturalité, les Musulmans de France face à la laïcité française. Dans sa présentation de la rencontre, Michel Bozdemir (ERISM) a précisé que les premières expériences laïcistes du monde musulman ont eu lieu en marge du centre arabe. Deux modèles laïques ont dominé l'islam périphérique: le marxisme et le kémalisme. A l'heure où le modèle soviétique s'est écroulé et où le modèle kémaliste donne des signes d'essoufflement, la laïcité divise profondément les sociétés musulmanes. Est il impossible d'envisager un consensus entre les tenants de l'islam et ceux de la laïcité? L'islam peut il apporter des réponses cohérentes aux problèmes des sociétés complexes nés de changements sociaux rapides appelant de plus en plus à une séparation du spirituel et du profane? Le colloque avait pour but de contribuer à une approche comparative et pluridisciplinaire d'un thème sensible. UM.
L'élection est la désignation, par le vote d'électeurs, de personnes destinées à occuper une fonction politique, économique ou sociale.
La Turquie élit au niveau national un chef d'état - président de la république -, et une assemblée parlementaire. La Grande assemblée nationale de Turquie (Türkiye Büyük Millet Meclisi) est le parlement monocamériste de la Turquie et est ainsi le détenteur du Pouvoir législatif. L'assemblée compte 550 membres élus pour un mandat de cinq ans à la proportionnelle. Pour qu'un parti soit représenté au parlement, il doit présenté un candidat dans au moins la moitié des provinces de la Turquie, il doit par ailleurs obtenir un minimum de 10% des voix au niveau national.
Le président de la république est élu par le parlement pour un mandat de sept ans.
La Turquie a un système politique multipartiste, les différents partis doivent le plus souvent former des coalitions pour pouvoir gouverner.
[modifier] Dernières élections
Résultats des élections législatives du 3 novembre 2002.
Parti
Suffrages
% des exprimés
% Sièges
Parti pour la justice et le développement (AKP)
10,779,489
34.3%
363<
Parti républicain du peuple (CHP)
6,099,083
19.4%
178
Parti de la juste voie (DYP)
3,004,842
9.5%
0
Parti d’action nationaliste (MHP)
2,622,545
8.3%
0
Parti jeune (GP)
2,277,651
7.2%
0
Parti démocratique du peuple (DHP)
1,953,627
6.2%
0
Parti de la mère patrie (ANAP)
1,610,708
5.1%
0
Parti démocratique de la gauche (DSP)
385,950
1.2%
0
Autres
2,714,533
8.6%
*
Total
31,448,428
550
ankara
ANKARA (AFP) - Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül a fait comprendre mercredi qu'il demeurait candidat à la présidence, en raison de la victoire écrasante du parti au pouvoir aux législatives de dimanche, lors d'une conférence de presse à Ankara.
La candidature de cet ex-islamiste à la présidentielle est à l'origine de la grave crise institutionnelle du printemps entre le Parti de la justice et du développement (AKP) et le camp pro-laïc, qui a entraîné les élections anticipées de dimanche.
"Je ne peux pas ignorer la volonté du peuple (...), les signes" en faveur d'une candidature lors des meetings de campagne électorale, a-t-il expliqué, alors que "Gül président" était devenu l'un des slogans des militants de l'AKP avant le scrutin.
"Personne ne peut interdire un candidat. Rien n'empêche que je sois candidat", a-t-il insisté.
Pressé de répondre s'il serait à nouveau candidat à la plus haute fonction, il a dit que sa décision était "très claire", se refusant toutefois à annoncer franchement sa candidature.
"Il n'est pas nécessaire de brusquer les choses", a-t-il ajouté, soulignant que le processus de l'élection présidentielle devait continuer dans un climat de "grande maturité politique dans la direction indiquée par les résultats".
L'AKP, issu de la mouvance islamiste, a remporté une victoire écrasante aux législatives avec 46,4 % des voix, selon des résultats officieux.
"Je crois que les autres partis au Parlement vont prendre en considération le score de près de 50% que nous avons obtenu", a-t-il ajouté.
Dans une première réaction, le principal parti d'opposition pro-laïque (CHP, social-démocrate) a répété son rejet de la candidature de M. Gül, selon l'agence Anatolie.
"Nous ne soutiendrons pas une personne qui n'épouse pas les principes d'Atatürk", père fondateur de la Turquie comme Etat laïc, a déclaré le vice-président du CHP, Mustafa Özyürek, ajoutant que le parti boycotterait la séance du Parlement consacrée à l'élection du président.
C'est la décision du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan d'imposer la candidature à la présidence de M. Gül, son bras droit, qui a été le détonateur de la crise entre le gouvernement et le camp pro-laïc, dont les militaires, en avril-mai.
L'armée, qui a renversé quatre gouvernements depuis 1960, a lancé une mise en garde le 27 avril au gouvernement contre toute remise en cause de la laïcité, principe fondateur de ce pays peuplé officiellement à 99 % de musulmans.
Des millions de Turcs sont aussi descendus dans la rue à l'appel des partis pro-laïques, refusant de voir un homme politique dont l'épouse porte le voile accéder à la présidence.
Pour sortir de l'impasse, M. Erdogan avait alors décidé d'avancer les législatives prévues en novembre.
La première tache du nouveau Parlement où l'AKP disposera de la majorité absolue avec 340 sièges (sur 550) sera d'élire un nouveau chef de l'Etat, vraisemblablement à la fin août ou en septembre.
Malgré sa victoire écrasante, l'AKP ne dispose cependant pas à lui tout seul des 2/3 des voix nécessaires à l'élection du président lors des deux premiers tours de scrutin.
Le mandat de l'actuel président Ahmet Necdet Sezer, figure de proue du camp laïc, a expiré en mai dernier.
Les résultats officiels de l'élection doivent être annoncés jeudi.
- Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a réuni mardi son dernier conseil des ministres après sa large victoire aux législatives de dimanche qui lui confère un nouveau mandat à la tête du pays pour cinq ans.
Lundi, il a remis la démission de son gouvernement au président de la république Ahmet Necdet Sezer, un pure formalité, puisque dans les prochains jours M. Sezer devrait lui confier la tâche de former le prochain cabinet.
D'ici là, M. Sezer a demandé à M. Erdogan d'expédier les affaires courantes.
Le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) a recueilli 46,4% des voix, selon les résultats officieux, obtenant largement la majorité absolue au Parlement où il gouvernera seul.
Les résultats officiels du scrutin doivent être publiés jeudi, a indiqué le président de la commission électorale Muammer Aydin.
Le Parlement devra se réunir dans les cinq jours, c'est-à-dire, le mardi 31 juillet, pour la prestation de serment des nouveaux députés suivie quelques jours plus tard de l'élection de son président.
L'une de ses premières tâches sera d'élire, vraisemblablement à la fin août ou en septembre, le nouveau chef de l'Etat.
Cette question a été le détonateur de la crise politique du printemps quand M. Erdogan a tenté d'imposer son candidat à la présidentielle et s'est heurté au camp laïc, dont l'armée.
Pour sortir de l'impasse, il a convoqué des élections anticipées, théoriquement prévues en novembre.
Le nouveau gouvernement, le 60e depuis la création de la république turque en 1923, pourrait comprendre deux ministres femmes au lieu d'une dans la précédente équipe, selon la presse.
De nouvelles personnalités pourraient aussi y faire leur entrée, comme Ertugrul Günay, un transfuge du parti de centre-gauche CHP (opposition) passé à l'AKP et pressenti au ministère du Travail.
Mehmet Simsek, un ancien économiste à la banque américaine Merrill Lynch, pourrait aussi être chargé d'un ministère économique.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 20h20
Recep Tayyip Erdogan en fin tacticien a obtenu dimanche une majorité claire pour un second mandat. Né dans un quartier pauvre d'Istanbul, Erdogan devient maire de la ville en 1994. Sa gestion de la plus grande ville du pays lui permet de se faire remarquer. Mais la justice s'intéresse à lui pour ce poème : "Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes nos casques et les fidèles nos soldats". Ces paroles lui valent en 1997 quatre mois de prison. Il est aussi privé de ses droits politiques. Dans le même temps, son parti, le Refah, se voit contraint sous la pression de l'armée de quitter le pouvoir obtenu en 1995. Le parti, issu de la mouvance islamiste, est dissous. Ces évènements font comprendre à Erdogan qu'il est temps de créer une nouvelle force politique plus moderne, plus ouverte.Le parti de la Justice et du Développement AKP voit le jour en 2001 et remporte l'année suivante les législatives. Erdogan toujours sous le coup de l'interdiction d'exercer des mandats politiques publics doit attendre mars 2003 pour que sa majorité modifie la loi. Fidèle à son pragmatisme, Erdogan signe l'ouverture des négociations d'adhésion européenne en 2005. Une preuve pour lui que l'AKP peut être un parti musulman-démocrate comme d'autres en Europe se proclament chrétiens-démocrates. Mais, malgré son européanisme, les Turcs laïcs demeurent suspicieux. Le pays s'enfonce dans la crise au printemps à l'occasion de l'élection par le parlement du nouveau chef de l'Etat. Les laïcs soupçonnent Erdogan de vouloir islamiser les institutions du pays, ce que nie le Premier ministre. Pour débloquer la situation, des législatives anticipées sont organisées, un triomphe pour l'AKP. Recep Tayyip Erdogan devra maintenant faire preuve d'encore plus de pragmatisme. Car pour faire élire le nouveau président au suffrage universel il faut changer la Constitution. Et sa majorité est malgré tout insuffisante. Erdogan devra donc trouver un candidat de compromis.
Par Mark John et Marcin Grajewski Reuters - Lundi 23 juillet, 20h02
BRUXELLES (Reuters) - Responsables et diplomates européens ont félicité lundi le Premier ministre turc Tayyip Erdogan de la victoire remportée par son Parti de la justice et du développement (AKP) aux législatives organisées la veille.
"Cette victoire intervient à un moment important pour le peuple de Turquie, pays qui avance avec un engagement en faveur de réformes politiques et économiques", souligne dans un communiqué le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
"Le Premier ministre Erdogan s'est engagé personnellement en faveur d'un rapprochement durable avec l'Union européenne", ajoute-t-il.
La Turquie a entamé en 2005 des négociations en vue de son adhésion à l'UE, en dépit de l'opposition de certains pays membres à l'entrée de la Turquie dans l'Union.
Des résultats quasi complets créditent l'AKP de 46,5% des suffrages, soit 12 points de plus que lors des élections de 2002. Mais en raison de l'unité de l'opposition, la formation islamiste devrait hériter de 340 sièges sur 550, ce qui est moins que son total actuel.
Les négociations relatives à l'adhésion de la Turquie à l'UE sont actuellement au point mort, en raison d'un différend commercial relatif à Chypre et de l'hostilité du président français Nicolas Sarkozy à l'entrée de la Turquie dans l'UE.
"LIBERTES FONDAMENTALES"
Le commissaire à l'Elargissement, Olli Rehn, a rappelé en marge d'un sommet à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères de l'Union que l'évolution du dossier turc était soumis à plusieurs conditions.
"Il est essentiel que le nouveau gouvernement relance les réformes économiques et politiques dans le pays, et ce avec détermination et des résultats à la clé", a dit Rehn.
Le commissaire finlandais a souligné en outre les lacunes du dossier de candidature turc, notamment sur les questions de la liberté d'expression et de la liberté religieuse dans cet Etat laïc, peuplé à majorité de musulmans.
"Nous avons besoin de constater des avancées concrètes dans le domaine des libertés fondamentales, notamment dans le respect de la liberté d'expression et de la liberté religieuse", a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie suédoise, Carl Bildt, a de son côté estimé que la victoire de l'AKP pouvait favoriser un rapprochement entre la Turquie et l'UE.
"Ils ont un mandat très clair pour poursuivre les réformes pro-européennes qu'ils réalisent depuis quelques années", a-t-il dit à des journalistes avant une réunion à Bruxelles.
La Grande-Bretagne, qui soutient l'adhésion de la Turquie, a exhorté l'UE à soutenir les efforts d'Erdogan.
"Il est très important que toute l'Europe soutienne le nouveau gouvernement qui sera formé en Turquie. Une situation politique stable et sûre en Turquie est totalement dans notre intérêt", a estimé le secrétaire au Foreign office, David Miliband, avant la même réunion.
Le commissaire européen à la Justice et la Sécurité, Franco Frattini, a estimé dans un entretien à La Repubblica qu'Erdogan avait rapproché la Turquie et l'UE sur les plans politique et économique. Il l'a exhorté à renforcer les droits de l'homme.
"Il doit continuer à prendre en compte les droits des minorités, et combattre encore le fondamentalisme", a dit Frattini.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 19h30
Son parti de centre-droit l'AKP, issu de la mouvance islamiste, est le grand vainqueur des législatives. Avec plus de 46% des suffrages, il obtient la majorité absolue au Parlement. Le Premier ministre a présenté la démission de son gouvernement ce lundi et il sera chargé de former la nouvelle équipe.
Grâce à cette performance, Tayyip Recep Erdogan marque des points. Les Turcs ont voté dimanche pour la stabilité. Mais accusé de vouloir islamiser la société, le Premier ministre devra prouver qu'il reste attaché à la laïcité. Et les femmes sont en première ligne. "La politique et la religion sont mélangées dit cette femme. Le pays se dirige vers une nouvelle ère. Je veux simplement dire "Réveille toi Ataturk !"
Laïcité mais aussi unité nationale, l'autre pilier de la République fondée par Mustapha Kemal Ataturk. Tayyip Recep Erdogan devra donc s'attacher à réconcilier Turcs et Kurdes. A Diyarbakir, la population kurde attend des choses simples: "Je vis dans un village dit cet homme et nous n'avons ni route, ni eau ni électricité. Nous voulons tout cela." Après 13 d'absence, les députés kurdes font leur retour au Parlement. Mais le dialogue s'annonce difficile.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 19h30
L'indice des cent valaurs vedettes de la bourse turque ont gagné 3,85% lundi. La victoire de l'AKP était attendue et ces dernières semaines la bourse d'Istanbul avait également progressé.
"Il n'y a pas de nervosité, affirme cet analyste turc, mais les investisseurs se posent quelques questions. Mais c'est trop tôt. Aujourd'hui ce n'est pas le bon jour pour discuter de l'avenir financier de la Turquie car nous sommes qu'au premier jour de la victoire de l'AK Parti".
L'AK Parti peut se targuer depuis 2002 de très bons résultats économiques : la forte diminution de l'inflation, le maintien d'un taux de croissance de 7%, et la réduction du déficit budgétaire à 0,7% du PIB l'an dernier, ont aidé les investissements étrangers à ateindre 15 millairds d'euros l'an dernier alors qu'ils dépassaient à peine 1 milliard en 2002. Hausse des titres boursiers mais aussi de la monnaie turque : la lire. "Je pense que la valeur du dollar et de l'euro va baisser, affirme une ménagère d'Istanbul qui sort de la banque; c'est pourquoi j'ai changé la monnaie étrangère que je possédais en lires turques. Je pense que l'économie turque va s'améliorer". Aujourd'hui, on peut clairement constater que les tensions politiques qui pourraient resurgir avec le maintien de l'AKP au pouvoir ne semblent pas inquiéter le milieu des affaires.
Par Françoise MICHEL AFP - Lundi 23 juillet, 18h13
ANKARA (AFP) - Les législatives ont sensiblement modifié la donne politique en Turquie avec un parti au pouvoir, issu de la mouvance islamiste, sorti renforcé du scrutin de dimanche face au camp laïc, dont l'armée, et le retour au Parlement des nationalistes et des Kurdes.L'événement
La victoire écrasante du Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a été saluée lundi par la Bourse d'Istanbul, son indice des valeurs vedettes clôturant sur un record historique à 55.625,44 points.
M. Erdogan a présenté lundi la démission de son gouvernement au président de la République Ahmet Necdet Sezer et devrait, en tant que chef du parti gagnant, être chargé de former la nouvelle équipe, probablement la semaine prochaine après l'annonce des résultats officiels.
Au pouvoir depuis près de cinq ans, l'AKP a obtenu 46,4% des voix, selon des résultats officieux diffusés par l'agence Anatolie.
La performance n'est pas mince. Comme l'a souligné M. Erdogan lui-même, c'est la deuxième fois en 50 ans qu'un parti au pouvoir améliore son score à l'occasion d'un nouveau scrutin.
Avec un tel pourcentage, l'AKP aura 340 députés sur 550, soit nettement plus que la moitié des sièges. Aux législatives de 2002, il avait recueilli 34% des voix (351 députés).
Paradoxalement, le nombre de parlementaires de l'AKP est cette fois moins élevé car une troisième force - Le Parti de l'action nationaliste (MHP) qui affiche des positions très fermes notamment sur l'Union européenne - fait son retour au Parlement où reviennent aussi des députés kurdes (au nombre de 24), sous l'étiquette "indépendant".
L'ambiance au Parlement promet d'ailleurs d'être plus animée, le MHP (14,2% des voix, 71 députés) étant intransigeant sur la question kurde.
Le principal parti d'opposition pro-laïque, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), recueille 20,8% des suffrages à peu près le même score qu'en 2002 (19 %) et aura 112 députés.
Ce scrutin anticipé était censé dénouer la grave crise qui a opposé au printemps M. Erdogan aux partisans de la laïcité, dont l'armée, qui soupçonnent le gouvernement de chercher à islamiser le pays, lorsque le Premier ministre a tenté d'imposer son candidat à la présidentielle.
"L'AKP a réussi à sortir la campagne de l'affrontement dont elle était issue. Erdogan, qui s'est fait réélire comme un président, a fait une campagne ciblée sur M. Tout le monde, axée sur la vie quotidienne et vantant les résultats économiques du gouvernement. L'AKP a bien compris qu'il fallait élargir sa base électorale pour devenir un parti populaire", souligne Jean Marcou chercheur à l'Institut français d'études anatoliennes d'Istanbul.
"La campagne du CHP sur la laïcité ne tenait pas la route", estime en revanche Ertugrul Günay, un transfuge de ce parti de centre gauche passé à l'AKP.
Les journaux soulignaient aussi que la menace voilée d'une intervention de l'armée dans la crise avait eu un effet boomerang, avec un sursaut "démocratique" des électeurs qui a profité au parti au pouvoir.
Les résultats montrent que l'armée "doit totalement cesser d'intervenir dans la politique", soulignait le quotidien Aksam (populaire) à propos de cette institution, gardienne des valeurs laïques dans un pays à 99% musulman où règne une stricte séparation entre religion et Etat.
Dans une première réaction à sa victoire, M. Erdogan s'est engagé dimanche soir, son épouse voilée à ses côtés à la tribune, à respecter les "principes fondateurs" de la République, dont le premier est la laïcité.
"L'élan en vue de la transformation et du développement (du pays) se poursuivra avec détermination avec le 60ème gouvernement", a-t-il assuré lundi.
Tout en restant prudent, Jean Marcou, prévoit que M. Erdogan ne devrait pas chercher à nouveau l'épreuve de force au Parlement en imposant un candidat à la présidentielle qui ne serait pas un "modéré".
"Pourquoi prendrait-il le risque d'une nouvelle crise, au risque de gâcher sa victoire ?", s'interroge-t-il.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 13h35
Des résultats non officiels donnent environ 46% des voix pour l'AKP, 20 pour les pro-laïques du CHP et 14 pour les nationalistes du MHP. L'AKP, le parti du premier ministre sortant turc devrait recueillir 340 sièges, soit nettement plus que la majorité absolue. Les pro-laïques en récolteraient 112. Le MHP nationaliste 71. Dans le camp de l'opposition pro-laïque, la défaite est amère. Les partisans du CHP espéraient renverser les rapports de force avec les islamistes modérés.
''Pour moi, ces résultats sont une terrible déception, explique cette militante du CHP. Je pensait que le peuple serait plus intelligent. Mais nous n'en sommes pas encore là. Ce n'est pas bon pour la Turquie". Du côté du MHP, on savoure le retour de ce mouvement nationaliste au parlement après 5 ans d'absence. Le parti mené par Devlet Bahceli n'avait pas atteint en 2002 le seuil des 10% de voix nécessaires à une représentation au parlement. Le MHP, parti de l'action nationaliste a des positions clairement eurosceptiques et prône le rétablissement de la peine de mort.
Ce matin à Istanbul, chacun faisait son analyse des résultats du scrutin. Pour ce Stambouliote, la victoire éclatante du parti islamiste modéré n'est pas une surprise. "Le MHP a pris des voix au CHP et est parvenu à entrer au parlement, ce qui n'était pas prévu. J'espère que c'est une bonne chose pour notre pays." Reste à voir comment les pro-laiques, dont fait partie l'armée, vont réagir à ces résultats, notamment lors de l'élection du président par le nouveau parlement.
Par Françoise MICHEL AFP - Dimanche 22 juillet, 16h39
ANKARA (AFP) - Les Turcs ont voté massivement dimanche pour des élections législatives très disputées qui leur offrent le choix entre reconduire le parti au pouvoir (AKP) issu de la mouvance islamiste ou soutenir des formations favorables à une stricte laïcité de l'Etat. Les bureaux de vote ont fermé dimanche à 17H00 locales (14H00 GMT).L'événement
Les sondages prédisent que le Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan (53 ans), soutenu par les classes populaires et les milieux d'affaires, sortira gagnant des élections.
Politique intérieure
Article détaillé : Politique de la Turquie.
La Turquie est une république parlementaire.
Le président est le chef de l’État et le premier ministre est le chef du gouvernement. Le président est nommé par l’assemblée nationale pour un mandat de 7 ans. Le président choisit le premier ministre.
Le pouvoir législatif est exercé par la Grande assemblée nationale de Turquie composée de 550 sièges renouvelés tous les 5 ans.
La constitution en vigueur date de 1982.
Ce scrutin anticipé est censé dénouer la crise politique qui a éclaté au printemps entre M. Erdogan et les pro-laïcs, dont l'armée, qui soupçonnent le gouvernement de chercher à islamiser en catimini les institutions.
M. Erdogan, qui s'est toujours défendu d'avoir des desseins "islamistes", a voté à Istanbul, ville dont il a été maire.
Figures de proue des laïcs, le président Ahmet Necdet Sezer, dont le mandat a expiré en mai, et le chef de l'état-major de l'armée, le général Yasar Büyükanit, ont voté sous les applaudissements à Ankara.
Dès l'ouverture des bureaux de vote, de longues files d'attente se sont formées en prévision d'une journée très chaude.
Une dizaine de millions d'électeurs sur plus de 42 millions ont dû quitter leurs lieux de vacances pour se rendre aux urnes.
"Je suis ici pour voter pour la démocratie. Nous n'avons pas manifesté pour rien", souligne Ali Cetin à Ankara, dans une allusion aux manifestations massives des pro-laïques en avril-mai contre le gouvernement. Dans un autre quartier de la capitale, des électeurs votent pour la "stabilité économique", incarnée selon eux par l'AKP.
Selon plusieurs sondages, l'AKP au pouvoir depuis 2002 obtiendrait environ 40% des voix, ce qui lui permettrait de rafler au minimum quelque 300 sièges sur les 550 du Parlement, soit plus que la majorité absolue.
Aux législatives de 2002, il avait recueilli 34% des voix (351 députés).
M. Erdogan n'a pas hésité à personnaliser le scrutin en annonçant qu'il quitterait la politique si son parti n'était pas en mesure de gouverner seul.
"Le scrutin devrait montrer que l'AKP a réussi son pari de devenir un parti classique de centre-droit malgré cinq ans d'usure du pouvoir", estime un diplomate européen.
Quel que soit le score de l'AKP, le Parlement devrait changer de physionomie avec l'arrivée annoncée d'un troisième parti d'opposition, le Parti de l'action nationaliste (MHP), en plus de l'actuel Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), tous deux défenseurs de la laïcité.
Les sondages prédisent aussi l'élection de députés "indépendants", en particulier pro-kurdes, qui ont choisi cette étiquette pour échapper au barrage des 10% de voix au niveau national, nécessaires à un parti pour entrer au Parlement selon un mode de scrutin à la proportionnelle.
M. Erdogan a été contraint d'avancer les législatives prévues en novembre après avoir échoué à imposer au Parlement son candidat à la présidence, le chef de la diplomatie Abdullah Gül, ex-figure de la mouvance islamiste.
L'armée, qui a fait tomber quatre gouvernements depuis 1960, avait aussi lancé une mise en garde contre toute atteinte à la laïcité, essence même de la nation fondée en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk et peuplée officiellement de 99% de musulmans.
Il n'est cependant pas certain que le scrutin de dimanche permette de surmonter la crise qui pourrait refaire surface lors de l'élection du président par le nouveau Parlement, si l'AKP refuse de présenter un candidat de compromis.
Une série d'incidents liés aux élections a fait 17 blessés dans le pays où les derniers bureaux de vote fermeront à 14H00 GMT.
Les premières estimations sont attendues à partir de 18H00 GMT.
La candidature de cet ex-islamiste à la présidentielle est à l'origine de la grave crise institutionnelle du printemps entre le Parti de la justice et du développement (AKP) et le camp pro-laïc, qui a entraîné les élections anticipées de dimanche.
"Je ne peux pas ignorer la volonté du peuple (...), les signes" en faveur d'une candidature lors des meetings de campagne électorale, a-t-il expliqué, alors que "Gül président" était devenu l'un des slogans des militants de l'AKP avant le scrutin.
"Personne ne peut interdire un candidat. Rien n'empêche que je sois candidat", a-t-il insisté.
Pressé de répondre s'il serait à nouveau candidat à la plus haute fonction, il a dit que sa décision était "très claire", se refusant toutefois à annoncer franchement sa candidature.
"Il n'est pas nécessaire de brusquer les choses", a-t-il ajouté, soulignant que le processus de l'élection présidentielle devait continuer dans un climat de "grande maturité politique dans la direction indiquée par les résultats".
L'AKP, issu de la mouvance islamiste, a remporté une victoire écrasante aux législatives avec 46,4 % des voix, selon des résultats officieux.
"Je crois que les autres partis au Parlement vont prendre en considération le score de près de 50% que nous avons obtenu", a-t-il ajouté.
Dans une première réaction, le principal parti d'opposition pro-laïque (CHP, social-démocrate) a répété son rejet de la candidature de M. Gül, selon l'agence Anatolie.
"Nous ne soutiendrons pas une personne qui n'épouse pas les principes d'Atatürk", père fondateur de la Turquie comme Etat laïc, a déclaré le vice-président du CHP, Mustafa Özyürek, ajoutant que le parti boycotterait la séance du Parlement consacrée à l'élection du président.
C'est la décision du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan d'imposer la candidature à la présidence de M. Gül, son bras droit, qui a été le détonateur de la crise entre le gouvernement et le camp pro-laïc, dont les militaires, en avril-mai.
L'armée, qui a renversé quatre gouvernements depuis 1960, a lancé une mise en garde le 27 avril au gouvernement contre toute remise en cause de la laïcité, principe fondateur de ce pays peuplé officiellement à 99 % de musulmans.
Des millions de Turcs sont aussi descendus dans la rue à l'appel des partis pro-laïques, refusant de voir un homme politique dont l'épouse porte le voile accéder à la présidence.
Pour sortir de l'impasse, M. Erdogan avait alors décidé d'avancer les législatives prévues en novembre.
La première tache du nouveau Parlement où l'AKP disposera de la majorité absolue avec 340 sièges (sur 550) sera d'élire un nouveau chef de l'Etat, vraisemblablement à la fin août ou en septembre.
Malgré sa victoire écrasante, l'AKP ne dispose cependant pas à lui tout seul des 2/3 des voix nécessaires à l'élection du président lors des deux premiers tours de scrutin.
Le mandat de l'actuel président Ahmet Necdet Sezer, figure de proue du camp laïc, a expiré en mai dernier.
Les résultats officiels de l'élection doivent être annoncés jeudi.
- Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a réuni mardi son dernier conseil des ministres après sa large victoire aux législatives de dimanche qui lui confère un nouveau mandat à la tête du pays pour cinq ans.
Lundi, il a remis la démission de son gouvernement au président de la république Ahmet Necdet Sezer, un pure formalité, puisque dans les prochains jours M. Sezer devrait lui confier la tâche de former le prochain cabinet.
D'ici là, M. Sezer a demandé à M. Erdogan d'expédier les affaires courantes.
Le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) a recueilli 46,4% des voix, selon les résultats officieux, obtenant largement la majorité absolue au Parlement où il gouvernera seul.
Les résultats officiels du scrutin doivent être publiés jeudi, a indiqué le président de la commission électorale Muammer Aydin.
Le Parlement devra se réunir dans les cinq jours, c'est-à-dire, le mardi 31 juillet, pour la prestation de serment des nouveaux députés suivie quelques jours plus tard de l'élection de son président.
L'une de ses premières tâches sera d'élire, vraisemblablement à la fin août ou en septembre, le nouveau chef de l'Etat.
Cette question a été le détonateur de la crise politique du printemps quand M. Erdogan a tenté d'imposer son candidat à la présidentielle et s'est heurté au camp laïc, dont l'armée.
Pour sortir de l'impasse, il a convoqué des élections anticipées, théoriquement prévues en novembre.
Le nouveau gouvernement, le 60e depuis la création de la république turque en 1923, pourrait comprendre deux ministres femmes au lieu d'une dans la précédente équipe, selon la presse.
De nouvelles personnalités pourraient aussi y faire leur entrée, comme Ertugrul Günay, un transfuge du parti de centre-gauche CHP (opposition) passé à l'AKP et pressenti au ministère du Travail.
Mehmet Simsek, un ancien économiste à la banque américaine Merrill Lynch, pourrait aussi être chargé d'un ministère économique.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 20h20
Recep Tayyip Erdogan en fin tacticien a obtenu dimanche une majorité claire pour un second mandat. Né dans un quartier pauvre d'Istanbul, Erdogan devient maire de la ville en 1994. Sa gestion de la plus grande ville du pays lui permet de se faire remarquer. Mais la justice s'intéresse à lui pour ce poème : "Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes nos casques et les fidèles nos soldats". Ces paroles lui valent en 1997 quatre mois de prison. Il est aussi privé de ses droits politiques. Dans le même temps, son parti, le Refah, se voit contraint sous la pression de l'armée de quitter le pouvoir obtenu en 1995. Le parti, issu de la mouvance islamiste, est dissous. Ces évènements font comprendre à Erdogan qu'il est temps de créer une nouvelle force politique plus moderne, plus ouverte.Le parti de la Justice et du Développement AKP voit le jour en 2001 et remporte l'année suivante les législatives. Erdogan toujours sous le coup de l'interdiction d'exercer des mandats politiques publics doit attendre mars 2003 pour que sa majorité modifie la loi. Fidèle à son pragmatisme, Erdogan signe l'ouverture des négociations d'adhésion européenne en 2005. Une preuve pour lui que l'AKP peut être un parti musulman-démocrate comme d'autres en Europe se proclament chrétiens-démocrates. Mais, malgré son européanisme, les Turcs laïcs demeurent suspicieux. Le pays s'enfonce dans la crise au printemps à l'occasion de l'élection par le parlement du nouveau chef de l'Etat. Les laïcs soupçonnent Erdogan de vouloir islamiser les institutions du pays, ce que nie le Premier ministre. Pour débloquer la situation, des législatives anticipées sont organisées, un triomphe pour l'AKP. Recep Tayyip Erdogan devra maintenant faire preuve d'encore plus de pragmatisme. Car pour faire élire le nouveau président au suffrage universel il faut changer la Constitution. Et sa majorité est malgré tout insuffisante. Erdogan devra donc trouver un candidat de compromis.
Par Mark John et Marcin Grajewski Reuters - Lundi 23 juillet, 20h02
BRUXELLES (Reuters) - Responsables et diplomates européens ont félicité lundi le Premier ministre turc Tayyip Erdogan de la victoire remportée par son Parti de la justice et du développement (AKP) aux législatives organisées la veille.
"Cette victoire intervient à un moment important pour le peuple de Turquie, pays qui avance avec un engagement en faveur de réformes politiques et économiques", souligne dans un communiqué le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
"Le Premier ministre Erdogan s'est engagé personnellement en faveur d'un rapprochement durable avec l'Union européenne", ajoute-t-il.
La Turquie a entamé en 2005 des négociations en vue de son adhésion à l'UE, en dépit de l'opposition de certains pays membres à l'entrée de la Turquie dans l'Union.
Des résultats quasi complets créditent l'AKP de 46,5% des suffrages, soit 12 points de plus que lors des élections de 2002. Mais en raison de l'unité de l'opposition, la formation islamiste devrait hériter de 340 sièges sur 550, ce qui est moins que son total actuel.
Les négociations relatives à l'adhésion de la Turquie à l'UE sont actuellement au point mort, en raison d'un différend commercial relatif à Chypre et de l'hostilité du président français Nicolas Sarkozy à l'entrée de la Turquie dans l'UE.
"LIBERTES FONDAMENTALES"
Le commissaire à l'Elargissement, Olli Rehn, a rappelé en marge d'un sommet à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères de l'Union que l'évolution du dossier turc était soumis à plusieurs conditions.
"Il est essentiel que le nouveau gouvernement relance les réformes économiques et politiques dans le pays, et ce avec détermination et des résultats à la clé", a dit Rehn.
Le commissaire finlandais a souligné en outre les lacunes du dossier de candidature turc, notamment sur les questions de la liberté d'expression et de la liberté religieuse dans cet Etat laïc, peuplé à majorité de musulmans.
"Nous avons besoin de constater des avancées concrètes dans le domaine des libertés fondamentales, notamment dans le respect de la liberté d'expression et de la liberté religieuse", a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie suédoise, Carl Bildt, a de son côté estimé que la victoire de l'AKP pouvait favoriser un rapprochement entre la Turquie et l'UE.
"Ils ont un mandat très clair pour poursuivre les réformes pro-européennes qu'ils réalisent depuis quelques années", a-t-il dit à des journalistes avant une réunion à Bruxelles.
La Grande-Bretagne, qui soutient l'adhésion de la Turquie, a exhorté l'UE à soutenir les efforts d'Erdogan.
"Il est très important que toute l'Europe soutienne le nouveau gouvernement qui sera formé en Turquie. Une situation politique stable et sûre en Turquie est totalement dans notre intérêt", a estimé le secrétaire au Foreign office, David Miliband, avant la même réunion.
Le commissaire européen à la Justice et la Sécurité, Franco Frattini, a estimé dans un entretien à La Repubblica qu'Erdogan avait rapproché la Turquie et l'UE sur les plans politique et économique. Il l'a exhorté à renforcer les droits de l'homme.
"Il doit continuer à prendre en compte les droits des minorités, et combattre encore le fondamentalisme", a dit Frattini.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 19h30
Son parti de centre-droit l'AKP, issu de la mouvance islamiste, est le grand vainqueur des législatives. Avec plus de 46% des suffrages, il obtient la majorité absolue au Parlement. Le Premier ministre a présenté la démission de son gouvernement ce lundi et il sera chargé de former la nouvelle équipe.
Grâce à cette performance, Tayyip Recep Erdogan marque des points. Les Turcs ont voté dimanche pour la stabilité. Mais accusé de vouloir islamiser la société, le Premier ministre devra prouver qu'il reste attaché à la laïcité. Et les femmes sont en première ligne. "La politique et la religion sont mélangées dit cette femme. Le pays se dirige vers une nouvelle ère. Je veux simplement dire "Réveille toi Ataturk !"
Laïcité mais aussi unité nationale, l'autre pilier de la République fondée par Mustapha Kemal Ataturk. Tayyip Recep Erdogan devra donc s'attacher à réconcilier Turcs et Kurdes. A Diyarbakir, la population kurde attend des choses simples: "Je vis dans un village dit cet homme et nous n'avons ni route, ni eau ni électricité. Nous voulons tout cela." Après 13 d'absence, les députés kurdes font leur retour au Parlement. Mais le dialogue s'annonce difficile.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 19h30
L'indice des cent valaurs vedettes de la bourse turque ont gagné 3,85% lundi. La victoire de l'AKP était attendue et ces dernières semaines la bourse d'Istanbul avait également progressé.
"Il n'y a pas de nervosité, affirme cet analyste turc, mais les investisseurs se posent quelques questions. Mais c'est trop tôt. Aujourd'hui ce n'est pas le bon jour pour discuter de l'avenir financier de la Turquie car nous sommes qu'au premier jour de la victoire de l'AK Parti".
L'AK Parti peut se targuer depuis 2002 de très bons résultats économiques : la forte diminution de l'inflation, le maintien d'un taux de croissance de 7%, et la réduction du déficit budgétaire à 0,7% du PIB l'an dernier, ont aidé les investissements étrangers à ateindre 15 millairds d'euros l'an dernier alors qu'ils dépassaient à peine 1 milliard en 2002. Hausse des titres boursiers mais aussi de la monnaie turque : la lire. "Je pense que la valeur du dollar et de l'euro va baisser, affirme une ménagère d'Istanbul qui sort de la banque; c'est pourquoi j'ai changé la monnaie étrangère que je possédais en lires turques. Je pense que l'économie turque va s'améliorer". Aujourd'hui, on peut clairement constater que les tensions politiques qui pourraient resurgir avec le maintien de l'AKP au pouvoir ne semblent pas inquiéter le milieu des affaires.
Par Françoise MICHEL AFP - Lundi 23 juillet, 18h13
ANKARA (AFP) - Les législatives ont sensiblement modifié la donne politique en Turquie avec un parti au pouvoir, issu de la mouvance islamiste, sorti renforcé du scrutin de dimanche face au camp laïc, dont l'armée, et le retour au Parlement des nationalistes et des Kurdes.L'événement
La victoire écrasante du Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a été saluée lundi par la Bourse d'Istanbul, son indice des valeurs vedettes clôturant sur un record historique à 55.625,44 points.
M. Erdogan a présenté lundi la démission de son gouvernement au président de la République Ahmet Necdet Sezer et devrait, en tant que chef du parti gagnant, être chargé de former la nouvelle équipe, probablement la semaine prochaine après l'annonce des résultats officiels.
Au pouvoir depuis près de cinq ans, l'AKP a obtenu 46,4% des voix, selon des résultats officieux diffusés par l'agence Anatolie.
La performance n'est pas mince. Comme l'a souligné M. Erdogan lui-même, c'est la deuxième fois en 50 ans qu'un parti au pouvoir améliore son score à l'occasion d'un nouveau scrutin.
Avec un tel pourcentage, l'AKP aura 340 députés sur 550, soit nettement plus que la moitié des sièges. Aux législatives de 2002, il avait recueilli 34% des voix (351 députés).
Paradoxalement, le nombre de parlementaires de l'AKP est cette fois moins élevé car une troisième force - Le Parti de l'action nationaliste (MHP) qui affiche des positions très fermes notamment sur l'Union européenne - fait son retour au Parlement où reviennent aussi des députés kurdes (au nombre de 24), sous l'étiquette "indépendant".
L'ambiance au Parlement promet d'ailleurs d'être plus animée, le MHP (14,2% des voix, 71 députés) étant intransigeant sur la question kurde.
Le principal parti d'opposition pro-laïque, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), recueille 20,8% des suffrages à peu près le même score qu'en 2002 (19 %) et aura 112 députés.
Ce scrutin anticipé était censé dénouer la grave crise qui a opposé au printemps M. Erdogan aux partisans de la laïcité, dont l'armée, qui soupçonnent le gouvernement de chercher à islamiser le pays, lorsque le Premier ministre a tenté d'imposer son candidat à la présidentielle.
"L'AKP a réussi à sortir la campagne de l'affrontement dont elle était issue. Erdogan, qui s'est fait réélire comme un président, a fait une campagne ciblée sur M. Tout le monde, axée sur la vie quotidienne et vantant les résultats économiques du gouvernement. L'AKP a bien compris qu'il fallait élargir sa base électorale pour devenir un parti populaire", souligne Jean Marcou chercheur à l'Institut français d'études anatoliennes d'Istanbul.
"La campagne du CHP sur la laïcité ne tenait pas la route", estime en revanche Ertugrul Günay, un transfuge de ce parti de centre gauche passé à l'AKP.
Les journaux soulignaient aussi que la menace voilée d'une intervention de l'armée dans la crise avait eu un effet boomerang, avec un sursaut "démocratique" des électeurs qui a profité au parti au pouvoir.
Les résultats montrent que l'armée "doit totalement cesser d'intervenir dans la politique", soulignait le quotidien Aksam (populaire) à propos de cette institution, gardienne des valeurs laïques dans un pays à 99% musulman où règne une stricte séparation entre religion et Etat.
Dans une première réaction à sa victoire, M. Erdogan s'est engagé dimanche soir, son épouse voilée à ses côtés à la tribune, à respecter les "principes fondateurs" de la République, dont le premier est la laïcité.
"L'élan en vue de la transformation et du développement (du pays) se poursuivra avec détermination avec le 60ème gouvernement", a-t-il assuré lundi.
Tout en restant prudent, Jean Marcou, prévoit que M. Erdogan ne devrait pas chercher à nouveau l'épreuve de force au Parlement en imposant un candidat à la présidentielle qui ne serait pas un "modéré".
"Pourquoi prendrait-il le risque d'une nouvelle crise, au risque de gâcher sa victoire ?", s'interroge-t-il.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 13h35
Des résultats non officiels donnent environ 46% des voix pour l'AKP, 20 pour les pro-laïques du CHP et 14 pour les nationalistes du MHP. L'AKP, le parti du premier ministre sortant turc devrait recueillir 340 sièges, soit nettement plus que la majorité absolue. Les pro-laïques en récolteraient 112. Le MHP nationaliste 71. Dans le camp de l'opposition pro-laïque, la défaite est amère. Les partisans du CHP espéraient renverser les rapports de force avec les islamistes modérés.
''Pour moi, ces résultats sont une terrible déception, explique cette militante du CHP. Je pensait que le peuple serait plus intelligent. Mais nous n'en sommes pas encore là. Ce n'est pas bon pour la Turquie". Du côté du MHP, on savoure le retour de ce mouvement nationaliste au parlement après 5 ans d'absence. Le parti mené par Devlet Bahceli n'avait pas atteint en 2002 le seuil des 10% de voix nécessaires à une représentation au parlement. Le MHP, parti de l'action nationaliste a des positions clairement eurosceptiques et prône le rétablissement de la peine de mort.
Ce matin à Istanbul, chacun faisait son analyse des résultats du scrutin. Pour ce Stambouliote, la victoire éclatante du parti islamiste modéré n'est pas une surprise. "Le MHP a pris des voix au CHP et est parvenu à entrer au parlement, ce qui n'était pas prévu. J'espère que c'est une bonne chose pour notre pays." Reste à voir comment les pro-laiques, dont fait partie l'armée, vont réagir à ces résultats, notamment lors de l'élection du président par le nouveau parlement.
Par Françoise MICHEL AFP - Dimanche 22 juillet, 16h39
ANKARA (AFP) - Les Turcs ont voté massivement dimanche pour des élections législatives très disputées qui leur offrent le choix entre reconduire le parti au pouvoir (AKP) issu de la mouvance islamiste ou soutenir des formations favorables à une stricte laïcité de l'Etat. Les bureaux de vote ont fermé dimanche à 17H00 locales (14H00 GMT).L'événement
Les sondages prédisent que le Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan (53 ans), soutenu par les classes populaires et les milieux d'affaires, sortira gagnant des élections.
Politique intérieure
Article détaillé : Politique de la Turquie.
La Turquie est une république parlementaire.
Le président est le chef de l’État et le premier ministre est le chef du gouvernement. Le président est nommé par l’assemblée nationale pour un mandat de 7 ans. Le président choisit le premier ministre.
Le pouvoir législatif est exercé par la Grande assemblée nationale de Turquie composée de 550 sièges renouvelés tous les 5 ans.
La constitution en vigueur date de 1982.
Ce scrutin anticipé est censé dénouer la crise politique qui a éclaté au printemps entre M. Erdogan et les pro-laïcs, dont l'armée, qui soupçonnent le gouvernement de chercher à islamiser en catimini les institutions.
M. Erdogan, qui s'est toujours défendu d'avoir des desseins "islamistes", a voté à Istanbul, ville dont il a été maire.
Figures de proue des laïcs, le président Ahmet Necdet Sezer, dont le mandat a expiré en mai, et le chef de l'état-major de l'armée, le général Yasar Büyükanit, ont voté sous les applaudissements à Ankara.
Dès l'ouverture des bureaux de vote, de longues files d'attente se sont formées en prévision d'une journée très chaude.
Une dizaine de millions d'électeurs sur plus de 42 millions ont dû quitter leurs lieux de vacances pour se rendre aux urnes.
"Je suis ici pour voter pour la démocratie. Nous n'avons pas manifesté pour rien", souligne Ali Cetin à Ankara, dans une allusion aux manifestations massives des pro-laïques en avril-mai contre le gouvernement. Dans un autre quartier de la capitale, des électeurs votent pour la "stabilité économique", incarnée selon eux par l'AKP.
Selon plusieurs sondages, l'AKP au pouvoir depuis 2002 obtiendrait environ 40% des voix, ce qui lui permettrait de rafler au minimum quelque 300 sièges sur les 550 du Parlement, soit plus que la majorité absolue.
Aux législatives de 2002, il avait recueilli 34% des voix (351 députés).
M. Erdogan n'a pas hésité à personnaliser le scrutin en annonçant qu'il quitterait la politique si son parti n'était pas en mesure de gouverner seul.
"Le scrutin devrait montrer que l'AKP a réussi son pari de devenir un parti classique de centre-droit malgré cinq ans d'usure du pouvoir", estime un diplomate européen.
Quel que soit le score de l'AKP, le Parlement devrait changer de physionomie avec l'arrivée annoncée d'un troisième parti d'opposition, le Parti de l'action nationaliste (MHP), en plus de l'actuel Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), tous deux défenseurs de la laïcité.
Les sondages prédisent aussi l'élection de députés "indépendants", en particulier pro-kurdes, qui ont choisi cette étiquette pour échapper au barrage des 10% de voix au niveau national, nécessaires à un parti pour entrer au Parlement selon un mode de scrutin à la proportionnelle.
M. Erdogan a été contraint d'avancer les législatives prévues en novembre après avoir échoué à imposer au Parlement son candidat à la présidence, le chef de la diplomatie Abdullah Gül, ex-figure de la mouvance islamiste.
L'armée, qui a fait tomber quatre gouvernements depuis 1960, avait aussi lancé une mise en garde contre toute atteinte à la laïcité, essence même de la nation fondée en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk et peuplée officiellement de 99% de musulmans.
Il n'est cependant pas certain que le scrutin de dimanche permette de surmonter la crise qui pourrait refaire surface lors de l'élection du président par le nouveau Parlement, si l'AKP refuse de présenter un candidat de compromis.
Une série d'incidents liés aux élections a fait 17 blessés dans le pays où les derniers bureaux de vote fermeront à 14H00 GMT.
Les premières estimations sont attendues à partir de 18H00 GMT.
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