1920-1923 : guerre républicaine menée par Mustafa Kemal ; 29 octobre 1923 : Mustafa Kemal fonde la République turque et en devient le premier président. ; 1923 : création du parti unique Cumhuriyet Halk Partisi (Parti républicain du peuple). Début des réformes kémalistes. ; 1930 : Création d'un parti d'opposition dissou trois mois plus tard.
1934 : Les femmes obtiennent le droit de vote et deviennent éligibles. 1938 : mort de Kemal Atatürk ; le nouveau président, désigné par le parlement, est İsmet İnönü
1945 : Fin du système de parti unique ; 1946 : Création du Demokrat Parti
27 mai 1960 : Coup d'état militaire ; Adnan Menderes et deux autres figures importantes de Demokrat Parti sont jugés par un tribunal spécial et pendus pour cause de haute trahison en 1961. ; 12 mars 1971 : Coup d'état militaire ; démission de Süleyman Demirel ; répression violente de la gauche et des Kurdes ; limitations à la liberté de la presse et aux droits syndicaux. ; 12 septembre 1980 : Coup d’état militaire ; 30 000 arrestations ; dissolution du parlement et interdiction des partis politiques. Kenan Evren président.
Novembre 1982 : Nouvelle constitution ; les anciens partis restent interdits.
Décembre 1983 : L'Anavatan Partisi nouvellement créé gagne les législatives ; Turgut Özal premier ministre ; virage libéral (privatisations) et islamique (enseignement religieux obligatoire).
1996 : Gouvernement islamiste de Necmettin Erbakan, renversé par l’armée en 1997 ; Mesut Yılmaz premier Ministre ; Novembre 2002 : Arrivée au pouvoir du parti AKP ; Recep Tayyip Erdoğan premier Ministre en mars 2003.
Religion
La religion principale de la Turquie est l’islam, majoritairement sunnite hanafite (branche de l'islam) avec d'importantes communautés chiites. Aujourd’hui, les alévis représenteraient environ 25 % de la population turque.
Il y a également des minorités orthodoxes et juives, surtout à İstanbul et İzmir. Et catholiques au sud du pays surtout a Mersin.
Un autre groupe religieux est celui des Sabbatéens.
Une enquête publiée en décembre 2004 dans le Wall Street Journal version européenne annonce que 95 % des Turcs sont musulmans et 72 % observent les prescriptions de l’islam.
[modifier] La Laïcité en Turquie
Alors que la constitution du 20 janvier 1921[2] ne mentionnait pas la religion, la loi constitutionnelle du 29 octobre 1923 modifie l’article 2 en indiquant que « la religion de l’État turc est l’islam » (Türkiye Devletinin dini, Dîn-i İslâmdır). Cette mention est conservée dans la constitution du 20 avril 1924[3] (dont l’article 75 proclame pourtant la liberté de conscience et de culte - à condition qu’elles ne s’opposent pas aux lois), supprimée le 11 avril 1928 et remplacée le 10 décembre 1937 par « l’État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur » (Türkiye Devleti, Cumhûriyetçi, Milliyetçi, Hâlkçı, Devletçi, Laik ve İnkılâpçı’dır), les « six principes d’Atatürk ».
Tout cela s’est traduit sous Atatürk par :
l’accord du droit des votes aux femmes en 1934 ;
la fermeture de certains lieux de pèlerinage ;
l’interdiction des confréries religieuses (nakşibendis, nurcus,…) ;
l’interdiction du port du voile pour les femmes dans les administrations et écoles publiques.
...
Certaines de ces mesures ont été abolies lors de l’accession au pouvoir du Demokrat Parti (Parti démocrate) d’Adnan Menderes en 1950, mais la religion est restée sous contrôle de l’État.
Bien que des réformes allant dans le sens de la laïcité aient été accomplies sous Atatürk (abolition du califat, etc.), la Turquie n’est pourtant pas un état strictement laïc dans le sens où il n’y a pas de séparation entre la religion et l’État mais plutôt une mise sous tutelle de la religion par l’État ; chacun reste cependant libre de ses croyances. C’est ainsi que la religion est mentionnée sur les papiers d’identité et qu’il existe une administration dite « Présidence des affaires religieuses »[4] (diyanet) qui instrumentalise parfois l’islam pour légitimer l’État et qui gère les 77.500 mosquées du pays. Seul le culte musulman est financé, les autres cultes devant au contraire assurer un fonctionnement financièrement autonome, quand ils ne rencontrent pas d'obstacle administratif à ce même fonctionnement. À certaines périodes de la République turque (sous Turgut Özal) l’enseignement religieux dans le secondaire est même devenu obligatoire. Malgré la mise en place de la politique laïque en Turquie, la proportion de la population chrétienne est passée de 10% en 1920 à 0.3% au début du XXIe siècle, et a déjà subit des agressions en raison de la religion[5].
Politique intérieure
Article détaillé : Politique de la Turquie.
La Turquie est une république parlementaire.
Le président est le chef de l’État et le premier ministre est le chef du gouvernement. Le président est nommé par l’assemblée nationale pour un mandat de 7 ans. Le président choisit le premier ministre.
Le pouvoir législatif est exercé par la Grande assemblée nationale de Turquie composée de 550 sièges renouvelés tous les 5 ans.
La constitution en vigueur date de 1982.
La Turquie kémaliste
Kemal Atatürk
Après s'être débarrassé de toute opposition, Mustafa Kemal modifie le mode de fonctionnement de l'Assemblée Nationale. Dorénavant, les députés seront choisis exclusivement parmi les membres du Parti républicain du peuple, qui devient de fait parti unique. Les membres du parti sont désignés par le président du parti qui est Mustafa Kemal, et le Président de la République est élu par les députés de l'Assemblée. Le système électoral est dès lors fermé et plus aucune opposition ne se manifeste alors au sein du parlement.
Le parlement renouvelle le mandat présidentiel de Mustafa Kémal en 1927, 1931 et 1935 qui refuse de devenir président à vie. En 1930, il déclare :
« Je ne mourrai pas en laissant l'exemple pernicieux d'un pouvoir personnel. J'aurai fondé auparavant une République libre, aussi éloignée du bolchevisme que du fascisme[12]. »
Le verrouillage politique du pays lui permet de mener la révolution qu'il souhaite mettre en œuvre : la Révolution à toute vapeur. Il entreprend la construction de la nouvelle Turquie mais il se heurte à un problème de financement : les caisses de l'État sont vides. Il se voit conseillé de recourir au crédit étranger. Or d'après lui, « le meilleur moyen de perdre son indépendance, c'est de dépenser l'argent qu'on ne possède pas. » Il a en mémoire les effets qu'a eu la dette ottomane sur l'Empire Ottoman et sur l'économie du pays, et il pense qu'en ayant recours aux capitaux étrangers, la Turquie perdrait une partie de son indépendance.
Pour financer ses projets, il décide de créer plusieurs banques, comme la Sumer Bank et la Eti Bank patronnées par la Merkez Bankasi (la banque centrale-1930). Ces banques drainent les capitaux pour mettre en œuvre des plans de développement économique.
Grâce à ces sources de financement, des milliers de kilomètres de routes sont construits ainsi que plusieurs centaines de ponts, un réseau de chemins de fer est créé, ce qui permet de désenclaver l'Anatolie pour accéder à un développement économique homogène. L'agriculture est revalorisée, les paysans disposent de plus de moyens et d'outils agricoles, leurs fermes deviennent plus spacieuses et plus propres. Et pour la première fois de leur histoire, ils peuvent épargner pour préparer l'avenir de leurs enfants.
Le gouvernement kémaliste entreprend avec l'aide de l'URSS d'importants plans d'industrialisation. Des dizaines de centrales électriques sont ainsi construites pour l'industrie naissante. Des dizaines de fabriques de sucres et de ciments sont créées. Suivies par des verreries et des fabriques de céramiques, des fonderies, des aciéries et des usines de produits chimiques.
[modifier] Une opposition docile
Au début des années 1930, l'abstention augmente en Turquie. En effet, le peuple ne pouvant s'exprimer librement préfére s'abstenir. Mustafa Kemal sentant que lui, le parti et le parlement se coupent peu à peu du peuple décide de créer un parti d'opposition de toutes pièces. Ce parti doit à la fois être indépendant et docile, il doit être critique sans porter atteinte au prestige du président.
Le Parti républicain libéral est ainsi mis en place pour les élections législatives d'août 1930. C'est son ami Fethi Okyar qui devient président du parti. Il est rejoint par une douzaine d'anciens députés avec parmi eux Adnan Menderes et Makboulé Atadan, sœur de Mustafa Kemal. Ce dernier prend soin d'expliquer à Fethi ce qu'il attend de lui, en particulier sur les attaques contre son gouvernement et lui confie « Je ne veux pas mourir avant d'avoir vu, en Turquie, la disparition d'un pouvoir personnel. Je veux que la République devienne entièrement démocratique »[13].
Fort du soutien de Mustafa Kemal, Fethi se présente à la circonscription d'Izmir et y tient un meeting où il attaque le gouvernement. Mais des coups de pistolets ont été tirés, la panique fait un mort, la police intervient, disperse l'auditoire et arrête tous les dirigeants du nouveau parti. Mustafa Kemal doit intervenir en personne pour faire libérer Fethi et les opposants et il donne l'ordre à la police de désormais protéger les meetings.
Quelques jours plus tard, Fethi monte à la tribune de l'Assemblée nationale et critique la politique économique d'Ismet Inonu. Mais une bagarre éclate rapidement au sein de l'Assemblée entre députés des deux partis, Mustafa Kemal est contraint de faire évacuer la salle. Dans son œuvre de "démocratisation" de la Turquie, il décide de supprimer la censure dont a été victime la presse.
[modifier] Une véritable opposition
La liberté d'expression va permettre aux journalistes de critiquer fortement Kemal et sa politique à travers des articles ou des caricatures. Des monarchistes, des anciens d'Union et Progrès et des communistes se regroupent autour de Fethi pour critiquer le gouvernement. Dans le même temps, une grève menée par des communistes touche Izmir et des émeutes éclatent dans le Kurdistan. Mustafa Kemal décide de dissoudre le parti le 17 novembre 1930 suite aux évènements d'Izmir[11].
La révolte de Menemen éclate non loin d'Izmir en décembre 1930. Elle est menée par un imam qui affirme être un prophète envoyé par Dieu, et qui lance des critiques acerbes contre le gouvernement. Il appelle les Turcs à se révolter contre le gouvernement kémaliste. Lors d'un de ses meetings, la police intervient pour disperser la foule, mais les militants se jettent à l'attaque des policiers. Devant cette résistance inattendue, le gouvernement décide alors d'envoyer un corps d'armée, mais celui-ci refuse de combattre. La sédition gagne rapidement d'autres villes turques, comme Konya, et Bursa.
Devant la rébellion, Mustafa Kemal décide de revenir à l'ancien système, il proclame l'État de siège, supprime la liberté de la presse et fait intervenir l'armée dans les régions qui se sont révoltées. Les troupes du Cheikh Mehmed se font rapidement juger et emprisonner. L'ordre revient rapidement, mais Kémal est déçu par la tournure qu'ont pris les événements. Il souhaitait créer une « opposition constructive », qui démocratiserait la Turquie, mais c'est finalement le contraire qui s'est produit.
[modifier] Fin provisoire du multipartisme
Au printemps 1932, Mustafa Kemal déclare :
« Que le peuple ne s'occupe pas de politique pour le moment. Qu'il se consacre à l'agriculture, au commerce et à l'industrie. Il faut que je gouverne ce pays pendant dix ou quinze ans encore. Après cela, nous verrons s'il est capable de se diriger lui-même... »
Pour les élections de 1932, il décide de revenir au système électoral précédent, seul le Parti Républicain du Peuple a le droit de présenter des candidats. Mais il tente de rajeunir le parti, et d'y faire adhérer des hommes et des femmes d'origines modestes, des paysans en particulier. Pour avoir une petite opposition au sein du parlement, il désigne douze députés indépendants qui ont pour mission de critiquer l'action gouvernementale.
Kemal se rend compte que les réformes mises en œuvre par son gouvernement ne sont pas populaires. Le régime décide donc de se projeter dans un autre cadre, passant du cadre réformiste à un cadre révolutionnaire. Pour ce faire, plusieurs délégations sont envoyées en Italie fasciste et en URSS, afin d'étudier les ressorts de ces deux révolutions.
Sous cette double influence, le régime kémaliste s'oriente vers une politique de mobilisation des masses à parti unique, en créant des Maison du peuple qui ont pour mission de répandre la “bonne parole” du parti. La jeunesse turque est transformée en fer de lance de la révolution kémaliste à travers des associations de jeunesse officielles. Cependant le régime Kémaliste ne se transformera jamais vraiment en régime fasciste, et encore moins en régime communiste[14]. Le modèle reste celui d'une modernisation autoritaire du pays, sans référence idéologique unique.
Sur le plan international, la Turquie se rapproche de l'Iran du Chah Reza Pahlavi et de l'Afghanistan qui voyaient avec admiration les réformes menées par Atatürk. Reza Pahlavi va tenter de mener une révolution comparable à la révolution kémaliste dans son pays.
Par ailleurs, Atatürk s'appuie contre l'Union Soviétique sur la politique semi-libérale menée par Celal Bayar et son conseiller Hirsch. Contre le nazisme, il se réconcilie avec la Grèce de Venizélos - qui proposera Atatürk à l'élection du prix Nobel de la paix à la fin des années 1930 - et de la France. Il se rapproche également de la Yougoslavie et de la Roumanie pour verrouiller les Balkans à l'influence de l'Allemagne nazie. Pour "irriter" encore un peu plus les nazis, il nomme un juif dönmeh à la tête du ministère des Affaires étrangères.
Quand un grand journaliste autrichien, Emil Ludwig lui rapporte en 1935 que Mussolini a beaucoup de sympathie pour lui, Atatürk se met en colère et traite le chef d'État italien de « hyène » à cause de la guerre d'Éthiopie.[15]
« Vous osez me comparer à cette hyène ! Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous dites ! Jamais je n'accepterai que l'on me compare à cet homme qui écrase l'Éthiopie sous les bombes.[16] »
Mustafa Kemal prononce à l'époque plusieurs discours qui resteront célèbres : celui relatant la Guerre d’indépendance et la fondation de la République (nutuk) les 15 et 20 novembre 1927 ainsi que son discours de la 10e année le 29 octobre 1933.
Face aux émeutes dans certaines villes de la Thrace comme Edirne, Tekirdag, Kırklareli et Çanakkale visant la communauté juive, Mustafa Kemal intervient énérgiquement et ordonne que l'ordre soit rétabli rapidement. Voyant dans ces émeutes anti-juifs l'influence directe des agents secrets allemands, il fait savoir que l'antisémitisme ne sera jamais toléré en Turquie. D'ailleurs c'est lui qui a ouvert la porte en 1933 à 150 universitaires allemands d'origine juive, qui avaient perdu leurs postes en Allemagne, en leur proposant de s'installer et de travailler en Turquie. Ces universitaires ont largement contribué à la réforme universitaire de 1933 qui a permis la création de l'Université d'Istanbul.
Conformément à la loi sur les noms de famille, le parlement donne le 24 novembre 1934 à Mustafa Kemal le patronyme de Kâmal (ce qui veut dire, forteresse) Atatürk, qui signifie non pas « père des Turcs » mais plutôt « Turc ancêtre », « Turc père » ; il abandonne alors le prénom Mustafa pour se nommer Kemal Atatürk. Le peuple turc suivra le mouvement en prenant lui aussi des noms de familles. Dans la foulée, le gouvernement renomme les principales villes turques, Angora devient Ankara, Smyrne devient Izmir, etc.
La laïcité en France présente trois caractéristiques principales. Elle repose premièrement sur une institutionnalisation de la séparation entre Eglise et Etat, fondement de l'exercice d'une effective liberté de conscience. Elle est ensuite le produit du combat des idéologues de la laïcisation. Enfin, la laïcité a pour pendant une déchristianisation croissante de la société française au profit d'une mosaïque religieuse et culturelle aux frontières mouvantes. FNSP.
Laïcité, modernisme et islamisme en Turquie
Le renouveau des mouvements islamistes auquel on assiste dans la plupart des pays musulmans depuis la fin des années 1970, renvoie à la question de savoir si l'islam est compatible avec la démocratie. Cette interrogation est très liée aux rapports de pouvoir qu'entretiennent, dans ces pays, élites occidentalisées et sociétés musulmanes. La nature autoritaire de la modernisation entamée dans de nombreux Etats musulmans depuis le XIXe siècle est sans doute à l'origine des déboires ultérieurement rencontrés par la démocratie en ces pays. CPC.
La laïcité à l'épreuve de l'exode rural
L'urbanisation qui a entraîné au cours des quarante dernières années une explosion urbaine, allant du quintuplement au décuplement des agglomérations de Turquie, d'Iran et d'Egypte, s'est accompagnée d'un processus de ré-islamisation particulièrement sensible dans ces sociétés urbaines. Pourrait-on alors transposer l'hypothèse avancée par Gilles Kepel pour décrire le cas de la France et postuler que l'affirmation de l'appartenance à l'islam constitue, de façon générale, un des modes privilégiés de sédentarisation en société urbaine ? L'étude de la Turquie offre plusieurs éclairages allant dans ce sens. CPC.
La demande d'islam en banlieue : un défi à la citoyenneté ?
Le référent islamique a servi, dans les banlieues françaises, de support à diverses formes de mobilisation collective. Les différents registres d'action collective et leurs interactions avec l'environnement sont étudiés afin de mieux cerner la capacité de régulation sociale du religieux islamique et son potentiel de civilité pour compenser l'anomie des banlieues. JC.
Rusen ÇAKIR , Jean MARCOU
L'armée turque et le laïcisme
L'armée turque a été façonnée selon un modèle occidental et, donc, officiellement dépolitisée. Elle n'en est pas moins intervenue à plusieurs reprises dans la vie politique du pays. Actuellement protectrice de la Constitution, l'armée reste formée aux stricts principes kémalistes dont le plus important est celui de la laïcité. Cependant, plusieurs enquêtes sociologiques font apparaître qu'elle ne s'opposerait pas par les armes à l'éventuel avènement du Parti de la Prospérité, Refah Partisi, à la condition que celui ci ne remette pas en cause les principes modernistes et démocratiques. FNSP.
Les partis politiques turcs, l'islamisme et la laïcité
Les partis politiques turcs sont désormais confrontés au piège de la notion de laïcité, et plus particulièrement de la relation entre islam et Etat. L'idéologie laïque officielle et autoritaire sur laquelle repose la République turque a été démystifiée au bénéfice des islamistes, mais ce changement laisse enfin entrevoir un islam pluriel. Cependant, la notion nouvelle de répression des actes "anti laïques" donne au débat un nouvel aspect, posant la question des libertés publiques et de la liberté de conscience. FNSP.
Ali Vahit TURHAN
Islam et laïcité. Compte-rendu d'un colloque international à l'Université de Galatasaray, Istanbul, 22/24 septembre 1994", par Ural MANÇO Le colloque "Islam et Laïcité" a été co-organisé par l'Equipe de Recherches interdisciplinaires sur les Sociétés méditerranéennes musulmanes non arabes (ERISM) de l'Institut national des Langues et Civilisations orientales (Paris) et l'Institut français d'Etudes anatoliennes (IFEA) d'Istanbul. La rencontre s'articulait autour d'une trentaine de communications réparties en cinq ateliers: (1) Réflexions sur la laïcité, les relations Etat/religion dans les pays de l'Europe occidentale; (2) Islam et la laïcité dans les Balkans; (3) Que reste il de la laïcité kémaliste en Turquie? Retour de l'islam/maintien de la laïcité; (4) Islam face aux Etats, résistances islamiques. La redynamisation de la religion dans les pays musulmans issus de l'ancienne Union soviétique; (5) L'immigration et de l'interculturalité, les Musulmans de France face à la laïcité française. Dans sa présentation de la rencontre, Michel Bozdemir (ERISM) a précisé que les premières expériences laïcistes du monde musulman ont eu lieu en marge du centre arabe. Deux modèles laïques ont dominé l'islam périphérique: le marxisme et le kémalisme. A l'heure où le modèle soviétique s'est écroulé et où le modèle kémaliste donne des signes d'essoufflement, la laïcité divise profondément les sociétés musulmanes. Est il impossible d'envisager un consensus entre les tenants de l'islam et ceux de la laïcité? L'islam peut il apporter des réponses cohérentes aux problèmes des sociétés complexes nés de changements sociaux rapides appelant de plus en plus à une séparation du spirituel et du profane? Le colloque avait pour but de contribuer à une approche comparative et pluridisciplinaire d'un thème sensible. UM.
L'élection est la désignation, par le vote d'électeurs, de personnes destinées à occuper une fonction politique, économique ou sociale.
La Turquie élit au niveau national un chef d'état - président de la république -, et une assemblée parlementaire. La Grande assemblée nationale de Turquie (Türkiye Büyük Millet Meclisi) est le parlement monocamériste de la Turquie et est ainsi le détenteur du Pouvoir législatif. L'assemblée compte 550 membres élus pour un mandat de cinq ans à la proportionnelle. Pour qu'un parti soit représenté au parlement, il doit présenté un candidat dans au moins la moitié des provinces de la Turquie, il doit par ailleurs obtenir un minimum de 10% des voix au niveau national.
Le président de la république est élu par le parlement pour un mandat de sept ans.
La Turquie a un système politique multipartiste, les différents partis doivent le plus souvent former des coalitions pour pouvoir gouverner.
[modifier] Dernières élections
Résultats des élections législatives du 3 novembre 2002.
Parti
Suffrages
% des exprimés
% Sièges
Parti pour la justice et le développement (AKP)
10,779,489
34.3%
363<
Parti républicain du peuple (CHP)
6,099,083
19.4%
178
Parti de la juste voie (DYP)
3,004,842
9.5%
0
Parti d’action nationaliste (MHP)
2,622,545
8.3%
0
Parti jeune (GP)
2,277,651
7.2%
0
Parti démocratique du peuple (DHP)
1,953,627
6.2%
0
Parti de la mère patrie (ANAP)
1,610,708
5.1%
0
Parti démocratique de la gauche (DSP)
385,950
1.2%
0
Autres
2,714,533
8.6%
*
Total
31,448,428
550
mercredi 25 juillet 2007
ankara
ANKARA (AFP) - Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül a fait comprendre mercredi qu'il demeurait candidat à la présidence, en raison de la victoire écrasante du parti au pouvoir aux législatives de dimanche, lors d'une conférence de presse à Ankara.
La candidature de cet ex-islamiste à la présidentielle est à l'origine de la grave crise institutionnelle du printemps entre le Parti de la justice et du développement (AKP) et le camp pro-laïc, qui a entraîné les élections anticipées de dimanche.
"Je ne peux pas ignorer la volonté du peuple (...), les signes" en faveur d'une candidature lors des meetings de campagne électorale, a-t-il expliqué, alors que "Gül président" était devenu l'un des slogans des militants de l'AKP avant le scrutin.
"Personne ne peut interdire un candidat. Rien n'empêche que je sois candidat", a-t-il insisté.
Pressé de répondre s'il serait à nouveau candidat à la plus haute fonction, il a dit que sa décision était "très claire", se refusant toutefois à annoncer franchement sa candidature.
"Il n'est pas nécessaire de brusquer les choses", a-t-il ajouté, soulignant que le processus de l'élection présidentielle devait continuer dans un climat de "grande maturité politique dans la direction indiquée par les résultats".
L'AKP, issu de la mouvance islamiste, a remporté une victoire écrasante aux législatives avec 46,4 % des voix, selon des résultats officieux.
"Je crois que les autres partis au Parlement vont prendre en considération le score de près de 50% que nous avons obtenu", a-t-il ajouté.
Dans une première réaction, le principal parti d'opposition pro-laïque (CHP, social-démocrate) a répété son rejet de la candidature de M. Gül, selon l'agence Anatolie.
"Nous ne soutiendrons pas une personne qui n'épouse pas les principes d'Atatürk", père fondateur de la Turquie comme Etat laïc, a déclaré le vice-président du CHP, Mustafa Özyürek, ajoutant que le parti boycotterait la séance du Parlement consacrée à l'élection du président.
C'est la décision du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan d'imposer la candidature à la présidence de M. Gül, son bras droit, qui a été le détonateur de la crise entre le gouvernement et le camp pro-laïc, dont les militaires, en avril-mai.
L'armée, qui a renversé quatre gouvernements depuis 1960, a lancé une mise en garde le 27 avril au gouvernement contre toute remise en cause de la laïcité, principe fondateur de ce pays peuplé officiellement à 99 % de musulmans.
Des millions de Turcs sont aussi descendus dans la rue à l'appel des partis pro-laïques, refusant de voir un homme politique dont l'épouse porte le voile accéder à la présidence.
Pour sortir de l'impasse, M. Erdogan avait alors décidé d'avancer les législatives prévues en novembre.
La première tache du nouveau Parlement où l'AKP disposera de la majorité absolue avec 340 sièges (sur 550) sera d'élire un nouveau chef de l'Etat, vraisemblablement à la fin août ou en septembre.
Malgré sa victoire écrasante, l'AKP ne dispose cependant pas à lui tout seul des 2/3 des voix nécessaires à l'élection du président lors des deux premiers tours de scrutin.
Le mandat de l'actuel président Ahmet Necdet Sezer, figure de proue du camp laïc, a expiré en mai dernier.
Les résultats officiels de l'élection doivent être annoncés jeudi.
- Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a réuni mardi son dernier conseil des ministres après sa large victoire aux législatives de dimanche qui lui confère un nouveau mandat à la tête du pays pour cinq ans.
Lundi, il a remis la démission de son gouvernement au président de la république Ahmet Necdet Sezer, un pure formalité, puisque dans les prochains jours M. Sezer devrait lui confier la tâche de former le prochain cabinet.
D'ici là, M. Sezer a demandé à M. Erdogan d'expédier les affaires courantes.
Le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) a recueilli 46,4% des voix, selon les résultats officieux, obtenant largement la majorité absolue au Parlement où il gouvernera seul.
Les résultats officiels du scrutin doivent être publiés jeudi, a indiqué le président de la commission électorale Muammer Aydin.
Le Parlement devra se réunir dans les cinq jours, c'est-à-dire, le mardi 31 juillet, pour la prestation de serment des nouveaux députés suivie quelques jours plus tard de l'élection de son président.
L'une de ses premières tâches sera d'élire, vraisemblablement à la fin août ou en septembre, le nouveau chef de l'Etat.
Cette question a été le détonateur de la crise politique du printemps quand M. Erdogan a tenté d'imposer son candidat à la présidentielle et s'est heurté au camp laïc, dont l'armée.
Pour sortir de l'impasse, il a convoqué des élections anticipées, théoriquement prévues en novembre.
Le nouveau gouvernement, le 60e depuis la création de la république turque en 1923, pourrait comprendre deux ministres femmes au lieu d'une dans la précédente équipe, selon la presse.
De nouvelles personnalités pourraient aussi y faire leur entrée, comme Ertugrul Günay, un transfuge du parti de centre-gauche CHP (opposition) passé à l'AKP et pressenti au ministère du Travail.
Mehmet Simsek, un ancien économiste à la banque américaine Merrill Lynch, pourrait aussi être chargé d'un ministère économique.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 20h20
Recep Tayyip Erdogan en fin tacticien a obtenu dimanche une majorité claire pour un second mandat. Né dans un quartier pauvre d'Istanbul, Erdogan devient maire de la ville en 1994. Sa gestion de la plus grande ville du pays lui permet de se faire remarquer. Mais la justice s'intéresse à lui pour ce poème : "Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes nos casques et les fidèles nos soldats". Ces paroles lui valent en 1997 quatre mois de prison. Il est aussi privé de ses droits politiques. Dans le même temps, son parti, le Refah, se voit contraint sous la pression de l'armée de quitter le pouvoir obtenu en 1995. Le parti, issu de la mouvance islamiste, est dissous. Ces évènements font comprendre à Erdogan qu'il est temps de créer une nouvelle force politique plus moderne, plus ouverte.Le parti de la Justice et du Développement AKP voit le jour en 2001 et remporte l'année suivante les législatives. Erdogan toujours sous le coup de l'interdiction d'exercer des mandats politiques publics doit attendre mars 2003 pour que sa majorité modifie la loi. Fidèle à son pragmatisme, Erdogan signe l'ouverture des négociations d'adhésion européenne en 2005. Une preuve pour lui que l'AKP peut être un parti musulman-démocrate comme d'autres en Europe se proclament chrétiens-démocrates. Mais, malgré son européanisme, les Turcs laïcs demeurent suspicieux. Le pays s'enfonce dans la crise au printemps à l'occasion de l'élection par le parlement du nouveau chef de l'Etat. Les laïcs soupçonnent Erdogan de vouloir islamiser les institutions du pays, ce que nie le Premier ministre. Pour débloquer la situation, des législatives anticipées sont organisées, un triomphe pour l'AKP. Recep Tayyip Erdogan devra maintenant faire preuve d'encore plus de pragmatisme. Car pour faire élire le nouveau président au suffrage universel il faut changer la Constitution. Et sa majorité est malgré tout insuffisante. Erdogan devra donc trouver un candidat de compromis.
Par Mark John et Marcin Grajewski Reuters - Lundi 23 juillet, 20h02
BRUXELLES (Reuters) - Responsables et diplomates européens ont félicité lundi le Premier ministre turc Tayyip Erdogan de la victoire remportée par son Parti de la justice et du développement (AKP) aux législatives organisées la veille.
"Cette victoire intervient à un moment important pour le peuple de Turquie, pays qui avance avec un engagement en faveur de réformes politiques et économiques", souligne dans un communiqué le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
"Le Premier ministre Erdogan s'est engagé personnellement en faveur d'un rapprochement durable avec l'Union européenne", ajoute-t-il.
La Turquie a entamé en 2005 des négociations en vue de son adhésion à l'UE, en dépit de l'opposition de certains pays membres à l'entrée de la Turquie dans l'Union.
Des résultats quasi complets créditent l'AKP de 46,5% des suffrages, soit 12 points de plus que lors des élections de 2002. Mais en raison de l'unité de l'opposition, la formation islamiste devrait hériter de 340 sièges sur 550, ce qui est moins que son total actuel.
Les négociations relatives à l'adhésion de la Turquie à l'UE sont actuellement au point mort, en raison d'un différend commercial relatif à Chypre et de l'hostilité du président français Nicolas Sarkozy à l'entrée de la Turquie dans l'UE.
"LIBERTES FONDAMENTALES"
Le commissaire à l'Elargissement, Olli Rehn, a rappelé en marge d'un sommet à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères de l'Union que l'évolution du dossier turc était soumis à plusieurs conditions.
"Il est essentiel que le nouveau gouvernement relance les réformes économiques et politiques dans le pays, et ce avec détermination et des résultats à la clé", a dit Rehn.
Le commissaire finlandais a souligné en outre les lacunes du dossier de candidature turc, notamment sur les questions de la liberté d'expression et de la liberté religieuse dans cet Etat laïc, peuplé à majorité de musulmans.
"Nous avons besoin de constater des avancées concrètes dans le domaine des libertés fondamentales, notamment dans le respect de la liberté d'expression et de la liberté religieuse", a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie suédoise, Carl Bildt, a de son côté estimé que la victoire de l'AKP pouvait favoriser un rapprochement entre la Turquie et l'UE.
"Ils ont un mandat très clair pour poursuivre les réformes pro-européennes qu'ils réalisent depuis quelques années", a-t-il dit à des journalistes avant une réunion à Bruxelles.
La Grande-Bretagne, qui soutient l'adhésion de la Turquie, a exhorté l'UE à soutenir les efforts d'Erdogan.
"Il est très important que toute l'Europe soutienne le nouveau gouvernement qui sera formé en Turquie. Une situation politique stable et sûre en Turquie est totalement dans notre intérêt", a estimé le secrétaire au Foreign office, David Miliband, avant la même réunion.
Le commissaire européen à la Justice et la Sécurité, Franco Frattini, a estimé dans un entretien à La Repubblica qu'Erdogan avait rapproché la Turquie et l'UE sur les plans politique et économique. Il l'a exhorté à renforcer les droits de l'homme.
"Il doit continuer à prendre en compte les droits des minorités, et combattre encore le fondamentalisme", a dit Frattini.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 19h30
Son parti de centre-droit l'AKP, issu de la mouvance islamiste, est le grand vainqueur des législatives. Avec plus de 46% des suffrages, il obtient la majorité absolue au Parlement. Le Premier ministre a présenté la démission de son gouvernement ce lundi et il sera chargé de former la nouvelle équipe.
Grâce à cette performance, Tayyip Recep Erdogan marque des points. Les Turcs ont voté dimanche pour la stabilité. Mais accusé de vouloir islamiser la société, le Premier ministre devra prouver qu'il reste attaché à la laïcité. Et les femmes sont en première ligne. "La politique et la religion sont mélangées dit cette femme. Le pays se dirige vers une nouvelle ère. Je veux simplement dire "Réveille toi Ataturk !"
Laïcité mais aussi unité nationale, l'autre pilier de la République fondée par Mustapha Kemal Ataturk. Tayyip Recep Erdogan devra donc s'attacher à réconcilier Turcs et Kurdes. A Diyarbakir, la population kurde attend des choses simples: "Je vis dans un village dit cet homme et nous n'avons ni route, ni eau ni électricité. Nous voulons tout cela." Après 13 d'absence, les députés kurdes font leur retour au Parlement. Mais le dialogue s'annonce difficile.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 19h30
L'indice des cent valaurs vedettes de la bourse turque ont gagné 3,85% lundi. La victoire de l'AKP était attendue et ces dernières semaines la bourse d'Istanbul avait également progressé.
"Il n'y a pas de nervosité, affirme cet analyste turc, mais les investisseurs se posent quelques questions. Mais c'est trop tôt. Aujourd'hui ce n'est pas le bon jour pour discuter de l'avenir financier de la Turquie car nous sommes qu'au premier jour de la victoire de l'AK Parti".
L'AK Parti peut se targuer depuis 2002 de très bons résultats économiques : la forte diminution de l'inflation, le maintien d'un taux de croissance de 7%, et la réduction du déficit budgétaire à 0,7% du PIB l'an dernier, ont aidé les investissements étrangers à ateindre 15 millairds d'euros l'an dernier alors qu'ils dépassaient à peine 1 milliard en 2002. Hausse des titres boursiers mais aussi de la monnaie turque : la lire. "Je pense que la valeur du dollar et de l'euro va baisser, affirme une ménagère d'Istanbul qui sort de la banque; c'est pourquoi j'ai changé la monnaie étrangère que je possédais en lires turques. Je pense que l'économie turque va s'améliorer". Aujourd'hui, on peut clairement constater que les tensions politiques qui pourraient resurgir avec le maintien de l'AKP au pouvoir ne semblent pas inquiéter le milieu des affaires.
Par Françoise MICHEL AFP - Lundi 23 juillet, 18h13
ANKARA (AFP) - Les législatives ont sensiblement modifié la donne politique en Turquie avec un parti au pouvoir, issu de la mouvance islamiste, sorti renforcé du scrutin de dimanche face au camp laïc, dont l'armée, et le retour au Parlement des nationalistes et des Kurdes.L'événement
La victoire écrasante du Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a été saluée lundi par la Bourse d'Istanbul, son indice des valeurs vedettes clôturant sur un record historique à 55.625,44 points.
M. Erdogan a présenté lundi la démission de son gouvernement au président de la République Ahmet Necdet Sezer et devrait, en tant que chef du parti gagnant, être chargé de former la nouvelle équipe, probablement la semaine prochaine après l'annonce des résultats officiels.
Au pouvoir depuis près de cinq ans, l'AKP a obtenu 46,4% des voix, selon des résultats officieux diffusés par l'agence Anatolie.
La performance n'est pas mince. Comme l'a souligné M. Erdogan lui-même, c'est la deuxième fois en 50 ans qu'un parti au pouvoir améliore son score à l'occasion d'un nouveau scrutin.
Avec un tel pourcentage, l'AKP aura 340 députés sur 550, soit nettement plus que la moitié des sièges. Aux législatives de 2002, il avait recueilli 34% des voix (351 députés).
Paradoxalement, le nombre de parlementaires de l'AKP est cette fois moins élevé car une troisième force - Le Parti de l'action nationaliste (MHP) qui affiche des positions très fermes notamment sur l'Union européenne - fait son retour au Parlement où reviennent aussi des députés kurdes (au nombre de 24), sous l'étiquette "indépendant".
L'ambiance au Parlement promet d'ailleurs d'être plus animée, le MHP (14,2% des voix, 71 députés) étant intransigeant sur la question kurde.
Le principal parti d'opposition pro-laïque, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), recueille 20,8% des suffrages à peu près le même score qu'en 2002 (19 %) et aura 112 députés.
Ce scrutin anticipé était censé dénouer la grave crise qui a opposé au printemps M. Erdogan aux partisans de la laïcité, dont l'armée, qui soupçonnent le gouvernement de chercher à islamiser le pays, lorsque le Premier ministre a tenté d'imposer son candidat à la présidentielle.
"L'AKP a réussi à sortir la campagne de l'affrontement dont elle était issue. Erdogan, qui s'est fait réélire comme un président, a fait une campagne ciblée sur M. Tout le monde, axée sur la vie quotidienne et vantant les résultats économiques du gouvernement. L'AKP a bien compris qu'il fallait élargir sa base électorale pour devenir un parti populaire", souligne Jean Marcou chercheur à l'Institut français d'études anatoliennes d'Istanbul.
"La campagne du CHP sur la laïcité ne tenait pas la route", estime en revanche Ertugrul Günay, un transfuge de ce parti de centre gauche passé à l'AKP.
Les journaux soulignaient aussi que la menace voilée d'une intervention de l'armée dans la crise avait eu un effet boomerang, avec un sursaut "démocratique" des électeurs qui a profité au parti au pouvoir.
Les résultats montrent que l'armée "doit totalement cesser d'intervenir dans la politique", soulignait le quotidien Aksam (populaire) à propos de cette institution, gardienne des valeurs laïques dans un pays à 99% musulman où règne une stricte séparation entre religion et Etat.
Dans une première réaction à sa victoire, M. Erdogan s'est engagé dimanche soir, son épouse voilée à ses côtés à la tribune, à respecter les "principes fondateurs" de la République, dont le premier est la laïcité.
"L'élan en vue de la transformation et du développement (du pays) se poursuivra avec détermination avec le 60ème gouvernement", a-t-il assuré lundi.
Tout en restant prudent, Jean Marcou, prévoit que M. Erdogan ne devrait pas chercher à nouveau l'épreuve de force au Parlement en imposant un candidat à la présidentielle qui ne serait pas un "modéré".
"Pourquoi prendrait-il le risque d'une nouvelle crise, au risque de gâcher sa victoire ?", s'interroge-t-il.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 13h35
Des résultats non officiels donnent environ 46% des voix pour l'AKP, 20 pour les pro-laïques du CHP et 14 pour les nationalistes du MHP. L'AKP, le parti du premier ministre sortant turc devrait recueillir 340 sièges, soit nettement plus que la majorité absolue. Les pro-laïques en récolteraient 112. Le MHP nationaliste 71. Dans le camp de l'opposition pro-laïque, la défaite est amère. Les partisans du CHP espéraient renverser les rapports de force avec les islamistes modérés.
''Pour moi, ces résultats sont une terrible déception, explique cette militante du CHP. Je pensait que le peuple serait plus intelligent. Mais nous n'en sommes pas encore là. Ce n'est pas bon pour la Turquie". Du côté du MHP, on savoure le retour de ce mouvement nationaliste au parlement après 5 ans d'absence. Le parti mené par Devlet Bahceli n'avait pas atteint en 2002 le seuil des 10% de voix nécessaires à une représentation au parlement. Le MHP, parti de l'action nationaliste a des positions clairement eurosceptiques et prône le rétablissement de la peine de mort.
Ce matin à Istanbul, chacun faisait son analyse des résultats du scrutin. Pour ce Stambouliote, la victoire éclatante du parti islamiste modéré n'est pas une surprise. "Le MHP a pris des voix au CHP et est parvenu à entrer au parlement, ce qui n'était pas prévu. J'espère que c'est une bonne chose pour notre pays." Reste à voir comment les pro-laiques, dont fait partie l'armée, vont réagir à ces résultats, notamment lors de l'élection du président par le nouveau parlement.
Par Françoise MICHEL AFP - Dimanche 22 juillet, 16h39
ANKARA (AFP) - Les Turcs ont voté massivement dimanche pour des élections législatives très disputées qui leur offrent le choix entre reconduire le parti au pouvoir (AKP) issu de la mouvance islamiste ou soutenir des formations favorables à une stricte laïcité de l'Etat. Les bureaux de vote ont fermé dimanche à 17H00 locales (14H00 GMT).L'événement
Les sondages prédisent que le Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan (53 ans), soutenu par les classes populaires et les milieux d'affaires, sortira gagnant des élections.
Politique intérieure
Article détaillé : Politique de la Turquie.
La Turquie est une république parlementaire.
Le président est le chef de l’État et le premier ministre est le chef du gouvernement. Le président est nommé par l’assemblée nationale pour un mandat de 7 ans. Le président choisit le premier ministre.
Le pouvoir législatif est exercé par la Grande assemblée nationale de Turquie composée de 550 sièges renouvelés tous les 5 ans.
La constitution en vigueur date de 1982.
Ce scrutin anticipé est censé dénouer la crise politique qui a éclaté au printemps entre M. Erdogan et les pro-laïcs, dont l'armée, qui soupçonnent le gouvernement de chercher à islamiser en catimini les institutions.
M. Erdogan, qui s'est toujours défendu d'avoir des desseins "islamistes", a voté à Istanbul, ville dont il a été maire.
Figures de proue des laïcs, le président Ahmet Necdet Sezer, dont le mandat a expiré en mai, et le chef de l'état-major de l'armée, le général Yasar Büyükanit, ont voté sous les applaudissements à Ankara.
Dès l'ouverture des bureaux de vote, de longues files d'attente se sont formées en prévision d'une journée très chaude.
Une dizaine de millions d'électeurs sur plus de 42 millions ont dû quitter leurs lieux de vacances pour se rendre aux urnes.
"Je suis ici pour voter pour la démocratie. Nous n'avons pas manifesté pour rien", souligne Ali Cetin à Ankara, dans une allusion aux manifestations massives des pro-laïques en avril-mai contre le gouvernement. Dans un autre quartier de la capitale, des électeurs votent pour la "stabilité économique", incarnée selon eux par l'AKP.
Selon plusieurs sondages, l'AKP au pouvoir depuis 2002 obtiendrait environ 40% des voix, ce qui lui permettrait de rafler au minimum quelque 300 sièges sur les 550 du Parlement, soit plus que la majorité absolue.
Aux législatives de 2002, il avait recueilli 34% des voix (351 députés).
M. Erdogan n'a pas hésité à personnaliser le scrutin en annonçant qu'il quitterait la politique si son parti n'était pas en mesure de gouverner seul.
"Le scrutin devrait montrer que l'AKP a réussi son pari de devenir un parti classique de centre-droit malgré cinq ans d'usure du pouvoir", estime un diplomate européen.
Quel que soit le score de l'AKP, le Parlement devrait changer de physionomie avec l'arrivée annoncée d'un troisième parti d'opposition, le Parti de l'action nationaliste (MHP), en plus de l'actuel Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), tous deux défenseurs de la laïcité.
Les sondages prédisent aussi l'élection de députés "indépendants", en particulier pro-kurdes, qui ont choisi cette étiquette pour échapper au barrage des 10% de voix au niveau national, nécessaires à un parti pour entrer au Parlement selon un mode de scrutin à la proportionnelle.
M. Erdogan a été contraint d'avancer les législatives prévues en novembre après avoir échoué à imposer au Parlement son candidat à la présidence, le chef de la diplomatie Abdullah Gül, ex-figure de la mouvance islamiste.
L'armée, qui a fait tomber quatre gouvernements depuis 1960, avait aussi lancé une mise en garde contre toute atteinte à la laïcité, essence même de la nation fondée en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk et peuplée officiellement de 99% de musulmans.
Il n'est cependant pas certain que le scrutin de dimanche permette de surmonter la crise qui pourrait refaire surface lors de l'élection du président par le nouveau Parlement, si l'AKP refuse de présenter un candidat de compromis.
Une série d'incidents liés aux élections a fait 17 blessés dans le pays où les derniers bureaux de vote fermeront à 14H00 GMT.
Les premières estimations sont attendues à partir de 18H00 GMT.
La candidature de cet ex-islamiste à la présidentielle est à l'origine de la grave crise institutionnelle du printemps entre le Parti de la justice et du développement (AKP) et le camp pro-laïc, qui a entraîné les élections anticipées de dimanche.
"Je ne peux pas ignorer la volonté du peuple (...), les signes" en faveur d'une candidature lors des meetings de campagne électorale, a-t-il expliqué, alors que "Gül président" était devenu l'un des slogans des militants de l'AKP avant le scrutin.
"Personne ne peut interdire un candidat. Rien n'empêche que je sois candidat", a-t-il insisté.
Pressé de répondre s'il serait à nouveau candidat à la plus haute fonction, il a dit que sa décision était "très claire", se refusant toutefois à annoncer franchement sa candidature.
"Il n'est pas nécessaire de brusquer les choses", a-t-il ajouté, soulignant que le processus de l'élection présidentielle devait continuer dans un climat de "grande maturité politique dans la direction indiquée par les résultats".
L'AKP, issu de la mouvance islamiste, a remporté une victoire écrasante aux législatives avec 46,4 % des voix, selon des résultats officieux.
"Je crois que les autres partis au Parlement vont prendre en considération le score de près de 50% que nous avons obtenu", a-t-il ajouté.
Dans une première réaction, le principal parti d'opposition pro-laïque (CHP, social-démocrate) a répété son rejet de la candidature de M. Gül, selon l'agence Anatolie.
"Nous ne soutiendrons pas une personne qui n'épouse pas les principes d'Atatürk", père fondateur de la Turquie comme Etat laïc, a déclaré le vice-président du CHP, Mustafa Özyürek, ajoutant que le parti boycotterait la séance du Parlement consacrée à l'élection du président.
C'est la décision du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan d'imposer la candidature à la présidence de M. Gül, son bras droit, qui a été le détonateur de la crise entre le gouvernement et le camp pro-laïc, dont les militaires, en avril-mai.
L'armée, qui a renversé quatre gouvernements depuis 1960, a lancé une mise en garde le 27 avril au gouvernement contre toute remise en cause de la laïcité, principe fondateur de ce pays peuplé officiellement à 99 % de musulmans.
Des millions de Turcs sont aussi descendus dans la rue à l'appel des partis pro-laïques, refusant de voir un homme politique dont l'épouse porte le voile accéder à la présidence.
Pour sortir de l'impasse, M. Erdogan avait alors décidé d'avancer les législatives prévues en novembre.
La première tache du nouveau Parlement où l'AKP disposera de la majorité absolue avec 340 sièges (sur 550) sera d'élire un nouveau chef de l'Etat, vraisemblablement à la fin août ou en septembre.
Malgré sa victoire écrasante, l'AKP ne dispose cependant pas à lui tout seul des 2/3 des voix nécessaires à l'élection du président lors des deux premiers tours de scrutin.
Le mandat de l'actuel président Ahmet Necdet Sezer, figure de proue du camp laïc, a expiré en mai dernier.
Les résultats officiels de l'élection doivent être annoncés jeudi.
- Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a réuni mardi son dernier conseil des ministres après sa large victoire aux législatives de dimanche qui lui confère un nouveau mandat à la tête du pays pour cinq ans.
Lundi, il a remis la démission de son gouvernement au président de la république Ahmet Necdet Sezer, un pure formalité, puisque dans les prochains jours M. Sezer devrait lui confier la tâche de former le prochain cabinet.
D'ici là, M. Sezer a demandé à M. Erdogan d'expédier les affaires courantes.
Le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) a recueilli 46,4% des voix, selon les résultats officieux, obtenant largement la majorité absolue au Parlement où il gouvernera seul.
Les résultats officiels du scrutin doivent être publiés jeudi, a indiqué le président de la commission électorale Muammer Aydin.
Le Parlement devra se réunir dans les cinq jours, c'est-à-dire, le mardi 31 juillet, pour la prestation de serment des nouveaux députés suivie quelques jours plus tard de l'élection de son président.
L'une de ses premières tâches sera d'élire, vraisemblablement à la fin août ou en septembre, le nouveau chef de l'Etat.
Cette question a été le détonateur de la crise politique du printemps quand M. Erdogan a tenté d'imposer son candidat à la présidentielle et s'est heurté au camp laïc, dont l'armée.
Pour sortir de l'impasse, il a convoqué des élections anticipées, théoriquement prévues en novembre.
Le nouveau gouvernement, le 60e depuis la création de la république turque en 1923, pourrait comprendre deux ministres femmes au lieu d'une dans la précédente équipe, selon la presse.
De nouvelles personnalités pourraient aussi y faire leur entrée, comme Ertugrul Günay, un transfuge du parti de centre-gauche CHP (opposition) passé à l'AKP et pressenti au ministère du Travail.
Mehmet Simsek, un ancien économiste à la banque américaine Merrill Lynch, pourrait aussi être chargé d'un ministère économique.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 20h20
Recep Tayyip Erdogan en fin tacticien a obtenu dimanche une majorité claire pour un second mandat. Né dans un quartier pauvre d'Istanbul, Erdogan devient maire de la ville en 1994. Sa gestion de la plus grande ville du pays lui permet de se faire remarquer. Mais la justice s'intéresse à lui pour ce poème : "Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes nos casques et les fidèles nos soldats". Ces paroles lui valent en 1997 quatre mois de prison. Il est aussi privé de ses droits politiques. Dans le même temps, son parti, le Refah, se voit contraint sous la pression de l'armée de quitter le pouvoir obtenu en 1995. Le parti, issu de la mouvance islamiste, est dissous. Ces évènements font comprendre à Erdogan qu'il est temps de créer une nouvelle force politique plus moderne, plus ouverte.Le parti de la Justice et du Développement AKP voit le jour en 2001 et remporte l'année suivante les législatives. Erdogan toujours sous le coup de l'interdiction d'exercer des mandats politiques publics doit attendre mars 2003 pour que sa majorité modifie la loi. Fidèle à son pragmatisme, Erdogan signe l'ouverture des négociations d'adhésion européenne en 2005. Une preuve pour lui que l'AKP peut être un parti musulman-démocrate comme d'autres en Europe se proclament chrétiens-démocrates. Mais, malgré son européanisme, les Turcs laïcs demeurent suspicieux. Le pays s'enfonce dans la crise au printemps à l'occasion de l'élection par le parlement du nouveau chef de l'Etat. Les laïcs soupçonnent Erdogan de vouloir islamiser les institutions du pays, ce que nie le Premier ministre. Pour débloquer la situation, des législatives anticipées sont organisées, un triomphe pour l'AKP. Recep Tayyip Erdogan devra maintenant faire preuve d'encore plus de pragmatisme. Car pour faire élire le nouveau président au suffrage universel il faut changer la Constitution. Et sa majorité est malgré tout insuffisante. Erdogan devra donc trouver un candidat de compromis.
Par Mark John et Marcin Grajewski Reuters - Lundi 23 juillet, 20h02
BRUXELLES (Reuters) - Responsables et diplomates européens ont félicité lundi le Premier ministre turc Tayyip Erdogan de la victoire remportée par son Parti de la justice et du développement (AKP) aux législatives organisées la veille.
"Cette victoire intervient à un moment important pour le peuple de Turquie, pays qui avance avec un engagement en faveur de réformes politiques et économiques", souligne dans un communiqué le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
"Le Premier ministre Erdogan s'est engagé personnellement en faveur d'un rapprochement durable avec l'Union européenne", ajoute-t-il.
La Turquie a entamé en 2005 des négociations en vue de son adhésion à l'UE, en dépit de l'opposition de certains pays membres à l'entrée de la Turquie dans l'Union.
Des résultats quasi complets créditent l'AKP de 46,5% des suffrages, soit 12 points de plus que lors des élections de 2002. Mais en raison de l'unité de l'opposition, la formation islamiste devrait hériter de 340 sièges sur 550, ce qui est moins que son total actuel.
Les négociations relatives à l'adhésion de la Turquie à l'UE sont actuellement au point mort, en raison d'un différend commercial relatif à Chypre et de l'hostilité du président français Nicolas Sarkozy à l'entrée de la Turquie dans l'UE.
"LIBERTES FONDAMENTALES"
Le commissaire à l'Elargissement, Olli Rehn, a rappelé en marge d'un sommet à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères de l'Union que l'évolution du dossier turc était soumis à plusieurs conditions.
"Il est essentiel que le nouveau gouvernement relance les réformes économiques et politiques dans le pays, et ce avec détermination et des résultats à la clé", a dit Rehn.
Le commissaire finlandais a souligné en outre les lacunes du dossier de candidature turc, notamment sur les questions de la liberté d'expression et de la liberté religieuse dans cet Etat laïc, peuplé à majorité de musulmans.
"Nous avons besoin de constater des avancées concrètes dans le domaine des libertés fondamentales, notamment dans le respect de la liberté d'expression et de la liberté religieuse", a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie suédoise, Carl Bildt, a de son côté estimé que la victoire de l'AKP pouvait favoriser un rapprochement entre la Turquie et l'UE.
"Ils ont un mandat très clair pour poursuivre les réformes pro-européennes qu'ils réalisent depuis quelques années", a-t-il dit à des journalistes avant une réunion à Bruxelles.
La Grande-Bretagne, qui soutient l'adhésion de la Turquie, a exhorté l'UE à soutenir les efforts d'Erdogan.
"Il est très important que toute l'Europe soutienne le nouveau gouvernement qui sera formé en Turquie. Une situation politique stable et sûre en Turquie est totalement dans notre intérêt", a estimé le secrétaire au Foreign office, David Miliband, avant la même réunion.
Le commissaire européen à la Justice et la Sécurité, Franco Frattini, a estimé dans un entretien à La Repubblica qu'Erdogan avait rapproché la Turquie et l'UE sur les plans politique et économique. Il l'a exhorté à renforcer les droits de l'homme.
"Il doit continuer à prendre en compte les droits des minorités, et combattre encore le fondamentalisme", a dit Frattini.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 19h30
Son parti de centre-droit l'AKP, issu de la mouvance islamiste, est le grand vainqueur des législatives. Avec plus de 46% des suffrages, il obtient la majorité absolue au Parlement. Le Premier ministre a présenté la démission de son gouvernement ce lundi et il sera chargé de former la nouvelle équipe.
Grâce à cette performance, Tayyip Recep Erdogan marque des points. Les Turcs ont voté dimanche pour la stabilité. Mais accusé de vouloir islamiser la société, le Premier ministre devra prouver qu'il reste attaché à la laïcité. Et les femmes sont en première ligne. "La politique et la religion sont mélangées dit cette femme. Le pays se dirige vers une nouvelle ère. Je veux simplement dire "Réveille toi Ataturk !"
Laïcité mais aussi unité nationale, l'autre pilier de la République fondée par Mustapha Kemal Ataturk. Tayyip Recep Erdogan devra donc s'attacher à réconcilier Turcs et Kurdes. A Diyarbakir, la population kurde attend des choses simples: "Je vis dans un village dit cet homme et nous n'avons ni route, ni eau ni électricité. Nous voulons tout cela." Après 13 d'absence, les députés kurdes font leur retour au Parlement. Mais le dialogue s'annonce difficile.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 19h30
L'indice des cent valaurs vedettes de la bourse turque ont gagné 3,85% lundi. La victoire de l'AKP était attendue et ces dernières semaines la bourse d'Istanbul avait également progressé.
"Il n'y a pas de nervosité, affirme cet analyste turc, mais les investisseurs se posent quelques questions. Mais c'est trop tôt. Aujourd'hui ce n'est pas le bon jour pour discuter de l'avenir financier de la Turquie car nous sommes qu'au premier jour de la victoire de l'AK Parti".
L'AK Parti peut se targuer depuis 2002 de très bons résultats économiques : la forte diminution de l'inflation, le maintien d'un taux de croissance de 7%, et la réduction du déficit budgétaire à 0,7% du PIB l'an dernier, ont aidé les investissements étrangers à ateindre 15 millairds d'euros l'an dernier alors qu'ils dépassaient à peine 1 milliard en 2002. Hausse des titres boursiers mais aussi de la monnaie turque : la lire. "Je pense que la valeur du dollar et de l'euro va baisser, affirme une ménagère d'Istanbul qui sort de la banque; c'est pourquoi j'ai changé la monnaie étrangère que je possédais en lires turques. Je pense que l'économie turque va s'améliorer". Aujourd'hui, on peut clairement constater que les tensions politiques qui pourraient resurgir avec le maintien de l'AKP au pouvoir ne semblent pas inquiéter le milieu des affaires.
Par Françoise MICHEL AFP - Lundi 23 juillet, 18h13
ANKARA (AFP) - Les législatives ont sensiblement modifié la donne politique en Turquie avec un parti au pouvoir, issu de la mouvance islamiste, sorti renforcé du scrutin de dimanche face au camp laïc, dont l'armée, et le retour au Parlement des nationalistes et des Kurdes.L'événement
La victoire écrasante du Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a été saluée lundi par la Bourse d'Istanbul, son indice des valeurs vedettes clôturant sur un record historique à 55.625,44 points.
M. Erdogan a présenté lundi la démission de son gouvernement au président de la République Ahmet Necdet Sezer et devrait, en tant que chef du parti gagnant, être chargé de former la nouvelle équipe, probablement la semaine prochaine après l'annonce des résultats officiels.
Au pouvoir depuis près de cinq ans, l'AKP a obtenu 46,4% des voix, selon des résultats officieux diffusés par l'agence Anatolie.
La performance n'est pas mince. Comme l'a souligné M. Erdogan lui-même, c'est la deuxième fois en 50 ans qu'un parti au pouvoir améliore son score à l'occasion d'un nouveau scrutin.
Avec un tel pourcentage, l'AKP aura 340 députés sur 550, soit nettement plus que la moitié des sièges. Aux législatives de 2002, il avait recueilli 34% des voix (351 députés).
Paradoxalement, le nombre de parlementaires de l'AKP est cette fois moins élevé car une troisième force - Le Parti de l'action nationaliste (MHP) qui affiche des positions très fermes notamment sur l'Union européenne - fait son retour au Parlement où reviennent aussi des députés kurdes (au nombre de 24), sous l'étiquette "indépendant".
L'ambiance au Parlement promet d'ailleurs d'être plus animée, le MHP (14,2% des voix, 71 députés) étant intransigeant sur la question kurde.
Le principal parti d'opposition pro-laïque, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), recueille 20,8% des suffrages à peu près le même score qu'en 2002 (19 %) et aura 112 députés.
Ce scrutin anticipé était censé dénouer la grave crise qui a opposé au printemps M. Erdogan aux partisans de la laïcité, dont l'armée, qui soupçonnent le gouvernement de chercher à islamiser le pays, lorsque le Premier ministre a tenté d'imposer son candidat à la présidentielle.
"L'AKP a réussi à sortir la campagne de l'affrontement dont elle était issue. Erdogan, qui s'est fait réélire comme un président, a fait une campagne ciblée sur M. Tout le monde, axée sur la vie quotidienne et vantant les résultats économiques du gouvernement. L'AKP a bien compris qu'il fallait élargir sa base électorale pour devenir un parti populaire", souligne Jean Marcou chercheur à l'Institut français d'études anatoliennes d'Istanbul.
"La campagne du CHP sur la laïcité ne tenait pas la route", estime en revanche Ertugrul Günay, un transfuge de ce parti de centre gauche passé à l'AKP.
Les journaux soulignaient aussi que la menace voilée d'une intervention de l'armée dans la crise avait eu un effet boomerang, avec un sursaut "démocratique" des électeurs qui a profité au parti au pouvoir.
Les résultats montrent que l'armée "doit totalement cesser d'intervenir dans la politique", soulignait le quotidien Aksam (populaire) à propos de cette institution, gardienne des valeurs laïques dans un pays à 99% musulman où règne une stricte séparation entre religion et Etat.
Dans une première réaction à sa victoire, M. Erdogan s'est engagé dimanche soir, son épouse voilée à ses côtés à la tribune, à respecter les "principes fondateurs" de la République, dont le premier est la laïcité.
"L'élan en vue de la transformation et du développement (du pays) se poursuivra avec détermination avec le 60ème gouvernement", a-t-il assuré lundi.
Tout en restant prudent, Jean Marcou, prévoit que M. Erdogan ne devrait pas chercher à nouveau l'épreuve de force au Parlement en imposant un candidat à la présidentielle qui ne serait pas un "modéré".
"Pourquoi prendrait-il le risque d'une nouvelle crise, au risque de gâcher sa victoire ?", s'interroge-t-il.
Par EuroNews euronews - Lundi 23 juillet, 13h35
Des résultats non officiels donnent environ 46% des voix pour l'AKP, 20 pour les pro-laïques du CHP et 14 pour les nationalistes du MHP. L'AKP, le parti du premier ministre sortant turc devrait recueillir 340 sièges, soit nettement plus que la majorité absolue. Les pro-laïques en récolteraient 112. Le MHP nationaliste 71. Dans le camp de l'opposition pro-laïque, la défaite est amère. Les partisans du CHP espéraient renverser les rapports de force avec les islamistes modérés.
''Pour moi, ces résultats sont une terrible déception, explique cette militante du CHP. Je pensait que le peuple serait plus intelligent. Mais nous n'en sommes pas encore là. Ce n'est pas bon pour la Turquie". Du côté du MHP, on savoure le retour de ce mouvement nationaliste au parlement après 5 ans d'absence. Le parti mené par Devlet Bahceli n'avait pas atteint en 2002 le seuil des 10% de voix nécessaires à une représentation au parlement. Le MHP, parti de l'action nationaliste a des positions clairement eurosceptiques et prône le rétablissement de la peine de mort.
Ce matin à Istanbul, chacun faisait son analyse des résultats du scrutin. Pour ce Stambouliote, la victoire éclatante du parti islamiste modéré n'est pas une surprise. "Le MHP a pris des voix au CHP et est parvenu à entrer au parlement, ce qui n'était pas prévu. J'espère que c'est une bonne chose pour notre pays." Reste à voir comment les pro-laiques, dont fait partie l'armée, vont réagir à ces résultats, notamment lors de l'élection du président par le nouveau parlement.
Par Françoise MICHEL AFP - Dimanche 22 juillet, 16h39
ANKARA (AFP) - Les Turcs ont voté massivement dimanche pour des élections législatives très disputées qui leur offrent le choix entre reconduire le parti au pouvoir (AKP) issu de la mouvance islamiste ou soutenir des formations favorables à une stricte laïcité de l'Etat. Les bureaux de vote ont fermé dimanche à 17H00 locales (14H00 GMT).L'événement
Les sondages prédisent que le Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan (53 ans), soutenu par les classes populaires et les milieux d'affaires, sortira gagnant des élections.
Politique intérieure
Article détaillé : Politique de la Turquie.
La Turquie est une république parlementaire.
Le président est le chef de l’État et le premier ministre est le chef du gouvernement. Le président est nommé par l’assemblée nationale pour un mandat de 7 ans. Le président choisit le premier ministre.
Le pouvoir législatif est exercé par la Grande assemblée nationale de Turquie composée de 550 sièges renouvelés tous les 5 ans.
La constitution en vigueur date de 1982.
Ce scrutin anticipé est censé dénouer la crise politique qui a éclaté au printemps entre M. Erdogan et les pro-laïcs, dont l'armée, qui soupçonnent le gouvernement de chercher à islamiser en catimini les institutions.
M. Erdogan, qui s'est toujours défendu d'avoir des desseins "islamistes", a voté à Istanbul, ville dont il a été maire.
Figures de proue des laïcs, le président Ahmet Necdet Sezer, dont le mandat a expiré en mai, et le chef de l'état-major de l'armée, le général Yasar Büyükanit, ont voté sous les applaudissements à Ankara.
Dès l'ouverture des bureaux de vote, de longues files d'attente se sont formées en prévision d'une journée très chaude.
Une dizaine de millions d'électeurs sur plus de 42 millions ont dû quitter leurs lieux de vacances pour se rendre aux urnes.
"Je suis ici pour voter pour la démocratie. Nous n'avons pas manifesté pour rien", souligne Ali Cetin à Ankara, dans une allusion aux manifestations massives des pro-laïques en avril-mai contre le gouvernement. Dans un autre quartier de la capitale, des électeurs votent pour la "stabilité économique", incarnée selon eux par l'AKP.
Selon plusieurs sondages, l'AKP au pouvoir depuis 2002 obtiendrait environ 40% des voix, ce qui lui permettrait de rafler au minimum quelque 300 sièges sur les 550 du Parlement, soit plus que la majorité absolue.
Aux législatives de 2002, il avait recueilli 34% des voix (351 députés).
M. Erdogan n'a pas hésité à personnaliser le scrutin en annonçant qu'il quitterait la politique si son parti n'était pas en mesure de gouverner seul.
"Le scrutin devrait montrer que l'AKP a réussi son pari de devenir un parti classique de centre-droit malgré cinq ans d'usure du pouvoir", estime un diplomate européen.
Quel que soit le score de l'AKP, le Parlement devrait changer de physionomie avec l'arrivée annoncée d'un troisième parti d'opposition, le Parti de l'action nationaliste (MHP), en plus de l'actuel Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), tous deux défenseurs de la laïcité.
Les sondages prédisent aussi l'élection de députés "indépendants", en particulier pro-kurdes, qui ont choisi cette étiquette pour échapper au barrage des 10% de voix au niveau national, nécessaires à un parti pour entrer au Parlement selon un mode de scrutin à la proportionnelle.
M. Erdogan a été contraint d'avancer les législatives prévues en novembre après avoir échoué à imposer au Parlement son candidat à la présidence, le chef de la diplomatie Abdullah Gül, ex-figure de la mouvance islamiste.
L'armée, qui a fait tomber quatre gouvernements depuis 1960, avait aussi lancé une mise en garde contre toute atteinte à la laïcité, essence même de la nation fondée en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk et peuplée officiellement de 99% de musulmans.
Il n'est cependant pas certain que le scrutin de dimanche permette de surmonter la crise qui pourrait refaire surface lors de l'élection du président par le nouveau Parlement, si l'AKP refuse de présenter un candidat de compromis.
Une série d'incidents liés aux élections a fait 17 blessés dans le pays où les derniers bureaux de vote fermeront à 14H00 GMT.
Les premières estimations sont attendues à partir de 18H00 GMT.
vendredi 6 juillet 2007
palestine
Elections en Palestine – le seul espoir pour de légitimes pourparlers de paix
Dr. Mustafa Barghouthy
Secrétaire Général : Initiative National Palestinien
Traduit de l’anglais par Mariam Rossignol
Ce n’est pas difficile de s’apercevoir qu’il existe à l’intérieur d’un système politique d’un pays un problème lorsque ce pays passe a travers cinq gouvernements consécutifs dans l’espace d’un an. La venue du deuxième gouvernement d’Ahmed Qureia au début de décembre amène les palestiniens à un face- à - face à la crise de leur system politique. Ce cinquième attentat de solidifier un gouvernement palestinien cependant a pour conséquence rien de distinctif. Il reste à croire qu’un sixième gouvernement le suivra bientôt.
Les circonstances relatives à la venue du gouvernement de Qureia ne sont différentes que d’une manière négligeable des circonstances des gouvernements précédents. La ‘vieille garde’, qui n’est pas représentative du peuple, domine encore et continue de dévaliser le system politique et par conséquent la légitimité des négociateurs pour la paix. La continuité de l’impasse fournie le Premier Ministre Israélien, Ariel Sharon, l’excuse de maintenir le statut quo et de poursuivre les intérêts déterminés au préalable - c'est-à-dire d’intensifier l’occupation illégale et la création d’un horrible system apartheid en Cisjordanie. Pendant ce temps, les administrateurs Palestiniens semblent à peine voire au-delà d’une intensification de compétition interne pour qui va apporter quoi aux Israéliens le premier. Ces administrateurs entreprennent de nouveaux accords bâtis sur des réalités irréelles pendant que Sharon continue de construire des réalités de facto d’annexion et d’apartheid sur le terrain.
De sombres prédictions sur l’avenir du gouvernement d’Ahmed Qureia sont peut-être inévitables tenant en compte le destin qu’à subit les quatre gouvernements précédents. Les causes responsables des échecs consécutifs sont cependant nettement encore en vue. Le fait que la Palestine est passée à travers cinq consécutifs gouvernements dans l’espace d’un an démontre une crise profonde à l’intérieur de sa structure politique. Cette crise persistera aussi longtemps que le système politique restera un système ‘impénétrable’. Le system de gouvernement actuel à empêcher l’implémentation de nombreuses méthodes et réformes qui sont fondamentales pour le development de procédés pour mettre en marche un system de gouvernement représentatif du peuple.
Le processus le plus évident qui manque et dont la Palestine a le plus besoin est des élections démocratiques. Le gouvernement actuel et le conseil législatif ont continuellement trouvés des moyens pour rester au pouvoir passé la durée de leur terme, qui aurait dû se terminer avec des élections en 1999. Depuis ce temps, le parlement fonctionne sans l’approbation du peuple avec une majorité de 66% de membres du parti Fatah. Le parti au pouvoir a une majorité absolue qui, depuis au moins les derniers sept ans, est restée invariable due à l’absence du procès électoral. Cette absence se reflète dans tous les secteurs de la société. Au niveau municipal, il n’y a pas eu d’élections depuis 1976 après quoi Israël a empêché toutes possibilités d’élections jusqu'à 1994.
Depuis son inauguration cette année, l’Autorité Palestinienne s’est donnée la responsabilité de nommer quelques 6,000 députés municipaux au lieu de déclarer des élections.
Depuis presque une décennie au pouvoir, l’AP a sans doute développé une aversion à tenir des élections. Tout probablement l’AP est opposée a un system public par crainte de perdre l’autorité et le pouvoir qu’elle jouie depuis si longtemps. Le manque d’élections et l’incapacité de transformer le system palestinien de gouverner en un system de gouvernement responsable, a sévèrement affecté toute espérance politique viable en Palestine. Plusieurs députés du Conseil Législatif Palestinien et des membres de la société civile ont fait pression publiquement pour tenir des élections au niveau législatif et présidentiel en Palestine. Afin d’avoir des élections, cependant, il doit y avoir un consensus caractérisé par des décisions prisent d’une façon unanimes, tel qu’imposer par l’Initiative National Palestinienne, un mouvement démocratique de l’opposition établi en juin 2002. Ces groupes d’opposition qui tentent de joindre le processus politique et de participer au processus de décisions sont bloqués par le statu quo. L’incapacité de ces groupes d’exprimer leurs opinions, d’être entendus, et d’être représentés affaiblie rigoureusement la société civile- une dynamique importante dans le processus de démocratisation et la création d’une nation.
Ceux qui négocient maintenant pour le futur de la Palestine, mettent en question la légitimité de toutes négociations avec Israël puisqu’ ils ne sont pas élus et par conséquent ils n’ont aucune autorité comme représentant du peuple. Des élections sont essentielles comme condition nécessaire pour la paix. L’expérience européenne démontre clairement qu’une paix véritable, viable et durable ne peut être établie qu’entre démocraties et ratifier par des représentants qui sont librement élus.
Ceux qui refusent de tenir des élections non seulement trahissent le peuple palestinien mais aussi tombent directement dans le piège de Mr. Sharon. Celui-ci demande comme conditions préalables pour toutes négociations, simultanément, une réforme politique pendant qu’il détruit systématiquement touts efforts de réforme.
Définir l’Autorité Palestinienne comme un régime de terreur corrompue n’est pas un appel à des réformes palestiniennes mais un prétexte pour Israël de continuer ses violations et de refuser de se conformer à la Feuille de Route proposée par les Etats-Unis. La dernière chose que Sharon souhaite est n’importe quelle légitime institution représentative palestinienne et certainement il ne veut pas que le peuple palestinien soit donné plein pouvoir par l’installation d’un gouvernement démocratique. Comme tel c’est improbable qu’il mettra fin à l’occupation et à ses politiques de punir collectivement en imposant des bouclages, contrôles et couvres- feu qui limite les libertés des palestiniens. De cette manière il empêche le development d’une société démocratique. L’occupation en cours sert en plus à l’ Autorité Palestinienne pour justifier la suspension d’un system électoral comme une condition physique sur le terrain. Sous la situation présente d’assiéger, la fragmentation des territoires palestiniens, le manque de liberté, l’intensité de la présence constante de l’armée israélienne et les incursions, il est impossible d’avoir des élections libres et justes.
Par conséquent, les démocrates palestiniens et la population en générale sont dans une impasse malgré leur désespoir pour un changement. Des élections sont sans aucun doute essentielles afin de rétablir un système politique viable, mettre fin à la crise politique et donner un esprit de légitimité à toutes initiatives de paix. La liberté de déplacement est nécessaire pour que des élections aient lieu. L’AP n’est pas inexact en déclarant qu’il est impossible de tenir des élections sous le climat actuel d’occupation et de siège.
Récemment, M. Qureai céda à la pression du peuple en annonçant une date pour des élections en juin 2004. Ces élections, cependant, n’auront pas lieu à moins que la communauté internationale fournisse une présence pour garantir la réduction des présentes conditions politiques et territoriales qui rendent ces élections impossibles.
La communauté internationale doit exiger et assurer le PA des élections libre et juste. Ces élections nécessitent la liberté de déplacement qui ne peut être obtenue que par le retrait des forces militaires israéliennes et l’enlèvement de touts les contrôles.
Les célébrations à Londres, Genève et Madrid des medias pour des rencontres et des ententes fondées sur des réalités irréelles ne valent peu lorsque la réalité sur le terrain est la solidification de l’occupation et la création systématique de l’apartheid. La réalité est que Sharon continue la destruction de la véritable possibilité de paix, c'est-à-dire la solution de deux états
C’est une redistribution totale de la donne au proche orient au lendemain de la victoire aux élections législatives palestiniennes du Hamas, le parti radical islamiste palestinien qui appelle entre autre à la destruction de son voisin hébreu.
Le groupe radical islamiste, qui prône la lutte armée et la destruction de l'Etat juif, a affirmé dans la matinée avoir remporté la majorité des 132 sièges du Parlement lors des législatives de mercredi, auxquelles il participait pour la première fois.
Une source à la Commission électorale a confirmé à l'AFP la victoire du Hamas. "Le Hamas a devancé le Fatah, notamment dans les circonscriptions", a-t-elle indiqué, en faisant état de la fin du dépouillement des bulletins de vote. Les premiers résultats officiels sont attendus à 18h00.
Personne ne s'y attendait : la victoire du Hamas est un véritable séisme politique dans la région, et plonge la Palestine dans l’incertitude la plus totale alors que la communauté internationale considère ce parti politique comme une organisation terroriste, que les américains ne veulent pas entendre parler de cette organisation dans la gestion de la feuille de route et que l’état hébreu a prévenu qu’il n’y aura aucune négociation avec les terroristes du Hamas.
Comment Israël pourrait il en effet prétendre à discuter avec des membres d’une organisation qui rappelait encore la veille même du scrutin qu’il était hors de question de retoucher la charte du Hamas qui appelle à la destruction de l’état hébreu, de la bouche même d’un de ses leaders charismatiques Mahmoud Al Zahar (cf photo)
Cette victoire ne devrait pas automatiquement entraîner l'éviction du président Mahmoud Abbas, l'héritier de Yasser Arafat et le chef du Fatah qui a été élu l'an dernier bien que celui ci ait déjà laissé entendre qu'il pourrait renoncer au pouvoir s'il n'était pas en mesure de poursuivre une politique de paix, ce qui semble aujourd’hui être le cas avec un Fatah mis en minorité.
Djibril al-Rajoub, un haut dirigeant du Fatah en Cisjordanie a reconnu sa défaite et annoncé la couleur en déclarant : " Le Fatah rejette tout participation dans un gouvernement formé par le Hamas. (…)Le Hamas doit prendre ses responsabilités. Le Fatah agira en tant qu'opposition constructive. "
Le premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, a immédiatement donné sa démission au président de l'autorité palestinienne afin que celui ci désigne un nouveau leader au sein du Hamas et qui sera chargé de former un nouveau gouvernement.
C’est donc une Palestine qui s’écarte violemment du processus de paix de la feuille de route américaine et les nouveaux dirigeants politiques devront dans les prochains jours définir leur politique officielle devant une communauté internationale encore médusée par cette victoire à laquelle personne ne voulait vraiment croire.
Alors que le nouveau premier ministre par intérim Ehud Olmert semblait être confiant dans la poursuite du processus de paix et la création d’un état palestinien avec la future nouvelle autorité palestinienne modérée qu’il espérait être incarnée par les représentants du Fatah, la victoire du Hamas risque d'entraîner de nouvelles initiatives unilatérales violentes de la part de l'Etat hébreu qui, sous la houlette d'Ariel Sharon, avait imposé l'été dernier le retrait des colonies juives et de Tsahal de la bande de Gaza pour mieux asseoir son contrôle sur la " Judée-Samarie, nom biblique de la Cisjordanie conquise en 1967 par les armes et que les ultra nationalistes juifs entendent faire leur territoire en créant un " Grand Israël ".
Le Premier ministre, Ehud Olmert, qui assure l'intérim d'Ariel Sharon depuis son hospitalisation et sa plongée dans le coma avait fait savoir que l'Etat hébreu ne négocierait pas avec un gouvernement palestinien qui ne "combattrait pas le terrorisme" et ne désarmerait pas les activistes et le président américain George W. Bush a affirmé que les Etats-Unis ne traiteraient pas avec le Hamas, sauf si ce dernier reconnaissait l'existence de l'Etat d'Israël.
Il faudrait que les dirigeants du Hamas effectuent un virage à 180 degrés pour que le processus de paix ait un espoir de survie, que ceux ci retirent de leur charte la volonté de détruire l’état d’Israël et qu'ils reconnaissent l’état juif afin d'entamer des négociations, un nombre de conditions qui auraient été qualifiées il y a quelques jours seulement tenir de la science fiction...
Les palestiniens n'en sont peut être pas conscients mais, en plus d'avoir écarté le Fatah et l'ensemble des ses dirigeants qu'ils jugent inefficaces à négocier avec Israël et globalement trop corrompus, ils ont amenés les islamistes au pouvoir et, en dehors d'une future confrontation violente avec l'état hébreu qui se concrétisera par un retour à la force armée de sa part, les palestiniens évidement perdre une partie de leur liberté en ayant appelé l'obscurantisme dans les urnes.
Le Hamas et les islamistes sont maintenant au pouvoir en Palestine, c'est un fait qu'il faudra assumer pour les palestiniens comme pour la communauté internationale. Les espoirs de paix se sont envolés, la place est maintenant aux revendications violentes et au sang, un cycle infernal dont la Palestine souffre de ne pas réussir à sortir...
La "Palestine" ne manque pas de faux alliés, ni les Palestiniens de faux amis. À l’heure où le chaos gagne la bande de Gaza avant de s’étendre prochainement à la Cisjordanie, peu de voix, en France, s’élèvent pour pointer du doigt les vrais responsables de cette tragédie. Ceux qui se prétendent les alliés des Palestiniens préfèrent conforter leur sentiment de victimisation là où il faudrait, comme le font les vrais amis, leur dire la vérité.
C’est ainsi que refleurissent les expressions telles que "prison à ciel ouvert", "mur de l’apartheid", "désespoir" et autres "humiliation", censées donner les clés pour la compréhension de la situation actuelle. C’est en tout cas celles qu’utilisait René Backman, journaliste au Nouvel Observateur et auteur du livre "Un mur en Palestine", chez Frédéric Taddei, le 14 juin dernier sur France 3.
Quand Israël occupait Gaza jusqu’en août 2005, la pénurie et la pauvreté des Arabes étaient censées être dues à l’affront que représentaient les riches implantations israéliennes, label de l’arrogance juive toujours prête à écraser et à humilier le dénuement arabe. Les Palestiniens étaient, de plus, "entassés", le dos à la mer, 1,2 millions d’habitants sur 360 kilomètres carré, ce qui fait quand même une densité huit fois moindre que celle de Paris. Mais il ne faut surtout pas dire aux Parisiens que les Palestiniens ont huit fois plus d’espace qu’eux : on plaint tellement mieux des victimes qui vivent dans une fourmilière surpeuplée !
Après la dramatique évacuation de la population juive de Gaza et son cortège d’histoires personnelles déchirantes, Israël pouvait espérer avoir comblé les espérances des Gazaouis en les libérant de toute présence juive. De plus, en héritant de serres et d’implantations intactes, les paysans arabes avaient de quoi rebondir et commencer à amorcer la pompe de la prospérité.
C’était sans compter avec ce qui, malheureusement, constitue la vraie nature de la Palestine : elle n’existe tout simplement pas ! C’est un concept. Un concept ? Oui, prenez un couteau, retirez-en la lame et le manche, il vous reste le concept. La Palestine n’a pas d’Histoire autre que l’Histoire judéo-chrétienne, ni de peuple présent depuis plus d’un siècle autre que le peuple juif. C’est un concept.
Nous avons, à Primo-Europe, maintes fois expliqué pourquoi ce concept de "peuple palestinien" est une pure invention . Même si, devant la situation dramatique d’aujourd’hui, certains médias évoquent le fait que les Gazaouis sont des Egyptiens et les Cisjordaniens des Jordaniens, avec la langue, l’accent et l’histoire correspondantes, ne pas considérer cet assemblage hétéroclite comme autre chose qu’un peuple est encore tabou. Un tabou issu d’un leurre dont l’unique vocation éminemment antisémite est de faire disparaître toute trace juive de la région.
Cette absence d’existence essentielle est au cœur de la problématique palestinienne. Elle seule permet de comprendre la corrélation entre les pics des courbes du terrorisme et des progrès du processus de paix. Elle seule permet de déchiffrer le paradoxe de l’accentuation de la violence palestinienne contre les villages du sud d’Israël après l’évacuation de Gaza.
Un peuple qui n’existe pas ne peut entrevoir qu’avec anxiété et panique la fin de ses "souffrances" car ce sont ces seules " souffrances " qui constituent son identité. Retirez-lui son imagerie victimaire et il s’étiolera en quelques semaines. Alimentez-le en symboles douloureux (le "mur"), en récits d’afflictions (les paysans "spoliés"), en iconographie sanglante, et vous lui permettrez de poursuivre encore quelque temps son numéro d’illusion où le premier aveuglé sera lui-même.
Pour y parvenir, il lui faut aussi des émissaires, des idiots utiles et de faux amis.
Les émissaires comme Hind Khoury , Déléguée générale de la Palestine en France, ou Leila Shaid désormais basée à Bruxelles sont là pour marteler les mêmes slogans qui, bien qu’énormes, finissent par se transformer en vérités à force d’être répétés. L’équation est simplissime : "l’occupation" israélienne depuis 40 ans est à l’origine de tous nos maux.
Tous ? Voire…
Quels étaient-ils donc alors ces maux lors de la création de l’OLP en 1964 ? Qu’est-ce que cette Organisation de Libération de la Palestine voulait libérer en 1964, trois ans avant la Guerre des six jours ? Haïfa ? Tel-Aviv ? Ces fameux maux concerneraient-ils donc autre chose que les territoires revendiqués en 2007 ? Y aurait-il un rapport avec les manuels scolaires palestiniens qui ignorent avec superbe l’Etat d’Israël ? Avec l’écusson qu’arborait Arafat sur son bras gauche, représentant une Palestine sans Israël ?
Autant d’informations dont ne disposent pas, en général, les idiots utiles, paresseux de l’Histoire mais amateurs d’événements festifs. Quand Ingrid Betancourt est élevée au rang de citoyenne d’honneur, quoi de plus festif que d’en faire de même avec le terroriste Marwan Barghouti, responsable de la mort de dizaine de civils, femmes, enfants et vieillards ?
Cette initiative de la maire communiste de Pierrefitte, Catherine Henriot, a nécessité une explication de texte savoureuse de la Secrétaire générale du PCF, Marie-George Buffet. En substance, elle explique que dans un souci de "dialogue et de compréhension mutuelle", il faut favoriser la libération de Barghouti, ce qui constituerait un geste de bonne volonté pour avancer vers la paix.
Si on devine derrière ses propos une naïveté déguisée en pragmatisme, on comprend moins pourquoi il lui semble nécessaire d’aller jusqu’à élever un terroriste au rang de citoyen d’honneur ! Il y a quelque chose de profondément munichois dans l’attitude contrite de ceux qui sont prêts à de telles initiatives, tétanisés qu’ils sont par la menace terroriste qui pourrait venir lécher nos douces provinces. Mais quand on a affaire aux idiots utiles, on ne doit s’attendre ni à de la cohérence ni à du courage.
Les faux amis sont avant tout des antisémites. L’avenir de la Palestine est le cadet de leurs soucis. Seul leur importe le fait qu’il y ait des Juifs à fustiger dans les parages. En faire la liste serait risqué de notre part : les procédures judiciaires, après désignation de l'antisémitisme de certains, sont devenues à la mode. Mais ils se reconnaîtront et vous les reconnaîtrez parmi les nombreux artistes, chanteurs, comiques, écrivains et cinéastes qui squattent les plateaux de télévision avec la complicité d’animateurs jubilant dans cette ambiance de judéophobie.
Paradoxalement, c’est du monde arabe et de sa presse qu’émergent quelques velléités de parole libre, que nous parviennent quelques lueurs de clairvoyance. C’est là qu’on peut lire, depuis quelques semaines, les paroles les plus dures sur la stratégie arabe et palestinienne des soixante dernières années.
Il faut admettre que la vraie Nakba est cette mort annoncée de la Palestine en tant que mouvement national cohérent et légitime. Voir des jeunes Palestiniens se faire prendre volontairement avec de fausses ceintures d’explosifs, dans l’espoir de "croupir " dans une prison israélienne et d’accéder à l’éducation et à des études, n’est pas très encourageant quant au potentiel d’espoir que peut susciter la future Palestine.
Les exécutions sommaires, les assassinats sauvages de Palestiniens par d’autres Palestiniens que peu de choses devraient séparer puisqu’ils sont censés poursuivre le même but de "libération de la Palestine", sont le résultat des fissures originelles d’une société artificielle qui s’est cimentée avec la haine de l’Autre à défaut d’avoir pu le faire avec l’amour de soi-même.
Encore une fois, c’est de l’intérieur de cette société que vient le cri d’alarme le plus retentissant et le plus émouvant. Laissons la parole au psychiatre palestinien de Gaza, Eyad Al-Sarraj :
" Les Palestiniens n’ont tiré aucune leçon de leurs erreurs… Nous n’avons rien appris des autres peuples, ni de leurs victoires ni de leurs échecs. En Afrique du Sud, les Noirs ont réussi la révolution consistant à établir un Etat de droit et l’égalité des citoyens, mais nous n’avons pas étudié leur exemple. En Algérie, la population s’est entre-tuée au nom de " belles causes ", mais nous n’avons tiré aucune leçon. En Somalie, les dirigeants se sont comportés comme si les déchirements entre milices étaient leur idéal suprême, mais nous n’avons pas compris que nous étions guettés par le même drame. Dans le monde entier, le terrorisme d’Al-Qaida provoque des réactions de rejet, mais tout ce que nous avons su faire est de prêter le flanc aux mêmes accusations en tuant des civils. Non, nous n’avons rien appris et nos dirigeants persistent à nous mener à l’abîme. "
" … Nous n’avons rien appris des échecs qui ont suivi chacune de nos ingérences dans les affaires des pays voisins. En Jordanie, nous avons tenté de renverser le roi Hussein pour établir un régime révolutionnaire (1970), tentative qui s’est soldée par des centaines de morts et l’expulsion de nos chefs vers le Liban. Au Liban, nous avons constitué un Etat dans l’Etat, ce qui nous a valu la haine des Libanais et l’expulsion de nos chefs vers la Tunisie (1982). En 1990, alors que nous savons ce qu’est une occupation, nos dirigeants ont acclamé Saddam Hussein qui venait d’envahir le Koweït, ce qui a abouti à l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens des pays du Golfe. Et, après cela, nous n’avons toujours rien appris puisque aujourd’hui le Fatah Al-Islam provoque des troubles au Liban. Notre incapacité à comprendre notre propre Histoire, c’est l’arme de destruction massive que nous avons inventée et qui assurera la victoire d’Israël. "
Il manque juste, pour compléter l’analyse de ce courageux psychiatre, ce paramètre essentiel qu’il ne peut appréhender puisqu’il le subit de l’intérieur : il fait partie d’un peuple qui n’a jamais existé.
Que reste-t-il à Mahmoud Abbas comme latitude pour reprendre la main ?
L’approbation des chancelleries occidentales n’a pas, jusqu’à présent, prouvé son efficacité, tant s’en faut. S’il veut empêcher le Hamas de faire scission d’un Etat pas encore né, Abbas doit s’adresser à ses concitoyens. Il vient enfin d’admettre qu’on ne peut conduire un pays en satisfaisant chacun de ses habitants. Il lui a fallu une guerre civile pour en prendre acte…
En France, on aime faire suivre le nom du Hamas de la locution "légitimement élu". Certes. Ce qu’on entend par là, sous nos latitudes démocratiques, c’est qu’il faut nécessairement composer avec les élus du peuple, même si leurs objectifs sont ouvertement totalitaires et anti-démocratiques. En réalité, le Hamas a obtenu 38% des suffrages aux dernières législatives. C’est énorme, mais ce n’est pas la majorité. Seuls, le découpage des circonscriptions et le mode de répartition des votes lui ont permis d’avoir la majorité des députés. C’est parfaitement légitime, mais cela éclaire d’un jour nouveau la dissolution du gouvernement à laquelle vient de se livrer le Président de l’Autorité Palestinienne.
Par ailleurs, si les Gazaouis souffrent de la faim – à cause du blocus israélien, nous serine-t-on en France, en "oubliant" que Gaza possède une ouverture sur la mer et une frontière avec l’Egypte -, il n’en va pas de même pour les troupes du Hamas qui sont bien nourries, bien vêtues et surarmées. Ne subissent-elles pas le même blocus ? Il semblerait que non : les armes, les vivres et les dollars en provenance d’Iran et de Syrie n’attendent pas l’ouverture d’un corridor humanitaire pour parvenir à leurs destinataires. Tout le monde n’a pas les mêmes priorités !
Pour s’opposer à elles, Abbas n’a pas encore appelé la Brigade Bader, créée par Arafat en Jordanie et entraînée depuis plusieurs années par les Américains. Attend-il que les Gazaouis qui ne choisissent pas l’exil vers Israël, comme nombre d’entre eux le font depuis deux jours, soient à ce point exaspérés par la guerre civile qu’ils réclament des libérateurs ? L’économise-t-il en espérant que les chancelleries occidentales prendront l’initiative d’envoyer une force panarabe s’interposer entre les différentes factions palestiniennes ?
En tout état de cause, il a intérêt à faire vite : ce n’est pas parce que la presse française ne détaille pas l’âge et le sexe des victimes palestiniennes de trois mois de guerre civile qu’elles n’ont pas déjà largement dépassé le nombre de celles dues aux Israéliens en trente ans d’occupation !
La calculette de l’AFP ne sait plus où donner de la tête…
Après des semaines de lutte fratricide contre les membres du Fatah, le parti politique historique de Yazzer Arafat le père de la nation palestinienne et du Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le Hamas a procédé à un " mini coup d'état " dans la bande de Gaza, exécutant les hauts responsables du Fatah et prenant militairement le commandement de toutes les instances policières et politiques de la région.
- Le Hamas s'impose par la force comme le maître de la bande de Gaza
Le gouvernement d'union nationale voulu par le président Abbas n'aura pas vécu longtemps et un nouveau premier ministre, l'ancien ministre des finances Salam Fayyad a été nommé pour remplacer Ismaïl Haniyeh, un des leaders du Hamas et actuel premier ministre à l'origine de cette démonstration de force armée dans la bande de Gaza.
Paradoxalement le Hamas a jugé cette nomination "contraire à toutes les lois" et dénoncé un "coup d'État contre la légalité", tandis que Ismaïl Haniyeh assurait que le gouvernement sortant "continuerait à assumer ses fonctions".
Des combattants du Hamas ont pris symboliquement position dans les bureaux officiels d'Al Mountada, le complexe présidentiel abritant entre autre les bureaux de l'actuel chef de l'autorité palestinienne. Les drapeaux palestiniens ont été retirés pour être remplacé par le drapeau vert du parti Hamas.
L'autorité palestinienne craint un débordement de cette rébellion en Cisjordanie où elle tient encore pourtant fermement les rennes du pouvoir et les perspectives de voir se créer un état palestinien volent en éclat devant une nouvelle autorité militaire à deux têtes.
Le chef politique du Hamas, Khaled Mechaal, qui vit en exil en Syrie, a déclaré vendredi qu'il reconnaissait toujours l'autorité du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et que son groupe était prêt à travailler avec lui au nom de l'"intérêt national" des Palestiniens. Khaled Mechaal a indiqué sa volonté de ne pas remettr en cause la présidence palestinienne : " Nous ne menons pas le combat pour contrôler l'Autorité palestinienne et refusons la division de la nation. Le problème n'est pas avec le Fatah ou avec le frère Abou Mazen. (...) Abou Mazen est un président élu. Nous allons coopérer avec lui dans l'intérêt national ".
Des mots qui, surgissant au moment même où des images de nombreux combattants du Hamas prennent d'assaut les bâtiments de l'autorité palestinienne à Gaza, piétinant les portraits officiels de Mahmoud Abbas, prennent une tournure quelque peu dérisoire.
Le chef du Hamas en exil en Syrie a ensuite fustigé l'occident qu'il juge co-responsable avec l'état hébreu de cette crise sans précédent : " Nous faisons assumer à la communauté internationale, qui s'est tue sur les crimes commis par Israël, la responsabilité essentielle dans notre crise interne, bien que nous assumions nous aussi, une part de responsabilité "
- La création d'un état palestinien dorénavant impossible
Le mouvement islamiste radical Hamas présidait dorénavant aux destinées de quelque 1,5 million de Palestiniens dans la bande de Gaza, coupée du reste du monde, et , même si tous les observateurs s'accordent à penser que le projet de la création d'un état palestinien vient d'imploser avec cette démonstration de force du Hamas, personne ne se risque aujourd'hui à un pronostique politique sur l'avenir de la région.
Le chef de la diplomatie saoudienne, Saoud al Faisal, estime que les palestiniens ont porté un coup d'arrêt à la création d'un état palestinien : " Aujourd'hui, les Palestiniens ont pointé eux-mêmes un des derniers clous sur le cercueil de la cause palestinienne (...) Il appartient maintenant aux dirigeants palestiniens d'ordonner la fin immédiate des combats, mais également de déclarer ces combats hors-la-loi, et de reprendre le dialogue. "
Un proche collaborateur du preminier ministre déchu, Khalil al-Hayya, menance le président palestinien de propager le conflit en Cisjordanie si celui-ci décidait de détacher la bande de Gaza du reste du pays : " En Cisjordanie comme à Gaza, désormais séparés par un gouffre politique qui s'ajoute à la séparation physique. (...) Nous espérons que vous resterez président de tout le peuple palestinien. (...) Nous n'accepterons jamais la séparation de Gaza et de la Cisjordanie "
L'ex premier ministre palestinien du Hamas a déclaré au journal " Le Figaro " que son intention n'était pas de renverser le pouvoir actuel du président Abbas mais bel et bien de poursuivre la création d'un état palestinien selon les frontières de 1967 : " Mon gouvernement va poursuivre son travail. Quant à notre programme, il est clair. Nous souhaitons la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967, c’est-à-dire à Gaza, en Cisjordanie avec Jérusalem-Est pour capitale. L’OLP reste en charge des négociations sur ce point. Nous nous engageons à respecter tous les accords passés, signés par l’Autorité palestinienne. Nous souhaitons la mise en œuvre d’une trêve réciproque, globale et simultanée avec Israël. "
Le premier ministre déchu a ensuite assuré qu'il ne comptait pas proclammer la création d'un état islamiste à Gaza : " Gaza appartient à tout le peuple palestinien et pas seulement au Hamas. Nous refusons toute idée de séparation entre les Territoires palestiniens, entre Jérusalem-Est, la bande de Gaza et la Cisjordanie, qui sont indissociables. La séparation n’est pas à l’ordre du jour et ne le sera jamais. "
Est-il encore possible d’imaginer la création un jour d’un Etat palestinien ? Alors que les principaux intéressés apportent - à leur façon - une réponse peu encourageante à cette question en continuant de s’affronter les armes à la main à Gaza, plusieurs rapports d’organisations internationales confortent, explicitement ou non, cette thèse en analysant, quarante ans après la guerre de Six-Jours, les conséquences de l’occupation israélienne sur la situation économique, sociale, humanitaire des territoires occupés.
- Des réactions du monde entier
A quelques exceptions près, la communauté internationale a condamné dans son ensemble le coup de force du Hamas qui vient de confisquer à l'autorité palestinienne le pouvoir à Gaza.
La présidence allemande de l'Union européenne a pour sa part condamné "avec la plus grande sévérité la prise de pouvoir violente par les milices illégales du Hamas à Gaza et la mort de civils innocents". L'UE "soutient énergiquement" la décision conforme à la Constitution palestinienne de Mahmoud Abbas de "mettre en place un gouvernement d'état d'urgence pour les territoires palestiniens", selon le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères.
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a lui aussi réitéré son soutien à M. Abbas, soulignant qu'il restait en contact avec les parties palestiniennes et ses partenaires dans le Quartette.
La Grande-Bretagne n'a pas hésité, pour sa part, à dénoncer "un coup d'État" du mouvement islamiste, soulignant sa volonté de continuer à travailler avec "l'Autorité palestinienne légitime et légale".
Quant au gouvernement japonais, il "continuera à soutenir les efforts de paix du président Abbas".
La Suède a aussi accueilli "très favorablement" la nomination de Salam Fayyad par Mahmoud Abbas pour former le gouvernement d'urgence.
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a souligné que la France "continuait de soutenir" le président Abbas en tant que "représentant légitime de l'institution palestinienne".
Quant à Israël, il "perçoit la nomination de Salam Fayyad au poste de premier ministre de manière très positive", a déclaré un haut responsable gouvernemental israélien sous couvert de l'anonymat.
Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe tenaient de leur côté une réunion extraordinaire consacrée à la situation à Gaza et au Liban.
L'Égypte, hôte de cette réunion, a condamné le Hamas "pour s'être emparé du pouvoir dans la bande de Gaza et avoir entravé le fonctionnement des institutions palestiniennes légitimes".
- Un échec cinglant de la politique internationale
Amer, désabusé, Alvaro de Soto dresse, dans un rapport de fin de mission rédigé après deux années comme envoyé spécial de l’ONU au Proche-Orient et destiné à rester confidentiel, un constat accablant sur le conflit israélo-palestinien. Sévère, il dresse aussi le réquisitoire d’un échec diplomatique cinglant et, tout en n’épargnant ni l’Europe ni l’ONU, pointe la lourde responsabilité de l’administration Bush, qui a soutenu une politique israélienne menant à une impasse. Une politique qui a souhaité, voire encouragé, les violences interpalestiniennes qui aboutissent aujourd’hui à la violente offensive des islamistes du Hamas pour prendre le contrôle de la bande de Gaza.
L'envoyé spécial de l'ONU au Proche Orient, Alvaro de Soto, estime que ce chaos et cette violence sont, outre le résultat d’un règne sans partage du Fatah dominé par la corruption, est le pure le produit de l’aveuglement qui a saisi l’Occident après la victoire électorale du Hamas.
Le responsable onusien accuse les Etats-Unis, plus que jamais alignés sur Israël, d’avoir été résolument hostiles aux "ambiguïtés constructives", seules susceptibles de convertir les islamistes au réalisme politique, et d’avoir "poussé à une confrontation entre le Hamas et le Fatah". Au détour de son récit, l’émissaire des Nations unies rapporte la satisfaction d’un haut diplomate américain devant les affrontements fratricides. "J’aime cette violence", se ravissait-il, convaincu d’y voir le début de la fin du Hamas.
La politique américaine jusqueboutiste et cet obstination de l'administration Bush a précipité l’échec du gouvernement d’union nationale palestinien et ruiné l’offre de paix globale de la diplomatie saoudienne, qui prévoit une normalisation totale des pays arabes avec Israël en échange de la création d’un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967.
Alvaro de Soto estime dorénavant de plus en plus difficile, voire "impossible", la création d’un Etat palestinien et dénonce "la prison à ciel ouvert" qu’est devenue la bande de Gaza.
Lundi 19 mars 2007
Les fêtes des sionistes : des occasions pour agresser les palestiniens et violer leurs propriétés
Al Khalil - Centre Palestinien d’Information
Les habitants de la ville d’al Khalil, située au sud de la Cisjordanie, ont pris l’habitude de voir les fêtes des colons sionistes qui se transformrnt à des jours d’agressions à l’encontre de leur personne et de leurs propriétés, et à des jours de dérangement continuel de la part des colons, notamment dans la vieille ville.
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Le refus des occidentaux de reconnaître le gouvernement palestinien va conduire à l’anarchie
Damas - CPI
Le vice-chef du bureau politique du mouvement de la résistance islamique (Hamas), Dr. Moussa Abou Marzouk, a averti l’occupation israélienne ainsi que les pays occidentaux des résultats de leur refus de reconnaître le gouvernement palestinien d’unité nationale, en affirmant que cela va créer l’anarchie dans la région.
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Le gouvernement israélien a échoué d’empêcher la reconnaissance du gouvernement palestinien
Al-Nasséra - CPI
Le journal hébreu « Yediot Ahronot » a reconnu que le gouvernement israélien a échoué de convaincre les occidentaux de poursuivre le siège international imposé contre le gouvernement palestinien d’unité nationale, après les positions et les décisions de plusieurs pays occidentaux de reconnaître le gouvernement et de finir le siège imposé contre le peuple palestinien et son gouvernement.
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L’entité sioniste décide de boycotter le gouvernement palestinien
Al-Nasséra - CPI
Le gouvernement israélien a décidé, hier dimanche 18/3, lors de sa réunion hebdomadaire, de boycotter le gouvernement palestinien d’unité nationale et de poursuivre le siège imposé contre le gouvernement palestinien depuis plus d’une année.
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L’occupation ferme trois associations de bienfaisance à Ramallah
Ramallah - CPI
Les forces de l’occupation israélienne ont fermé, hier dimanche 18/3, trois associations de bienfaisance après une incursion dans la ville de Ramallah en Cisjordanie.
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Les positions du gouvernement palestinien sont suffisantes pour le reconnaître
Bruxelles - CPI
Le vice-président du parlement européen, Luisa Morgenetiné, a appelé l’Union Européenne et la communauté internationale à reconnaître le gouvernement palestinien d’unité nationale qui a obtenu la confiance du conseil législatif palestinien.
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Desmond Tutu à la tête d’une mission onusienne sur les opérations israéliennes à Beit Hanoun
jeudi 30 novembre 2006.
• La Rédaction
o Liban : Lettre ouverte aux dirigeants libanais invités par la France
o Non au terrorisme de l’État d’Israël contre les peuples Palestiniens et Libanais
o Bush : "C’est un combat difficile. Patience, courage et sacrifice"
o Onze Palestiniens tués lors d’une incursion des forces d’occupation à Gaza
o Palestine : Retour sur un boycott qui se poursuit
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• DIME
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• "Le peuple arabe ne sera pas humilié"
• Liberté, Dignité et Résistance
L’archevêque sud-africain Desmond Tutu a été nommé à la tête d’une mission d’enquête des Nations unies sur le bombardement israélien de Beit Hanoun, dans la Bande de Gaza, qui a fait 18 morts en novembre, a annoncé mercredi l’ONU.
Le militant anti-apartheid et prix Nobel de la paix 1984 se rendra dans la Bande de Gaza pour "évaluer la situation des victimes, prendre en compte les besoins des survivants et proposer des recommandations sur les moyens de protéger les civils palestiniens contre de nouveaux assauts israéliens", selon le président du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, Luis Alfonso De Alba.
La mission remettra son rapport à ce conseil, basé à Genève, à la mi-décembre", selon le communiqué de M. De Alba.
Le bombardement de Beit Hanoun, dû à une erreur technique selon Israël, est intervenu à la suite d’une opération israélienne d’une semaine destinée à empêcher les tirs de roquettes sur l’Etat hébreu depuis cette ville.
Desmond Tutu a présidé la Commission sur la vérité et la réconciliation en Afrique du Sud à la fin de l’apartheid.
2 - Rice attendue au Proche-Orient dans la foulée du cessez-le-feu
Les dirigeants israélien et palestinien accueillent jeudi séparément Condoleezza Rice dans la foulée d’un fragile cessez-le-feu instauré dans la bande de Gaza.
Rice, qui doit accompagner George W. Bush lors de sa visite mercredi et jeudi en Jordanie, se rendra d’abord à Jéricho, en Cisjordanie, pour rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas avant de s’entretenir à Jérusalem avec Ehud Olmert, selon des sources officielles israéliennes et palestiniennes.
Si sa rencontre avec M. Abbas avait été annoncée dès mardi, sa venue à Jérusalem n’a été confirmée que mercredi en début de soirée par le bureau d’Olmert alors même que son entourage avait exclu un tel entretien la veille.
Rice doit rencontrer également Tzipi Livni, selon le bureau de cette dernière.
Le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack, a indiqué que Rice insisterait auprès de M. Abbas sur la nécessité de faire respecter la trêve entre les groupes palestiniens et l’armée israélienne d’occupation en vigueur depuis dimanche dans la bande de Gaza.
"Nous parlerons de la situation sécuritaire, c’est sûr", a déclaré McCormack.
"Le président Abbas a déployé certains éléments de ses services de sécurité dans le nord de la bande de Gaza et il y a encore eu d’autres tirs de roquettes", a-t-il ajouté. "Nous espérons qu’ils seront efficaces pour empêcher tout nouveau tir ou toute attaque susceptible d’être lancée depuis Gaza".
Rice devrait également discuter avec M. Abbas de la situation politique et notamment de la formation d’un nouveau gouvernement qui serait acceptable pour Israël et les Occidentaux.
A cet égard, un conseiller de M. Abbas a affirmé mercredi que les discussions entre le Hamas, qui dirige le gouvernement actuel, et le parti Fatah de M. Abbas étaient de nouveau dans l’impasse.
A la veille de la visite de Rice, le chef des renseignements égyptiens, le général Omar Souleimane, dont le pays mène une médiation en vue d’un échange de prisonniers entre Israël et des groupes de la Résistance, a rencontré Olmert et deux de ses ministres, Amir Peretz (Défense) et Binyamin Ben Eliezer (Infrastructures).
Dans des déclarations à la presse, l’émissaire égyptien a affirmé que les groupes armés palestiniens tenaient au cessez-le-feu et que les violations enregistrées depuis dimanche avaient été commises "par des personnes n’appartenant à aucune faction qui cherchent à prouver leur existence".
"Nous déployons tous les efforts nécessaires pour empêcher cela (les violations) car elles ne constituent pas seulement une menace pour Israël mais pour nous aussi", a-t-il ajouté.
"Sur l’affaire Gilad Shalit je suis très optimiste. J’ai été fort heureux d’apprendre ce qu’il (Souleimane) m’a dit aujourd’hui et je prie afin qu’il (Shalit) soit de retour chez lui d’ici la fin de l’année", a déclaré Ben Eliezer à la radio militaire.
Le soldat Gilad Shalit a été capturé fin juin par des groupes résistants, à la lisière de la bande de Gaza. L’Egypte joue depuis le début de cette affaire un rôle de médiation central.
Selon la radio militaire, le Hamas exige que 1.400 détenus palestiniens soient relâchés en même temps que Gilad Shalit. Israël, en revanche, ne veut libérer qu’un millier de Palestiniens qui ne seraient libérés qu’après le retour du soldat chez lui.
Israël a par ailleurs fait savoir mercredi que sa patience face à la poursuite des tirs de roquettes palestiniennes sur son territoire avait des limites, le cessez-le-feu ayant été violé à trois reprises depuis dimanche.
"La période de test que le Premier ministre a accordée aux Palestiniens approche de sa fin", a ainsi prévenu le président de la commission de la Défense et des Affaires étrangères, Tzahi Hanegbi.
3 - La réunion entre Nouri al Maliki et George Bush à Amman reportée
George Bush et le Premier ministre irakien Nouri al Maliki sont arrivés mercredi à Amman mais leur rencontre a été reportée à jeudi, a annoncé la délégation américaine.
Les deux hommes devaient participer mercredi avec le roi Abdallah de Jordanie à une réunion de crise sur la situation irakienne puis dîner tous les trois ensemble.
"Vu que le roi de Jordanie et le Premier ministre ont participé à une rencontre bilatérale dans la journée, tout le monde s’est accordé pour dire qu’une réunion trilatérale n’avait plus de raison d’être", a déclaré aux journalistes Dan Bartlett, un conseiller de la Maison blanche.
A Bagdad, la perspective d’une rencontre entre Bush et Maliki a poussé la faction de l’imam chiite Moktada Sadr à suspendre sa participation au gouvernement irakien.
L’imam qui dirige l’Armée du Mehdi, avait promis de boycotter le parlement et la coalition de Maliki si ce dernier rencontrait, malgré ses objections, le président américain. Maliki dépend politiquement du bloc de Sadr, qui contrôle 30 sièges sur les 275 du parlement et lui a permis d’être désigné à ce poste. La faction de l’imam chiite a qualifié la visite du Premier ministre en Jordanie de "provocation contre le peuple irakien".
Le déplacement de Maliki était déjà assombri par la publication dans le New York Times d’une note interne de la Maison blanche rédigée par le conseiller à la sécurité nationale, Stephen Hadley, remettant en cause sa capacité à sauver l’Irak de la guerre civile.
Bush doit de son côté faire en sorte que la situation s’améliore en Irak afin de préparer le terrain au retrait des quelque 140.000 soldats américains déployés dans le pays. Or, comme le montre la note de Hadley, datée du 8 novembre, Washington semble douter, notamment, de la capacité de Maliki à neutraliser, comme il l’a promis, les escadrons de la mort chiites.
Hadley y déclare que Maliki reçoit des informations "indubitablement orientées" de la part de ses conseillers du parti chiite Daoua. Il semble bien intentionné, poursuit-il, mais "la réalité dans les rues de Bagdad donne à penser soit que Maliki ignore ce qui se passe, soit qu’il dit le contraire de ses intentions, soit qu’il n’a pas la capacité de transformer ses bonnes intentions en actions".
La Maison blanche a déclaré toutefois mercredi qu’elle avait confiance en Maliki et qu’elle souhaitait renforcer sa position.
Ce dernier est arrivé à Amman quelques heures avant Bush, arrivé de Lettonie, où il participait à un sommet de l’Otan. Les deux hommes ont fait savoir qu’ils évoqueraient le transfert de nouvelles responsabilités aux forces de sécurité irakiennes et le rôle que pourraient jouer les autres pays de la région dans la résolution du problème irakien.
Maliki s’est entretenu au préalable avec le roi Abdallah de Jordanie qui, comme d’autres dirigeants arabes sunnites, craint la montée de l’influence iranienne en Irak et dans la région, à la lumière notamment de la guerre qui a opposé cet été Israël au Hezbollah libanais, milice chiite soutenue par Téhéran.
Le roi a déclaré à la BBC que les dirigeants irakiens devaient empêcher que l’Irak ne soit détruit dans un "tourbillon de violence".
Autre signe de l’inquiétude croissante provoquée dans la région par la situation en Irak, un conseiller du gouvernement saoudien en matière de sécurité a prédit que Ryad utiliserait des moyens financiers, militaires et pétroliers pour empêcher les milices chiites de "massacrer des sunnites" quand les Etats-Unis se seraient retirés.
"Un engagement saoudien en Irak comporte assurément de grands risques : il pourrait déclencher une guerre régionale. Certes, mais les conséquences de l’inaction sont bien pires", écrit Naouaf Obaid dans une tribune publiée par le Washington Post.
Le journal précise que les opinions exprimées par ce conseiller n’engagent que leur auteur et non le gouvernement saoudien.
"Rester aveugle au massacre de sunnites irakiens reviendrait à renoncer aux principes fondateurs du royaume. Cela saperait la crédibilité de l’Arabie saoudite dans le monde sunnite et constituerait une capitulation face aux actions militaristes de l’Iran dans la région", poursuit Obaid.
4 - Ségolène Royal au Proche-Orient
Ségolène Royal a choisi le chaudron du Proche-Orient - Liban, Israël, territoires palestiniens - pour son premier voyage à l’étranger depuis son investiture par le PS pour l’Elysée, alors que ses détracteurs lui reprochent son manque d’expérience internationale.
Elle commence ainsi "par le plus difficile", estimait mercredi Julien Dray, "coordinateur" des porte-parole de la candidate socialiste. "Elle veut montrer qu’elle s’attaque aux problèmes, qu’elle n’est pas là simplement pour les apparences, pour les apparats, et que sa présidence sera efficace et utile pour nos concitoyens et pour la paix dans le monde".
L’entourage de Mme Royal restait mercredi très discret sur les détails du voyage, mais, selon une source officielle libanaise, elle est attendue jeudi à Beyrouth.
Dès son arrivée, elle devait se rendre au domicile de l’ancien président libanais Amine Gemayel, dont le fils, Pierre, ministre de l’Industrie, vient d’être assassiné.
Elle devrait également rencontrer le Premier ministre Fouad Siniora et le président du Parlement, Nabih Berri.
Un haut responsable israélien a, lui, annoncé mercredi matin que Ségolène Royal effectuerait une visite de 48 heures en Israël à partir de dimanche et aurait des entretiens avec Ehoud Olmert et Tzipi Livni.
Les relations entre Israël et la France traversent une phase de frictions en raison notamment des survols du sud Liban par l’aviation israélienne, source de tensions avec le contingent français de la Finul (Force Intérimaire des Nations unies au Liban). Israël reproche de son côté à Paris de mener une politique "pro-arabe" dans la région.
Ce voyage devrait permettre à Mme Royal, première femme à avoir une chance réelle d’accéder à l’Elysée, de peaufiner sa stature internationale, alors que selon M. Dray les invitations à l’étranger affluent depuis sa désignation.
5 - Ismail Haniyeh en Egypte pour des pourparlers sur les échanges de prisonniers
Pour son premier voyage à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir en mars, le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Ismail Haniyeh a entamé mercredi au Caire des pourparlers avec les autorités égyptiennes sur un échange de prisonniers avec Israël et la formation d’un gouvernement palestinien d’union nationale.
Dans le même temps, les pourparlers en Israël entre des responsables de l’Etat hébreu et le médiateur égyptien sur la question israélo-palestinienne, Omar Suleiman, n’ont pas permis d’aboutir à un accord sur un échange entre 1.400 prisonniers palestiniens et le soldat Ghilad Shalit, capturé par le Hamas au mois d’août.
Ehoud Olmert s’est déclaré "très satisfait" des discussions, mais, selon un responsable israélien ayant requis l’anonymat, celles-ci n’ont pas pu aboutir.
Par ailleurs, le cabinet d’Ehoud Olmert a annoncé qu’il rencontrerait jeudi Condoleezza Rice.
Rice, qui accompagnait George W. Bush mercredi en Jordanie, s’entretiendra également avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas jeudi en Cisjordanie.
6 - Haniyeh milite pour un Etat palestinien sur la base de 1967
Le Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh a donné le ton de son premier voyage à l’étranger depuis sa prise de fonctions en défendant mercredi une initiative fondée sur le principe d’un Etat indépendant dans les territoires extérieurs aux frontières israéliennes de 1967.
Il est temps que les gouvernements du Proche-Orient et du reste du monde fassent pression sur Israël pour l’amener à reconnaître un Etat palestinien sur cette base, a déclaré Haniyeh lors d’une conférence de presse à l’issue d’entretiens au Caire avec Amr Moussa, secrétaire de la Ligue arabe.
Haniyeh appartient au mouvement islamiste Hamas, qui prône en général un Etat palestinien dans l’ensemble de la Palestine telle qu’elle existait avant la création d’Israël en 1948. Certains observateurs font état d’une évolution prudente et progressive de la position du Hamas, arrivé au pouvoir cette année après avoir gagné les législatives de janvier.
Haniyeh a toutefois écarté une question visant à savoir si la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 (Gaza, Cisjordanie, Jérusalem-Est) constituerait une solution provisoire ou définitive au conflit israélo-palestinien.
"Avant d’évoquer le définitif ou le provisoire, nous parlons d’une vision politique palestinienne fondée pour le moment sur la mise en place d’un Etat dans les frontières de 1967", a-t-il dit.
"La question doit être posée à l’autre partie. Est-elle prête à reconnaître cet Etat ? Est-elle prête à reconnaître les droits du peuple palestinien ? A ce stade-là, nous définirons notre position de façon définitive."
Avant son départ de Gaza, Haniyeh a indiqué mardi qu’il réclamerait des soutiens politico-financiers face aux sanctions économiques imposées par les pays occidentaux à l’Autorité palestinienne après l’arrivée du Hamas au pouvoir en mars.
Son voyage de plusieurs semaines doit le conduire en Egypte, au Qatar, en Syrie, en Iran, en Jordanie, au Koweït, au Soudan, au Liban et en Arabie saoudite. Ce qui est propre à retarder les efforts visant à former un gouvernement d’union avec le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas.
7 - Le parti de Sadr suspend sa participation au gouvernement
Le parti de Moktada Sadr suspend sa participation au gouvernement irakien, pour protester contre la rencontre prévue en Jordanie entre le Premier ministre Nouri al Maliki et George Bush.
Le bloc de Sadr contrôle 30 sièges sur les 275 du parlement. "Le groupe Sadr suspend sa participation au parlement et au gouvernement en signe de protestation contre la visite, interprétée comme une provocation à l’égard du peuple irakien", fait savoir le bloc Sadr dans un communiqué.
La formation de l’imam radical a contribué à la nomination de Maliki, lui aussi chiite, au poste de Premier ministre.
8 - Onu : le Conseil des droits de l’homme sermonné et sommé d’agir sur le Darfour
Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a averti mercredi le Conseil des droits de l’homme que sa crédibilité était en jeu, six mois seulement après sa création, et lui a demandé d’organiser d’urgence une session spéciale sur le Darfour pour faire taire ses détracteurs.
Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a succédé en juin à la Commission, un organe discrédité par ses manoeuvres de couloirs, accusé d’adopter deux poids-deux mesures dans ses dénonciations des violations des droits de l’homme.
"Ce n’est qu’en vous montrant rigoureux et courageux que vous pourrez éviter de décevoir les nombreuses personnes partout dans le monde qui se tournent vers les Nations unies pour y trouver un soutien dans leur lutte pour les droits de l’homme", a averti M. Annan dans un discours adressé mercredi au Conseil, réuni à Genève pour sa 3ème session ordinaire.
"Il n’est pas trop tard" pour démentir les "critiques" et les "jugements prématurés" de ceux qui pensent que certains pays coupables de violations des droits de l’homme pourront désormais échapper à l’opprobre internationale, a assuré le secrétaire général dans son message, lu par Mme Louise Harbour, Haut commissaire aux droits de l’homme.
Le Conseil doit notamment éviter de retomber comme la défunte Commission dans "la fracture entre le nord et le sud, entre les pays développés et les pays en voie de développement", a mis en garde M. Annan.
Et il ferait taire certains de ses détracteurs en tenant une session extraordinaire sur le Darfour, un cas qui "saute aux yeux", a-t-il insisté.
Depuis sa création en juin dernier, le Conseil des droits de l’homme a tenu trois sessions spéciales, toutes consacrées au conflit israélo-arabe. Cette question ne doit pas "monopoliser l’attention au détriment d’autres sujets qui constituent des violations aussi graves, voire plus graves" des droits de l’homme, selon le secrétaire général.
"Des atrocités continuent à être commises quotidiennement" au Darfour, a ensuite renchéri Mme Arbour elle-même en mettant en cause directement les autorités soudanaises. "Le gouvernement du Soudan et les milices qui lui sont associées (...) continuent d’être responsables des violations les plus graves des droits de l’homme et du droit humanitaire", a-t-elle dénoncé.
Province de l’ouest du Soudan, le Darfour est le théâtre d’une guerre civile et d’une grave crise humanitaire depuis février 2003. Selon l’ONU, le conflit a fait plus de 200.000 morts et 2 millions de déplacés.
Mardi, le Conseil a adopté, par 25 voix contre 11 et 10 abstentions, une résolution du groupe africain sur le Darfour qui évite de mentionner le rôle du gouvernement soudanais dans ce conflit.
"Le Conseil des droits de l’homme doit préserver et renforcer le système des procédures spéciales —ce joyau de la couronne— tout en développant également une solide revue périodique universelle" pour débusquer les violations des droits de l’homme dans tous les Etats membres, a encore estimé M. Annan.
Le secrétaire général prend ainsi fait et cause pour les rapporteurs spéciaux par pays, ces experts indépendants chargés d’examiner la situation des libertés fondamentales dans les pays et qui sont très contestés au sein du nouveau Conseil face à leurs défenseurs occidentaux, désormais très inférieurs en nombre.
Sa mise en garde intervient au surlendemain de l’adoption par 30 voix contre 15 et 2 abstentions d’une résolution déposée par l’Algérie au nom du groupe africain demandant la mise en place d’un "code de conduite" pour les rapporteurs spéciaux, qui reviendrait à les museler.
"Nous devons regarder les choses en face : les Etats ne sont pas seulement les protecteurs collectifs de nos normes internationales (des droits de l’homme) mais aussi, trop souvent, ceux qui violent ces normes", a souligné le secrétaire général.
9 - Algérie : plus de 700 cas de SIDA recensés en 2006
La situation des séropositifs et malades du SIDA s’est améliorée en Algérie ces dernières années mais ces personnes restent frappées d’exclusion dans la société, a déclaré mercredi le professeur Abdelwahab Dif, président du Comité algérien de lutte contre le SIDA (CNLS).
Le CNLS a recensé 740 malades du SIDA et 2.092 séropositifs, dont 682 sont traités, entre le 1er janvier et le 31 septembre 2006. On dénombre 282 décès depuis 1985. Le bilan fait ressortir une répartition presque égale entre les hommes, avec 339 cas, et les femmes, 336 cas, plus une dizaines de cas d’enfants séropositifs.
Sur 1.470 personnes qui se sont présentées cette année dans les 54 centres de dépistage mis en place par le ministère de la Santé, 14 étaient séropositives, selon le CNLS.
"Le traitement et le suivi biologique sont pris en charge par l’Etat, ils sont donc gratuits dans les sept centres de soins, mais ils ne suffisent pas car il y a défaillance sur les plans psychologique et social", a souligné le Pr Dif.
Il a reconnu que la société algérienne était "sans pitié" avec les porteurs du VIH, les stigmatisant et les culpabilisant.
Avec la prostitution, a-t-il rappelé, la drogue, la délinquance, le phénomène de l’immigration et la précarité, "l’un des facteurs qui contribue le plus au développement du SIDA est l’ignorance".
10 - Les autorités d’occupation libèrent un ministre palestinien
Les autorités d’occupation ont remis en liberté un des ministres palestiniens, membres du Hamas, qui avaient été placés en détention après la capture du soldat Gilad Shalit par des résistants en juin dernier.
On ignore pour l’instant si la libération du ministre des Travaux publics et du Logement, Abdel-Rahman Zidane, a partie liée avec un éventuel accord sur l’échange de prisonniers. Un porte-parole des services d’Olmert s’est borné à indiquer que la libération du ministre avait été ordonnée par un tribunal militaire.
Zidane, qui avait été arrêté par les forces d’occupation le 3 novembre, a été remis en liberté à un poste de contrôle proche de Djénine, en Cisjordanie. Il a été accueilli et acclamé par des partisans du Hamas et par sa famille.
Zidane a déclaré avoir été interrogé sur son rôle au sein du gouvernement palestinien et avoir été détenu dans des conditions inconfortables. "J’espère que cette ingérence va cesser. Cela ne favorisera pas la paix dont parle Israël", a dit Zidane à Reuters après avoir été relâché.
Le ministre palestinien a été relâché à la veille d’une rencontre entre Condoleezza Rice, et Ehud Olmert. Rice aura également, jeudi, un entretien avec le président palestinien, Mahmoud Abbas.
La libération de Zidane coïncide aussi avec la visite en Israël du chef des services de renseignement égyptiens, Omar Souleiman destinée à évoquer un éventuel accord sur un échange de prisonniers palestiniens contre le caporal Shalit. Des dizaines de députés membres du Hamas et des ministres ont été faits prisonniers par Israël après la capture de Shalit. Plus de 20 d’entre eux sont toujours derrière les barreaux.
(Mercredi 30 novembre 2006 - Avec les agences de presse)
Se tenant à côté de Condoleeza Rice, la Secrétaire d’Etat américaine, pendant leur conférence de presse à Jéricho, jeudi 30 novembre, le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré que les efforts pour former un gouvernement d’unité nationale avec le Hamas étaient dans une impasse.
Il a ajouté, sur un ton menaçant, qu’il prendrait bientôt des mesures pour la formation d’un nouveau gouvernement, à la place de l’actuel dirigé par Ismael Haniya, dont la tâche principale sera la levée de l’embargo financier et économique sur les Palestiniens, initié par les Américains et renforcé par les Israéliens.
Mais le comportement réellement scandaleux d’Abbas fut sa référence à une allocution donnée par le Premier Ministre israélien Ehud Olmert, il y a quelques jours dans le sud d’Israël, qu’il a jugée "positive".
Dans cette allocution théâtrale, déjà qualifiée par l’ensemble de la presse israélienne de « revirement », Olmert a dit qu’Israël se retirerait de "beaucoup de territoires", "libèrerait beaucoup de prisonniers" et rendrait les taxes de douane palestiniennes retenues par les autorités israéliennes pour punir les Palestiniens d’avoir élu un gouvernement qui déplaît à Israël.
Et toute cette charité sioniste ne serait accordée que si les Palestiniens acceptaient de renoncer au primordial Droit au Retour, mettraient fin à la résistance armée à l’occupation militaire et accepteraient les autres exigences israéliennes.
Je ne comprends vraiment pas ce que n’importe quel Palestinien, à part le Président de l’Autorité Palestinienne, pourrait voir de positif dans un tel discours.
Olmert n’a rien dit qui pourrait être interprété comme un abandon des politiques israéliennes antérieures, basées sur une perpétuation de l’occupation et de la colonisation de la terre palestinienne.
En fait, c’est tout l’inverse, car Olmert a indiqué qu’Israël garderait beaucoup de la Cisjordanie occupée, maintiendrait intacts les larges blocs de colonies et ne rendrait jamais Jérusalem Est à ses propriétaires légitimes.
Et, cerise sur le gâteau, il conseille vivement aux Palestiniens d’oublier le Droit au Retour de millions de réfugiés malheureux qui attendent depuis des décennies d’être rapatriés dans leurs maisons et leurs villages situés dans ce qui est maintenant Israël.
Bon, à quelle sorte de règlement de paix final cela ressemblerait-il ?
Sommes-nous en train de parler de la version moderne d’une métamorphose kafkaïenne ?
Qu’est-ce qu’a bien pu voir M. Abbas de positif, dans le discours d’Olmert, que nous ne voyons pas ?
C’est réellement honteux que le dirigeant palestinienne soit resté silencieux lorsque Rice s’est mise à gloser sur la même vieille bêtise offensante du "redémarrage du processus de paix", "des mesures basées sur la confiance" et de l’"Etat viable et géographiquement continu".
Nous entendons ces paroles mensongères depuis des années, en même temps que l’occupation et le vol de la terre continuent sans répit avec l’accord des Américains.
La semaine dernière, le mouvement La Paix Maintenant, citant des rapports de l’armée israélienne, a révélé que plus de 40% des colonies juives de Cisjordanie sont construites sur des terres palestiniennes privées.
Il est intéressant de constater que pas un seul officiel de l’Administration Bush n’a dit quoique ce soit sur cet immense vol de terre par « la seule démocratie du Moyen-Orient ».
Pourquoi ? Parce que la politique américaine sur l’expansion des colonies juives en Cisjordanie est le miroir de la politique israélienne. Evidemment, si qui ne dit mot consent, c’est la seule conclusion que n’importe quelle personne honnête tirera à ce sujet.
Selon les assertions de Rice disant que les colonies ne seraient pas préjudiciables à un accord final entre Israël et les Palestiniens, nul n’a pas besoin d’être expert en politique étrangère américaine pour réaliser que ces affirmations ne sont rien d’autres que des foutaises destinées à tromper les dirigeants palestiniens et arabes crédules qui interprètent tout sourire ou mot gentil venant d’un officiel américain comme une indication que l’Amérique, finalement, adopte une nouvelle politique basée sur la morale, la justice et la loi internationale.
Je me demande, vraiment, pourquoi M. Abbas n’a pas pris Rice à partie en lui demandant de condamner l’énorme vol de terre, et le déclarer nul et non avenu ? Ne sait-il pas comment exprimer les souffrances de son peuple aux visiteurs étrangers ? Ne peut-il pas se faire l’avocat des droits de son peuple ? A quoi sert un « président » s’il ne fait ou ne peut faire ce qu’il est supposé ?
C’est largement clair maintenant qu’Abbas échoue à exercer sa mission de Président de Palestine !! (le titre lui-même est faux puisqu’il n’y a pas d’Etat palestinien et ce n’est pas dans l’intérêt du peuple palestinien de faire comme s’il y en avait un, alors qu’il n’existe pas).
Pourquoi ne s’est-il pas souvenu de la visite de l’ancien kremlinologue, dont la connaissance des vicissitudes du dossier Palestine est au mieux médiocre, disant qu’il n’y aura jamais de véritable et durable paix en Palestine, et bien sûr dans tout le Moyen-Orient, tant qu’Israël ne mettra pas fin à son occupation de TOUTES les terres arabes occupées en 1967 et ne permettra pas un règlement juste de la condition des réfugiés palestiniens selon la résolution 194 des Nations Unies ?
N’est-ce pas cela, après tout, la dernière référence légale sur laquelle tous les efforts de paix sont supposés être basés ? Pourquoi ne l’a-t-il pas dit ? A-t-il eu peur de troubler les sentiments et la sérénité de la dame noire ? A-t-il craint de perdre son certificat américain de bonne conduite en exprimant avec force les doléances de son peuple ?
En réalité, Abbas et les autres dirigeants palestiniens ne devraient jamais chercher à obtenir de certificats de bonne conduite de l’Amérique et d’Israël, les bourreaux du peuple palestinien, ou même de l’Europe, lorsque l’obtention de ce certificat se fait aux dépens du peuple palestinien.
Nous savons tous qu’au Moyen-Orient, recevoir un certificat de bonne conduite de l’Amérique est souvent un simple euphémisme pour aliéner le peuple.
Et au sujet du gouvernement d’unité nationale avec le Hamas, c’est vraiment triste qu’Abbas ait choisi de fustiger et de critiquer le Hamas pendant qu’il était en compagnie de Rice.
L’homme a-t-il voulu lui dire qu’il était plus loyal à sa soumission à la Maison Blanche qu’aux intérêts nationaux palestiniens ?
J’ai bien peur qu’il y ait déjà eu des signes inquiétants qu’Abbas soit devenu une autre marionnette américaine dans la région, tout comme Qarazai en Afghanistan et Maliki en Iraq.
Il peut bien sûr clamer qu’il fait tout ceci dans l’espoir que les Américains forcent les Israéliens à lui donner quelque chose.
Mais c’est prendre ses désirs pour des réalités, comme l’a montré l’amère expérience d’Arafat.
Palestine: Vers un coup d’Etat en Palestine ?
Dans la dernière édition du Monde Diplomatique, Alain Gresh s’inquiète d’une action concertée d’Israël, des gouvernements occidentaux, d’une partie des régimes arabes et d’une fraction du Fatah pour renverser le Hamas, maintenant qu’une bonne partie de ses élus a été kidnappée et emprisonnée par les responsables israéliens.
La question peut sembler saugrenue. Après tout, il n’existe pas d’Etat palestinien. Pourtant, il apparaît clairement qu’il existe une volonté commune du gouvernement israélien, du gouvernement américain, d’une partie des gouvernements européens et des gouvernements arabes dits modérés, et d’une fraction même du Fatah de renverser le gouvernement issu des élections législatives de janvier 2005, qui ont donné une majorité au Hamas.
On a pu ainsi entendre ces étranges propos du porte-parole du Fatah au Conseil législatif, Jamal Al-Tirawi affirmant que « nous allons renverser le gouvernement du Hamas. Nous sommes maintenant la majorité. » Ce que le porte-parole du Fatah ne précise pas c’est que cette majorité n’est rendue possible que par l’arrestation par l’armée israélienne de nombreux députés du Hamas. Cette déclaration, jointe à la grève de fonctionnaires (déclenchée par des syndicats proches du Fatah) qui réclament le paiement de leur salaire (rendu difficile par le boycottage de la « communauté internationale » et le refus d’Israël de payer les droits de douane de 50 millions de dollars mensuels dus à l’Autorité palestinienne), est caractéristique du climat. Les milices du Fatah n’ont d’ailleurs pas hésité, à plusieurs reprises, à imposer aux commerçants palestiniens des grèves de protestation contre le gouvernement palestinien.
Ces grèves ne sont pas seulement manipulées. Elles s’appuient sur un vrai mécontentement du au blocus imposé par la communauté internationale contre le peuple palestinien. Tous les rapports confirment la détérioration sans précédent de la situation matérielle des Palestiniens. Un nouveau rapport de l’envoyé spécial des Nations unies pour les territoires occupés, Special John Dugard, rendu public le 26 septembre, a noté que l’action israélienne à Gaza relevait du « nettoyage ethnique » et que la vie des Palestiniens était devenue « tragique et intolérable ». Il a aussi accusé Israël et les pays occidentaux de la détérioration de la situation.
Si le Fatah peut profiter de ce contexte, ce n’est que très relativement. La journaliste Amira Hass dans un article d’aujourd’hui de Haaretz intitulé « Missing the governement of thieves » (Quand le gouvernement des voleurs est regretté) notait les slogans des manifestants grévistes palestiniens : « Non à Ismaïl, non à Haniyeh, nous voulons le retour du gouvernement des voleurs. » (rappelons qu’Ismaïl Haniyeh est le premier ministre palestinien, issu du Hamas). Et Amira Hass résume le sentiment d’une partie de la population : « Le gouvernement du Hamas est peut-être propre, mais les voleurs du Fatah valent mieux. Après tout, quand le Fatah était au pouvoir, nous étions payés. » Et la journaliste d’expliquer que le Fatah, « qui a du mal à digérer son écartement du pouvoir, s’appuie sur logique des demandes internationales et agit de manière à renverser un gouvernement élu ».
Malgré cette situation, un sondage publié le 26 septembre indique un maintien de la côte de popularité du Hamas. Selon les résultats, 42% des Palestiniens sont satisfaits de l’action du gouvernement et 54% insatisfaits. Les gens disposés à voter pour le Hamas représentent toujours 38% (même pourcentage qu’il y a trois mois), alors que la popularité du Fatah n’a que légèrement augmenté à 41%. Si la côte de popularité de Mahmoud Abbas atteint 55%, en cas de nouvelle élection présidentielle, seulement 31% des électeurs voteraient pour lui, contre 24% pour Haniyeh et 13% pour Marwan Barghouti, le dirigeant du Fatah emprisonné par les Israéliens. (Notons que selon ce sondage, 56% des Israéliens sont favorables à des négociations avec un gouvernement palestinien dirigé par le Hamas).
Rappelons un peu la chronologie des événements. A la fin juin, le Fatah et le Hamas se mettent d’accord sur le fameux « document des prisonniers », élaboré par des prisonniers politiques de toutes les tendances politiques (le Djihad islamique émet certaines réserves). Il contient trois principes : acceptation de la création d’un Etat palestinien sur les territoires occupés en 1967 (et donc reconnaissance de facto d’Israël) ; limitation des actions armées aux territoires occupés ; Mahmoud Abbas serait chargé de mener les négociations de paix avec Israël (notons que selon les accords d’Oslo c’est l’OLP et non l’Autorité palestinienne qui est chargée des négociations avec Israël). L’enlèvement du soldat israélien le 25 juin entraîne une offensive générale israélienne et les négociations entre le Hamas et le Fatah sur la création d’un gouvernement d’union nationale sont suspendues.
Elles reprennent et semblent aboutir au début septembre à un accord, le gouvernement d’union nationale étant dirigé par le Hamas. A la veille de son départ à New York, le président Abbas suspend les négociaitons. Il rencontre le président Bush et, à la suite de cette entrevue, il intervient à l’Assemblée générale en affirmant que tout gouvernement palestinien sera tenu par les lettres de reconnaissance mutuelle entre Arafat et Rabin, du 9 septembre 1993 (échangée à la veille de la signature des accords d’Oslo). Rappelons que, dans ces lettres, l’OLP reconnaît l’Etat d’Israël alors qu’Israël se borne à reconnaître l’OLP comme représentant des Palestiniens.
Cette demande de Mahmoud Abbas de reconnaissance explicite d’Israël par le futur gouvernement, y compris donc par le Hamas, est totalement irréaliste en ce moment. Le Hamas ne peut y consentir pour deux raisons : pour des raisons internes d’abord, un changement aussi profond de son programme ne pouvant aboutir qu’à l’éclatement du mouvement ; mais surtout parce qu’une telle reconnaissance serait prise sans aucune contrepartie sérieuse d’Israël. Le journaliste israélien Dany Rubinstein, dans le quotidien Haaretz, posait la question « Why recognize Israel ? » (Pourquoi reconnaître Israël ?). Il rappelait que l’OLP, qui a reconnu Israël, n’a rien gagné à la suite de ce geste. D’ailleurs, tous les sondages montrent que l’opinion palestinienne ne demande pas au Hamas de faire cette concession. Compte tenu de l’ampleur de la colonisation qui n’a arrêté à aucun moment depuis 1973, Dany Rubinstein note que « le message israélien est devenu sans équivoque : vous, Palestiniens, n’avez aucune chance. Vous avez reconnu Israël et ce que vous avez reçu en échange est la liquidation de tous vos espoirs nationaux. Pourquoi faudrait-il que le Hamas répète cette même reconnaissance d’Israël pour dont nous avons déjà vu les résultats ? »
Pour l’instant, la direction du Fatah n’est pas unie. Mahmoud Abbas lui-même est hésitant. Il est soumis à une multitude de pressions : internes (de nombreux cadres du Fatah sont hostiles à l’accord et ne veulent aucun partage du pouvoir). Mais les pressions des gouvernements étrangers ne sont pas moins fortes : Israël et les Etats-Unis ne veulent pas du Hamas ; les Etats arabes modérés encore moins (un gouvernement d’union nationale avec les islamistes risque de donner des idées chez eux) ; une partie des gouvernements européens (mais, globalement, l’Union est plutôt neutre)... Si le gouvernement issu des élections de janvier devait tomber dans ces conditions, la leçon envoyée aux peuples de la région serait « claire » : vous avez le droit de voter, à condition de voter comme l’entendent les Etats-Unis, Israël et les pays arabes « modérés »... On ne s’étonnera pas après que les discours les plus extrémistes de rejet de « la démocratie occidentale » trouvent au Proche-Orient une oreille plus attentive...
Dec 15, 2006, Ismaël Haniyeh, le Premier ministre palestinien, est retourné à la bande de Gaza, après une tournée dans certains pays arabes et musulmans, bien que les autorités de l’occupation israélienne lui aient mis des bâtons dans les roues en fermant le passage de Rafah qui sépare l’Egypte et la Bande.
Des milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans ledit passage pour recevoir leur Premier ministre, en défiant les mesures des Israéliens, affirme Ismaël Ridwan, porte-parole du mouvement de la résistance islamique "Hamas".
Ridwan a chaleureusement salué la position de ces milliers de citoyens palestiniens aux côtés du Premier ministre.
Dr. Mustafa Barghouthy
Secrétaire Général : Initiative National Palestinien
Traduit de l’anglais par Mariam Rossignol
Ce n’est pas difficile de s’apercevoir qu’il existe à l’intérieur d’un système politique d’un pays un problème lorsque ce pays passe a travers cinq gouvernements consécutifs dans l’espace d’un an. La venue du deuxième gouvernement d’Ahmed Qureia au début de décembre amène les palestiniens à un face- à - face à la crise de leur system politique. Ce cinquième attentat de solidifier un gouvernement palestinien cependant a pour conséquence rien de distinctif. Il reste à croire qu’un sixième gouvernement le suivra bientôt.
Les circonstances relatives à la venue du gouvernement de Qureia ne sont différentes que d’une manière négligeable des circonstances des gouvernements précédents. La ‘vieille garde’, qui n’est pas représentative du peuple, domine encore et continue de dévaliser le system politique et par conséquent la légitimité des négociateurs pour la paix. La continuité de l’impasse fournie le Premier Ministre Israélien, Ariel Sharon, l’excuse de maintenir le statut quo et de poursuivre les intérêts déterminés au préalable - c'est-à-dire d’intensifier l’occupation illégale et la création d’un horrible system apartheid en Cisjordanie. Pendant ce temps, les administrateurs Palestiniens semblent à peine voire au-delà d’une intensification de compétition interne pour qui va apporter quoi aux Israéliens le premier. Ces administrateurs entreprennent de nouveaux accords bâtis sur des réalités irréelles pendant que Sharon continue de construire des réalités de facto d’annexion et d’apartheid sur le terrain.
De sombres prédictions sur l’avenir du gouvernement d’Ahmed Qureia sont peut-être inévitables tenant en compte le destin qu’à subit les quatre gouvernements précédents. Les causes responsables des échecs consécutifs sont cependant nettement encore en vue. Le fait que la Palestine est passée à travers cinq consécutifs gouvernements dans l’espace d’un an démontre une crise profonde à l’intérieur de sa structure politique. Cette crise persistera aussi longtemps que le système politique restera un système ‘impénétrable’. Le system de gouvernement actuel à empêcher l’implémentation de nombreuses méthodes et réformes qui sont fondamentales pour le development de procédés pour mettre en marche un system de gouvernement représentatif du peuple.
Le processus le plus évident qui manque et dont la Palestine a le plus besoin est des élections démocratiques. Le gouvernement actuel et le conseil législatif ont continuellement trouvés des moyens pour rester au pouvoir passé la durée de leur terme, qui aurait dû se terminer avec des élections en 1999. Depuis ce temps, le parlement fonctionne sans l’approbation du peuple avec une majorité de 66% de membres du parti Fatah. Le parti au pouvoir a une majorité absolue qui, depuis au moins les derniers sept ans, est restée invariable due à l’absence du procès électoral. Cette absence se reflète dans tous les secteurs de la société. Au niveau municipal, il n’y a pas eu d’élections depuis 1976 après quoi Israël a empêché toutes possibilités d’élections jusqu'à 1994.
Depuis son inauguration cette année, l’Autorité Palestinienne s’est donnée la responsabilité de nommer quelques 6,000 députés municipaux au lieu de déclarer des élections.
Depuis presque une décennie au pouvoir, l’AP a sans doute développé une aversion à tenir des élections. Tout probablement l’AP est opposée a un system public par crainte de perdre l’autorité et le pouvoir qu’elle jouie depuis si longtemps. Le manque d’élections et l’incapacité de transformer le system palestinien de gouverner en un system de gouvernement responsable, a sévèrement affecté toute espérance politique viable en Palestine. Plusieurs députés du Conseil Législatif Palestinien et des membres de la société civile ont fait pression publiquement pour tenir des élections au niveau législatif et présidentiel en Palestine. Afin d’avoir des élections, cependant, il doit y avoir un consensus caractérisé par des décisions prisent d’une façon unanimes, tel qu’imposer par l’Initiative National Palestinienne, un mouvement démocratique de l’opposition établi en juin 2002. Ces groupes d’opposition qui tentent de joindre le processus politique et de participer au processus de décisions sont bloqués par le statu quo. L’incapacité de ces groupes d’exprimer leurs opinions, d’être entendus, et d’être représentés affaiblie rigoureusement la société civile- une dynamique importante dans le processus de démocratisation et la création d’une nation.
Ceux qui négocient maintenant pour le futur de la Palestine, mettent en question la légitimité de toutes négociations avec Israël puisqu’ ils ne sont pas élus et par conséquent ils n’ont aucune autorité comme représentant du peuple. Des élections sont essentielles comme condition nécessaire pour la paix. L’expérience européenne démontre clairement qu’une paix véritable, viable et durable ne peut être établie qu’entre démocraties et ratifier par des représentants qui sont librement élus.
Ceux qui refusent de tenir des élections non seulement trahissent le peuple palestinien mais aussi tombent directement dans le piège de Mr. Sharon. Celui-ci demande comme conditions préalables pour toutes négociations, simultanément, une réforme politique pendant qu’il détruit systématiquement touts efforts de réforme.
Définir l’Autorité Palestinienne comme un régime de terreur corrompue n’est pas un appel à des réformes palestiniennes mais un prétexte pour Israël de continuer ses violations et de refuser de se conformer à la Feuille de Route proposée par les Etats-Unis. La dernière chose que Sharon souhaite est n’importe quelle légitime institution représentative palestinienne et certainement il ne veut pas que le peuple palestinien soit donné plein pouvoir par l’installation d’un gouvernement démocratique. Comme tel c’est improbable qu’il mettra fin à l’occupation et à ses politiques de punir collectivement en imposant des bouclages, contrôles et couvres- feu qui limite les libertés des palestiniens. De cette manière il empêche le development d’une société démocratique. L’occupation en cours sert en plus à l’ Autorité Palestinienne pour justifier la suspension d’un system électoral comme une condition physique sur le terrain. Sous la situation présente d’assiéger, la fragmentation des territoires palestiniens, le manque de liberté, l’intensité de la présence constante de l’armée israélienne et les incursions, il est impossible d’avoir des élections libres et justes.
Par conséquent, les démocrates palestiniens et la population en générale sont dans une impasse malgré leur désespoir pour un changement. Des élections sont sans aucun doute essentielles afin de rétablir un système politique viable, mettre fin à la crise politique et donner un esprit de légitimité à toutes initiatives de paix. La liberté de déplacement est nécessaire pour que des élections aient lieu. L’AP n’est pas inexact en déclarant qu’il est impossible de tenir des élections sous le climat actuel d’occupation et de siège.
Récemment, M. Qureai céda à la pression du peuple en annonçant une date pour des élections en juin 2004. Ces élections, cependant, n’auront pas lieu à moins que la communauté internationale fournisse une présence pour garantir la réduction des présentes conditions politiques et territoriales qui rendent ces élections impossibles.
La communauté internationale doit exiger et assurer le PA des élections libre et juste. Ces élections nécessitent la liberté de déplacement qui ne peut être obtenue que par le retrait des forces militaires israéliennes et l’enlèvement de touts les contrôles.
Les célébrations à Londres, Genève et Madrid des medias pour des rencontres et des ententes fondées sur des réalités irréelles ne valent peu lorsque la réalité sur le terrain est la solidification de l’occupation et la création systématique de l’apartheid. La réalité est que Sharon continue la destruction de la véritable possibilité de paix, c'est-à-dire la solution de deux états
C’est une redistribution totale de la donne au proche orient au lendemain de la victoire aux élections législatives palestiniennes du Hamas, le parti radical islamiste palestinien qui appelle entre autre à la destruction de son voisin hébreu.
Le groupe radical islamiste, qui prône la lutte armée et la destruction de l'Etat juif, a affirmé dans la matinée avoir remporté la majorité des 132 sièges du Parlement lors des législatives de mercredi, auxquelles il participait pour la première fois.
Une source à la Commission électorale a confirmé à l'AFP la victoire du Hamas. "Le Hamas a devancé le Fatah, notamment dans les circonscriptions", a-t-elle indiqué, en faisant état de la fin du dépouillement des bulletins de vote. Les premiers résultats officiels sont attendus à 18h00.
Personne ne s'y attendait : la victoire du Hamas est un véritable séisme politique dans la région, et plonge la Palestine dans l’incertitude la plus totale alors que la communauté internationale considère ce parti politique comme une organisation terroriste, que les américains ne veulent pas entendre parler de cette organisation dans la gestion de la feuille de route et que l’état hébreu a prévenu qu’il n’y aura aucune négociation avec les terroristes du Hamas.
Comment Israël pourrait il en effet prétendre à discuter avec des membres d’une organisation qui rappelait encore la veille même du scrutin qu’il était hors de question de retoucher la charte du Hamas qui appelle à la destruction de l’état hébreu, de la bouche même d’un de ses leaders charismatiques Mahmoud Al Zahar (cf photo)
Cette victoire ne devrait pas automatiquement entraîner l'éviction du président Mahmoud Abbas, l'héritier de Yasser Arafat et le chef du Fatah qui a été élu l'an dernier bien que celui ci ait déjà laissé entendre qu'il pourrait renoncer au pouvoir s'il n'était pas en mesure de poursuivre une politique de paix, ce qui semble aujourd’hui être le cas avec un Fatah mis en minorité.
Djibril al-Rajoub, un haut dirigeant du Fatah en Cisjordanie a reconnu sa défaite et annoncé la couleur en déclarant : " Le Fatah rejette tout participation dans un gouvernement formé par le Hamas. (…)Le Hamas doit prendre ses responsabilités. Le Fatah agira en tant qu'opposition constructive. "
Le premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, a immédiatement donné sa démission au président de l'autorité palestinienne afin que celui ci désigne un nouveau leader au sein du Hamas et qui sera chargé de former un nouveau gouvernement.
C’est donc une Palestine qui s’écarte violemment du processus de paix de la feuille de route américaine et les nouveaux dirigeants politiques devront dans les prochains jours définir leur politique officielle devant une communauté internationale encore médusée par cette victoire à laquelle personne ne voulait vraiment croire.
Alors que le nouveau premier ministre par intérim Ehud Olmert semblait être confiant dans la poursuite du processus de paix et la création d’un état palestinien avec la future nouvelle autorité palestinienne modérée qu’il espérait être incarnée par les représentants du Fatah, la victoire du Hamas risque d'entraîner de nouvelles initiatives unilatérales violentes de la part de l'Etat hébreu qui, sous la houlette d'Ariel Sharon, avait imposé l'été dernier le retrait des colonies juives et de Tsahal de la bande de Gaza pour mieux asseoir son contrôle sur la " Judée-Samarie, nom biblique de la Cisjordanie conquise en 1967 par les armes et que les ultra nationalistes juifs entendent faire leur territoire en créant un " Grand Israël ".
Le Premier ministre, Ehud Olmert, qui assure l'intérim d'Ariel Sharon depuis son hospitalisation et sa plongée dans le coma avait fait savoir que l'Etat hébreu ne négocierait pas avec un gouvernement palestinien qui ne "combattrait pas le terrorisme" et ne désarmerait pas les activistes et le président américain George W. Bush a affirmé que les Etats-Unis ne traiteraient pas avec le Hamas, sauf si ce dernier reconnaissait l'existence de l'Etat d'Israël.
Il faudrait que les dirigeants du Hamas effectuent un virage à 180 degrés pour que le processus de paix ait un espoir de survie, que ceux ci retirent de leur charte la volonté de détruire l’état d’Israël et qu'ils reconnaissent l’état juif afin d'entamer des négociations, un nombre de conditions qui auraient été qualifiées il y a quelques jours seulement tenir de la science fiction...
Les palestiniens n'en sont peut être pas conscients mais, en plus d'avoir écarté le Fatah et l'ensemble des ses dirigeants qu'ils jugent inefficaces à négocier avec Israël et globalement trop corrompus, ils ont amenés les islamistes au pouvoir et, en dehors d'une future confrontation violente avec l'état hébreu qui se concrétisera par un retour à la force armée de sa part, les palestiniens évidement perdre une partie de leur liberté en ayant appelé l'obscurantisme dans les urnes.
Le Hamas et les islamistes sont maintenant au pouvoir en Palestine, c'est un fait qu'il faudra assumer pour les palestiniens comme pour la communauté internationale. Les espoirs de paix se sont envolés, la place est maintenant aux revendications violentes et au sang, un cycle infernal dont la Palestine souffre de ne pas réussir à sortir...
La "Palestine" ne manque pas de faux alliés, ni les Palestiniens de faux amis. À l’heure où le chaos gagne la bande de Gaza avant de s’étendre prochainement à la Cisjordanie, peu de voix, en France, s’élèvent pour pointer du doigt les vrais responsables de cette tragédie. Ceux qui se prétendent les alliés des Palestiniens préfèrent conforter leur sentiment de victimisation là où il faudrait, comme le font les vrais amis, leur dire la vérité.
C’est ainsi que refleurissent les expressions telles que "prison à ciel ouvert", "mur de l’apartheid", "désespoir" et autres "humiliation", censées donner les clés pour la compréhension de la situation actuelle. C’est en tout cas celles qu’utilisait René Backman, journaliste au Nouvel Observateur et auteur du livre "Un mur en Palestine", chez Frédéric Taddei, le 14 juin dernier sur France 3.
Quand Israël occupait Gaza jusqu’en août 2005, la pénurie et la pauvreté des Arabes étaient censées être dues à l’affront que représentaient les riches implantations israéliennes, label de l’arrogance juive toujours prête à écraser et à humilier le dénuement arabe. Les Palestiniens étaient, de plus, "entassés", le dos à la mer, 1,2 millions d’habitants sur 360 kilomètres carré, ce qui fait quand même une densité huit fois moindre que celle de Paris. Mais il ne faut surtout pas dire aux Parisiens que les Palestiniens ont huit fois plus d’espace qu’eux : on plaint tellement mieux des victimes qui vivent dans une fourmilière surpeuplée !
Après la dramatique évacuation de la population juive de Gaza et son cortège d’histoires personnelles déchirantes, Israël pouvait espérer avoir comblé les espérances des Gazaouis en les libérant de toute présence juive. De plus, en héritant de serres et d’implantations intactes, les paysans arabes avaient de quoi rebondir et commencer à amorcer la pompe de la prospérité.
C’était sans compter avec ce qui, malheureusement, constitue la vraie nature de la Palestine : elle n’existe tout simplement pas ! C’est un concept. Un concept ? Oui, prenez un couteau, retirez-en la lame et le manche, il vous reste le concept. La Palestine n’a pas d’Histoire autre que l’Histoire judéo-chrétienne, ni de peuple présent depuis plus d’un siècle autre que le peuple juif. C’est un concept.
Nous avons, à Primo-Europe, maintes fois expliqué pourquoi ce concept de "peuple palestinien" est une pure invention . Même si, devant la situation dramatique d’aujourd’hui, certains médias évoquent le fait que les Gazaouis sont des Egyptiens et les Cisjordaniens des Jordaniens, avec la langue, l’accent et l’histoire correspondantes, ne pas considérer cet assemblage hétéroclite comme autre chose qu’un peuple est encore tabou. Un tabou issu d’un leurre dont l’unique vocation éminemment antisémite est de faire disparaître toute trace juive de la région.
Cette absence d’existence essentielle est au cœur de la problématique palestinienne. Elle seule permet de comprendre la corrélation entre les pics des courbes du terrorisme et des progrès du processus de paix. Elle seule permet de déchiffrer le paradoxe de l’accentuation de la violence palestinienne contre les villages du sud d’Israël après l’évacuation de Gaza.
Un peuple qui n’existe pas ne peut entrevoir qu’avec anxiété et panique la fin de ses "souffrances" car ce sont ces seules " souffrances " qui constituent son identité. Retirez-lui son imagerie victimaire et il s’étiolera en quelques semaines. Alimentez-le en symboles douloureux (le "mur"), en récits d’afflictions (les paysans "spoliés"), en iconographie sanglante, et vous lui permettrez de poursuivre encore quelque temps son numéro d’illusion où le premier aveuglé sera lui-même.
Pour y parvenir, il lui faut aussi des émissaires, des idiots utiles et de faux amis.
Les émissaires comme Hind Khoury , Déléguée générale de la Palestine en France, ou Leila Shaid désormais basée à Bruxelles sont là pour marteler les mêmes slogans qui, bien qu’énormes, finissent par se transformer en vérités à force d’être répétés. L’équation est simplissime : "l’occupation" israélienne depuis 40 ans est à l’origine de tous nos maux.
Tous ? Voire…
Quels étaient-ils donc alors ces maux lors de la création de l’OLP en 1964 ? Qu’est-ce que cette Organisation de Libération de la Palestine voulait libérer en 1964, trois ans avant la Guerre des six jours ? Haïfa ? Tel-Aviv ? Ces fameux maux concerneraient-ils donc autre chose que les territoires revendiqués en 2007 ? Y aurait-il un rapport avec les manuels scolaires palestiniens qui ignorent avec superbe l’Etat d’Israël ? Avec l’écusson qu’arborait Arafat sur son bras gauche, représentant une Palestine sans Israël ?
Autant d’informations dont ne disposent pas, en général, les idiots utiles, paresseux de l’Histoire mais amateurs d’événements festifs. Quand Ingrid Betancourt est élevée au rang de citoyenne d’honneur, quoi de plus festif que d’en faire de même avec le terroriste Marwan Barghouti, responsable de la mort de dizaine de civils, femmes, enfants et vieillards ?
Cette initiative de la maire communiste de Pierrefitte, Catherine Henriot, a nécessité une explication de texte savoureuse de la Secrétaire générale du PCF, Marie-George Buffet. En substance, elle explique que dans un souci de "dialogue et de compréhension mutuelle", il faut favoriser la libération de Barghouti, ce qui constituerait un geste de bonne volonté pour avancer vers la paix.
Si on devine derrière ses propos une naïveté déguisée en pragmatisme, on comprend moins pourquoi il lui semble nécessaire d’aller jusqu’à élever un terroriste au rang de citoyen d’honneur ! Il y a quelque chose de profondément munichois dans l’attitude contrite de ceux qui sont prêts à de telles initiatives, tétanisés qu’ils sont par la menace terroriste qui pourrait venir lécher nos douces provinces. Mais quand on a affaire aux idiots utiles, on ne doit s’attendre ni à de la cohérence ni à du courage.
Les faux amis sont avant tout des antisémites. L’avenir de la Palestine est le cadet de leurs soucis. Seul leur importe le fait qu’il y ait des Juifs à fustiger dans les parages. En faire la liste serait risqué de notre part : les procédures judiciaires, après désignation de l'antisémitisme de certains, sont devenues à la mode. Mais ils se reconnaîtront et vous les reconnaîtrez parmi les nombreux artistes, chanteurs, comiques, écrivains et cinéastes qui squattent les plateaux de télévision avec la complicité d’animateurs jubilant dans cette ambiance de judéophobie.
Paradoxalement, c’est du monde arabe et de sa presse qu’émergent quelques velléités de parole libre, que nous parviennent quelques lueurs de clairvoyance. C’est là qu’on peut lire, depuis quelques semaines, les paroles les plus dures sur la stratégie arabe et palestinienne des soixante dernières années.
Il faut admettre que la vraie Nakba est cette mort annoncée de la Palestine en tant que mouvement national cohérent et légitime. Voir des jeunes Palestiniens se faire prendre volontairement avec de fausses ceintures d’explosifs, dans l’espoir de "croupir " dans une prison israélienne et d’accéder à l’éducation et à des études, n’est pas très encourageant quant au potentiel d’espoir que peut susciter la future Palestine.
Les exécutions sommaires, les assassinats sauvages de Palestiniens par d’autres Palestiniens que peu de choses devraient séparer puisqu’ils sont censés poursuivre le même but de "libération de la Palestine", sont le résultat des fissures originelles d’une société artificielle qui s’est cimentée avec la haine de l’Autre à défaut d’avoir pu le faire avec l’amour de soi-même.
Encore une fois, c’est de l’intérieur de cette société que vient le cri d’alarme le plus retentissant et le plus émouvant. Laissons la parole au psychiatre palestinien de Gaza, Eyad Al-Sarraj :
" Les Palestiniens n’ont tiré aucune leçon de leurs erreurs… Nous n’avons rien appris des autres peuples, ni de leurs victoires ni de leurs échecs. En Afrique du Sud, les Noirs ont réussi la révolution consistant à établir un Etat de droit et l’égalité des citoyens, mais nous n’avons pas étudié leur exemple. En Algérie, la population s’est entre-tuée au nom de " belles causes ", mais nous n’avons tiré aucune leçon. En Somalie, les dirigeants se sont comportés comme si les déchirements entre milices étaient leur idéal suprême, mais nous n’avons pas compris que nous étions guettés par le même drame. Dans le monde entier, le terrorisme d’Al-Qaida provoque des réactions de rejet, mais tout ce que nous avons su faire est de prêter le flanc aux mêmes accusations en tuant des civils. Non, nous n’avons rien appris et nos dirigeants persistent à nous mener à l’abîme. "
" … Nous n’avons rien appris des échecs qui ont suivi chacune de nos ingérences dans les affaires des pays voisins. En Jordanie, nous avons tenté de renverser le roi Hussein pour établir un régime révolutionnaire (1970), tentative qui s’est soldée par des centaines de morts et l’expulsion de nos chefs vers le Liban. Au Liban, nous avons constitué un Etat dans l’Etat, ce qui nous a valu la haine des Libanais et l’expulsion de nos chefs vers la Tunisie (1982). En 1990, alors que nous savons ce qu’est une occupation, nos dirigeants ont acclamé Saddam Hussein qui venait d’envahir le Koweït, ce qui a abouti à l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens des pays du Golfe. Et, après cela, nous n’avons toujours rien appris puisque aujourd’hui le Fatah Al-Islam provoque des troubles au Liban. Notre incapacité à comprendre notre propre Histoire, c’est l’arme de destruction massive que nous avons inventée et qui assurera la victoire d’Israël. "
Il manque juste, pour compléter l’analyse de ce courageux psychiatre, ce paramètre essentiel qu’il ne peut appréhender puisqu’il le subit de l’intérieur : il fait partie d’un peuple qui n’a jamais existé.
Que reste-t-il à Mahmoud Abbas comme latitude pour reprendre la main ?
L’approbation des chancelleries occidentales n’a pas, jusqu’à présent, prouvé son efficacité, tant s’en faut. S’il veut empêcher le Hamas de faire scission d’un Etat pas encore né, Abbas doit s’adresser à ses concitoyens. Il vient enfin d’admettre qu’on ne peut conduire un pays en satisfaisant chacun de ses habitants. Il lui a fallu une guerre civile pour en prendre acte…
En France, on aime faire suivre le nom du Hamas de la locution "légitimement élu". Certes. Ce qu’on entend par là, sous nos latitudes démocratiques, c’est qu’il faut nécessairement composer avec les élus du peuple, même si leurs objectifs sont ouvertement totalitaires et anti-démocratiques. En réalité, le Hamas a obtenu 38% des suffrages aux dernières législatives. C’est énorme, mais ce n’est pas la majorité. Seuls, le découpage des circonscriptions et le mode de répartition des votes lui ont permis d’avoir la majorité des députés. C’est parfaitement légitime, mais cela éclaire d’un jour nouveau la dissolution du gouvernement à laquelle vient de se livrer le Président de l’Autorité Palestinienne.
Par ailleurs, si les Gazaouis souffrent de la faim – à cause du blocus israélien, nous serine-t-on en France, en "oubliant" que Gaza possède une ouverture sur la mer et une frontière avec l’Egypte -, il n’en va pas de même pour les troupes du Hamas qui sont bien nourries, bien vêtues et surarmées. Ne subissent-elles pas le même blocus ? Il semblerait que non : les armes, les vivres et les dollars en provenance d’Iran et de Syrie n’attendent pas l’ouverture d’un corridor humanitaire pour parvenir à leurs destinataires. Tout le monde n’a pas les mêmes priorités !
Pour s’opposer à elles, Abbas n’a pas encore appelé la Brigade Bader, créée par Arafat en Jordanie et entraînée depuis plusieurs années par les Américains. Attend-il que les Gazaouis qui ne choisissent pas l’exil vers Israël, comme nombre d’entre eux le font depuis deux jours, soient à ce point exaspérés par la guerre civile qu’ils réclament des libérateurs ? L’économise-t-il en espérant que les chancelleries occidentales prendront l’initiative d’envoyer une force panarabe s’interposer entre les différentes factions palestiniennes ?
En tout état de cause, il a intérêt à faire vite : ce n’est pas parce que la presse française ne détaille pas l’âge et le sexe des victimes palestiniennes de trois mois de guerre civile qu’elles n’ont pas déjà largement dépassé le nombre de celles dues aux Israéliens en trente ans d’occupation !
La calculette de l’AFP ne sait plus où donner de la tête…
Après des semaines de lutte fratricide contre les membres du Fatah, le parti politique historique de Yazzer Arafat le père de la nation palestinienne et du Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le Hamas a procédé à un " mini coup d'état " dans la bande de Gaza, exécutant les hauts responsables du Fatah et prenant militairement le commandement de toutes les instances policières et politiques de la région.
- Le Hamas s'impose par la force comme le maître de la bande de Gaza
Le gouvernement d'union nationale voulu par le président Abbas n'aura pas vécu longtemps et un nouveau premier ministre, l'ancien ministre des finances Salam Fayyad a été nommé pour remplacer Ismaïl Haniyeh, un des leaders du Hamas et actuel premier ministre à l'origine de cette démonstration de force armée dans la bande de Gaza.
Paradoxalement le Hamas a jugé cette nomination "contraire à toutes les lois" et dénoncé un "coup d'État contre la légalité", tandis que Ismaïl Haniyeh assurait que le gouvernement sortant "continuerait à assumer ses fonctions".
Des combattants du Hamas ont pris symboliquement position dans les bureaux officiels d'Al Mountada, le complexe présidentiel abritant entre autre les bureaux de l'actuel chef de l'autorité palestinienne. Les drapeaux palestiniens ont été retirés pour être remplacé par le drapeau vert du parti Hamas.
L'autorité palestinienne craint un débordement de cette rébellion en Cisjordanie où elle tient encore pourtant fermement les rennes du pouvoir et les perspectives de voir se créer un état palestinien volent en éclat devant une nouvelle autorité militaire à deux têtes.
Le chef politique du Hamas, Khaled Mechaal, qui vit en exil en Syrie, a déclaré vendredi qu'il reconnaissait toujours l'autorité du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et que son groupe était prêt à travailler avec lui au nom de l'"intérêt national" des Palestiniens. Khaled Mechaal a indiqué sa volonté de ne pas remettr en cause la présidence palestinienne : " Nous ne menons pas le combat pour contrôler l'Autorité palestinienne et refusons la division de la nation. Le problème n'est pas avec le Fatah ou avec le frère Abou Mazen. (...) Abou Mazen est un président élu. Nous allons coopérer avec lui dans l'intérêt national ".
Des mots qui, surgissant au moment même où des images de nombreux combattants du Hamas prennent d'assaut les bâtiments de l'autorité palestinienne à Gaza, piétinant les portraits officiels de Mahmoud Abbas, prennent une tournure quelque peu dérisoire.
Le chef du Hamas en exil en Syrie a ensuite fustigé l'occident qu'il juge co-responsable avec l'état hébreu de cette crise sans précédent : " Nous faisons assumer à la communauté internationale, qui s'est tue sur les crimes commis par Israël, la responsabilité essentielle dans notre crise interne, bien que nous assumions nous aussi, une part de responsabilité "
- La création d'un état palestinien dorénavant impossible
Le mouvement islamiste radical Hamas présidait dorénavant aux destinées de quelque 1,5 million de Palestiniens dans la bande de Gaza, coupée du reste du monde, et , même si tous les observateurs s'accordent à penser que le projet de la création d'un état palestinien vient d'imploser avec cette démonstration de force du Hamas, personne ne se risque aujourd'hui à un pronostique politique sur l'avenir de la région.
Le chef de la diplomatie saoudienne, Saoud al Faisal, estime que les palestiniens ont porté un coup d'arrêt à la création d'un état palestinien : " Aujourd'hui, les Palestiniens ont pointé eux-mêmes un des derniers clous sur le cercueil de la cause palestinienne (...) Il appartient maintenant aux dirigeants palestiniens d'ordonner la fin immédiate des combats, mais également de déclarer ces combats hors-la-loi, et de reprendre le dialogue. "
Un proche collaborateur du preminier ministre déchu, Khalil al-Hayya, menance le président palestinien de propager le conflit en Cisjordanie si celui-ci décidait de détacher la bande de Gaza du reste du pays : " En Cisjordanie comme à Gaza, désormais séparés par un gouffre politique qui s'ajoute à la séparation physique. (...) Nous espérons que vous resterez président de tout le peuple palestinien. (...) Nous n'accepterons jamais la séparation de Gaza et de la Cisjordanie "
L'ex premier ministre palestinien du Hamas a déclaré au journal " Le Figaro " que son intention n'était pas de renverser le pouvoir actuel du président Abbas mais bel et bien de poursuivre la création d'un état palestinien selon les frontières de 1967 : " Mon gouvernement va poursuivre son travail. Quant à notre programme, il est clair. Nous souhaitons la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967, c’est-à-dire à Gaza, en Cisjordanie avec Jérusalem-Est pour capitale. L’OLP reste en charge des négociations sur ce point. Nous nous engageons à respecter tous les accords passés, signés par l’Autorité palestinienne. Nous souhaitons la mise en œuvre d’une trêve réciproque, globale et simultanée avec Israël. "
Le premier ministre déchu a ensuite assuré qu'il ne comptait pas proclammer la création d'un état islamiste à Gaza : " Gaza appartient à tout le peuple palestinien et pas seulement au Hamas. Nous refusons toute idée de séparation entre les Territoires palestiniens, entre Jérusalem-Est, la bande de Gaza et la Cisjordanie, qui sont indissociables. La séparation n’est pas à l’ordre du jour et ne le sera jamais. "
Est-il encore possible d’imaginer la création un jour d’un Etat palestinien ? Alors que les principaux intéressés apportent - à leur façon - une réponse peu encourageante à cette question en continuant de s’affronter les armes à la main à Gaza, plusieurs rapports d’organisations internationales confortent, explicitement ou non, cette thèse en analysant, quarante ans après la guerre de Six-Jours, les conséquences de l’occupation israélienne sur la situation économique, sociale, humanitaire des territoires occupés.
- Des réactions du monde entier
A quelques exceptions près, la communauté internationale a condamné dans son ensemble le coup de force du Hamas qui vient de confisquer à l'autorité palestinienne le pouvoir à Gaza.
La présidence allemande de l'Union européenne a pour sa part condamné "avec la plus grande sévérité la prise de pouvoir violente par les milices illégales du Hamas à Gaza et la mort de civils innocents". L'UE "soutient énergiquement" la décision conforme à la Constitution palestinienne de Mahmoud Abbas de "mettre en place un gouvernement d'état d'urgence pour les territoires palestiniens", selon le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères.
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a lui aussi réitéré son soutien à M. Abbas, soulignant qu'il restait en contact avec les parties palestiniennes et ses partenaires dans le Quartette.
La Grande-Bretagne n'a pas hésité, pour sa part, à dénoncer "un coup d'État" du mouvement islamiste, soulignant sa volonté de continuer à travailler avec "l'Autorité palestinienne légitime et légale".
Quant au gouvernement japonais, il "continuera à soutenir les efforts de paix du président Abbas".
La Suède a aussi accueilli "très favorablement" la nomination de Salam Fayyad par Mahmoud Abbas pour former le gouvernement d'urgence.
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a souligné que la France "continuait de soutenir" le président Abbas en tant que "représentant légitime de l'institution palestinienne".
Quant à Israël, il "perçoit la nomination de Salam Fayyad au poste de premier ministre de manière très positive", a déclaré un haut responsable gouvernemental israélien sous couvert de l'anonymat.
Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe tenaient de leur côté une réunion extraordinaire consacrée à la situation à Gaza et au Liban.
L'Égypte, hôte de cette réunion, a condamné le Hamas "pour s'être emparé du pouvoir dans la bande de Gaza et avoir entravé le fonctionnement des institutions palestiniennes légitimes".
- Un échec cinglant de la politique internationale
Amer, désabusé, Alvaro de Soto dresse, dans un rapport de fin de mission rédigé après deux années comme envoyé spécial de l’ONU au Proche-Orient et destiné à rester confidentiel, un constat accablant sur le conflit israélo-palestinien. Sévère, il dresse aussi le réquisitoire d’un échec diplomatique cinglant et, tout en n’épargnant ni l’Europe ni l’ONU, pointe la lourde responsabilité de l’administration Bush, qui a soutenu une politique israélienne menant à une impasse. Une politique qui a souhaité, voire encouragé, les violences interpalestiniennes qui aboutissent aujourd’hui à la violente offensive des islamistes du Hamas pour prendre le contrôle de la bande de Gaza.
L'envoyé spécial de l'ONU au Proche Orient, Alvaro de Soto, estime que ce chaos et cette violence sont, outre le résultat d’un règne sans partage du Fatah dominé par la corruption, est le pure le produit de l’aveuglement qui a saisi l’Occident après la victoire électorale du Hamas.
Le responsable onusien accuse les Etats-Unis, plus que jamais alignés sur Israël, d’avoir été résolument hostiles aux "ambiguïtés constructives", seules susceptibles de convertir les islamistes au réalisme politique, et d’avoir "poussé à une confrontation entre le Hamas et le Fatah". Au détour de son récit, l’émissaire des Nations unies rapporte la satisfaction d’un haut diplomate américain devant les affrontements fratricides. "J’aime cette violence", se ravissait-il, convaincu d’y voir le début de la fin du Hamas.
La politique américaine jusqueboutiste et cet obstination de l'administration Bush a précipité l’échec du gouvernement d’union nationale palestinien et ruiné l’offre de paix globale de la diplomatie saoudienne, qui prévoit une normalisation totale des pays arabes avec Israël en échange de la création d’un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967.
Alvaro de Soto estime dorénavant de plus en plus difficile, voire "impossible", la création d’un Etat palestinien et dénonce "la prison à ciel ouvert" qu’est devenue la bande de Gaza.
Lundi 19 mars 2007
Les fêtes des sionistes : des occasions pour agresser les palestiniens et violer leurs propriétés
Al Khalil - Centre Palestinien d’Information
Les habitants de la ville d’al Khalil, située au sud de la Cisjordanie, ont pris l’habitude de voir les fêtes des colons sionistes qui se transformrnt à des jours d’agressions à l’encontre de leur personne et de leurs propriétés, et à des jours de dérangement continuel de la part des colons, notamment dans la vieille ville.
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Le refus des occidentaux de reconnaître le gouvernement palestinien va conduire à l’anarchie
Damas - CPI
Le vice-chef du bureau politique du mouvement de la résistance islamique (Hamas), Dr. Moussa Abou Marzouk, a averti l’occupation israélienne ainsi que les pays occidentaux des résultats de leur refus de reconnaître le gouvernement palestinien d’unité nationale, en affirmant que cela va créer l’anarchie dans la région.
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Le gouvernement israélien a échoué d’empêcher la reconnaissance du gouvernement palestinien
Al-Nasséra - CPI
Le journal hébreu « Yediot Ahronot » a reconnu que le gouvernement israélien a échoué de convaincre les occidentaux de poursuivre le siège international imposé contre le gouvernement palestinien d’unité nationale, après les positions et les décisions de plusieurs pays occidentaux de reconnaître le gouvernement et de finir le siège imposé contre le peuple palestinien et son gouvernement.
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L’entité sioniste décide de boycotter le gouvernement palestinien
Al-Nasséra - CPI
Le gouvernement israélien a décidé, hier dimanche 18/3, lors de sa réunion hebdomadaire, de boycotter le gouvernement palestinien d’unité nationale et de poursuivre le siège imposé contre le gouvernement palestinien depuis plus d’une année.
Lire la suite ...
L’occupation ferme trois associations de bienfaisance à Ramallah
Ramallah - CPI
Les forces de l’occupation israélienne ont fermé, hier dimanche 18/3, trois associations de bienfaisance après une incursion dans la ville de Ramallah en Cisjordanie.
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Les positions du gouvernement palestinien sont suffisantes pour le reconnaître
Bruxelles - CPI
Le vice-président du parlement européen, Luisa Morgenetiné, a appelé l’Union Européenne et la communauté internationale à reconnaître le gouvernement palestinien d’unité nationale qui a obtenu la confiance du conseil législatif palestinien.
Lire la suite ...
Desmond Tutu à la tête d’une mission onusienne sur les opérations israéliennes à Beit Hanoun
jeudi 30 novembre 2006.
• La Rédaction
o Liban : Lettre ouverte aux dirigeants libanais invités par la France
o Non au terrorisme de l’État d’Israël contre les peuples Palestiniens et Libanais
o Bush : "C’est un combat difficile. Patience, courage et sacrifice"
o Onze Palestiniens tués lors d’une incursion des forces d’occupation à Gaza
o Palestine : Retour sur un boycott qui se poursuit
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• Bachar El-Assad : "On ne peut pas bâtir des relations entre deux pays sur des émotions personnelles"
• Actualité du ( mercredi, 5 avril 2006 ) en résumé
• "Les derniers jours, on combattait les Israéliens rue par rue"
• Actualité du ( mardi 6 juin 2006 ) en résumé
• DIME
• Résumé de l’actualité du vendredi 27 janvier 2006
• "Le peuple arabe ne sera pas humilié"
• Liberté, Dignité et Résistance
L’archevêque sud-africain Desmond Tutu a été nommé à la tête d’une mission d’enquête des Nations unies sur le bombardement israélien de Beit Hanoun, dans la Bande de Gaza, qui a fait 18 morts en novembre, a annoncé mercredi l’ONU.
Le militant anti-apartheid et prix Nobel de la paix 1984 se rendra dans la Bande de Gaza pour "évaluer la situation des victimes, prendre en compte les besoins des survivants et proposer des recommandations sur les moyens de protéger les civils palestiniens contre de nouveaux assauts israéliens", selon le président du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, Luis Alfonso De Alba.
La mission remettra son rapport à ce conseil, basé à Genève, à la mi-décembre", selon le communiqué de M. De Alba.
Le bombardement de Beit Hanoun, dû à une erreur technique selon Israël, est intervenu à la suite d’une opération israélienne d’une semaine destinée à empêcher les tirs de roquettes sur l’Etat hébreu depuis cette ville.
Desmond Tutu a présidé la Commission sur la vérité et la réconciliation en Afrique du Sud à la fin de l’apartheid.
2 - Rice attendue au Proche-Orient dans la foulée du cessez-le-feu
Les dirigeants israélien et palestinien accueillent jeudi séparément Condoleezza Rice dans la foulée d’un fragile cessez-le-feu instauré dans la bande de Gaza.
Rice, qui doit accompagner George W. Bush lors de sa visite mercredi et jeudi en Jordanie, se rendra d’abord à Jéricho, en Cisjordanie, pour rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas avant de s’entretenir à Jérusalem avec Ehud Olmert, selon des sources officielles israéliennes et palestiniennes.
Si sa rencontre avec M. Abbas avait été annoncée dès mardi, sa venue à Jérusalem n’a été confirmée que mercredi en début de soirée par le bureau d’Olmert alors même que son entourage avait exclu un tel entretien la veille.
Rice doit rencontrer également Tzipi Livni, selon le bureau de cette dernière.
Le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack, a indiqué que Rice insisterait auprès de M. Abbas sur la nécessité de faire respecter la trêve entre les groupes palestiniens et l’armée israélienne d’occupation en vigueur depuis dimanche dans la bande de Gaza.
"Nous parlerons de la situation sécuritaire, c’est sûr", a déclaré McCormack.
"Le président Abbas a déployé certains éléments de ses services de sécurité dans le nord de la bande de Gaza et il y a encore eu d’autres tirs de roquettes", a-t-il ajouté. "Nous espérons qu’ils seront efficaces pour empêcher tout nouveau tir ou toute attaque susceptible d’être lancée depuis Gaza".
Rice devrait également discuter avec M. Abbas de la situation politique et notamment de la formation d’un nouveau gouvernement qui serait acceptable pour Israël et les Occidentaux.
A cet égard, un conseiller de M. Abbas a affirmé mercredi que les discussions entre le Hamas, qui dirige le gouvernement actuel, et le parti Fatah de M. Abbas étaient de nouveau dans l’impasse.
A la veille de la visite de Rice, le chef des renseignements égyptiens, le général Omar Souleimane, dont le pays mène une médiation en vue d’un échange de prisonniers entre Israël et des groupes de la Résistance, a rencontré Olmert et deux de ses ministres, Amir Peretz (Défense) et Binyamin Ben Eliezer (Infrastructures).
Dans des déclarations à la presse, l’émissaire égyptien a affirmé que les groupes armés palestiniens tenaient au cessez-le-feu et que les violations enregistrées depuis dimanche avaient été commises "par des personnes n’appartenant à aucune faction qui cherchent à prouver leur existence".
"Nous déployons tous les efforts nécessaires pour empêcher cela (les violations) car elles ne constituent pas seulement une menace pour Israël mais pour nous aussi", a-t-il ajouté.
"Sur l’affaire Gilad Shalit je suis très optimiste. J’ai été fort heureux d’apprendre ce qu’il (Souleimane) m’a dit aujourd’hui et je prie afin qu’il (Shalit) soit de retour chez lui d’ici la fin de l’année", a déclaré Ben Eliezer à la radio militaire.
Le soldat Gilad Shalit a été capturé fin juin par des groupes résistants, à la lisière de la bande de Gaza. L’Egypte joue depuis le début de cette affaire un rôle de médiation central.
Selon la radio militaire, le Hamas exige que 1.400 détenus palestiniens soient relâchés en même temps que Gilad Shalit. Israël, en revanche, ne veut libérer qu’un millier de Palestiniens qui ne seraient libérés qu’après le retour du soldat chez lui.
Israël a par ailleurs fait savoir mercredi que sa patience face à la poursuite des tirs de roquettes palestiniennes sur son territoire avait des limites, le cessez-le-feu ayant été violé à trois reprises depuis dimanche.
"La période de test que le Premier ministre a accordée aux Palestiniens approche de sa fin", a ainsi prévenu le président de la commission de la Défense et des Affaires étrangères, Tzahi Hanegbi.
3 - La réunion entre Nouri al Maliki et George Bush à Amman reportée
George Bush et le Premier ministre irakien Nouri al Maliki sont arrivés mercredi à Amman mais leur rencontre a été reportée à jeudi, a annoncé la délégation américaine.
Les deux hommes devaient participer mercredi avec le roi Abdallah de Jordanie à une réunion de crise sur la situation irakienne puis dîner tous les trois ensemble.
"Vu que le roi de Jordanie et le Premier ministre ont participé à une rencontre bilatérale dans la journée, tout le monde s’est accordé pour dire qu’une réunion trilatérale n’avait plus de raison d’être", a déclaré aux journalistes Dan Bartlett, un conseiller de la Maison blanche.
A Bagdad, la perspective d’une rencontre entre Bush et Maliki a poussé la faction de l’imam chiite Moktada Sadr à suspendre sa participation au gouvernement irakien.
L’imam qui dirige l’Armée du Mehdi, avait promis de boycotter le parlement et la coalition de Maliki si ce dernier rencontrait, malgré ses objections, le président américain. Maliki dépend politiquement du bloc de Sadr, qui contrôle 30 sièges sur les 275 du parlement et lui a permis d’être désigné à ce poste. La faction de l’imam chiite a qualifié la visite du Premier ministre en Jordanie de "provocation contre le peuple irakien".
Le déplacement de Maliki était déjà assombri par la publication dans le New York Times d’une note interne de la Maison blanche rédigée par le conseiller à la sécurité nationale, Stephen Hadley, remettant en cause sa capacité à sauver l’Irak de la guerre civile.
Bush doit de son côté faire en sorte que la situation s’améliore en Irak afin de préparer le terrain au retrait des quelque 140.000 soldats américains déployés dans le pays. Or, comme le montre la note de Hadley, datée du 8 novembre, Washington semble douter, notamment, de la capacité de Maliki à neutraliser, comme il l’a promis, les escadrons de la mort chiites.
Hadley y déclare que Maliki reçoit des informations "indubitablement orientées" de la part de ses conseillers du parti chiite Daoua. Il semble bien intentionné, poursuit-il, mais "la réalité dans les rues de Bagdad donne à penser soit que Maliki ignore ce qui se passe, soit qu’il dit le contraire de ses intentions, soit qu’il n’a pas la capacité de transformer ses bonnes intentions en actions".
La Maison blanche a déclaré toutefois mercredi qu’elle avait confiance en Maliki et qu’elle souhaitait renforcer sa position.
Ce dernier est arrivé à Amman quelques heures avant Bush, arrivé de Lettonie, où il participait à un sommet de l’Otan. Les deux hommes ont fait savoir qu’ils évoqueraient le transfert de nouvelles responsabilités aux forces de sécurité irakiennes et le rôle que pourraient jouer les autres pays de la région dans la résolution du problème irakien.
Maliki s’est entretenu au préalable avec le roi Abdallah de Jordanie qui, comme d’autres dirigeants arabes sunnites, craint la montée de l’influence iranienne en Irak et dans la région, à la lumière notamment de la guerre qui a opposé cet été Israël au Hezbollah libanais, milice chiite soutenue par Téhéran.
Le roi a déclaré à la BBC que les dirigeants irakiens devaient empêcher que l’Irak ne soit détruit dans un "tourbillon de violence".
Autre signe de l’inquiétude croissante provoquée dans la région par la situation en Irak, un conseiller du gouvernement saoudien en matière de sécurité a prédit que Ryad utiliserait des moyens financiers, militaires et pétroliers pour empêcher les milices chiites de "massacrer des sunnites" quand les Etats-Unis se seraient retirés.
"Un engagement saoudien en Irak comporte assurément de grands risques : il pourrait déclencher une guerre régionale. Certes, mais les conséquences de l’inaction sont bien pires", écrit Naouaf Obaid dans une tribune publiée par le Washington Post.
Le journal précise que les opinions exprimées par ce conseiller n’engagent que leur auteur et non le gouvernement saoudien.
"Rester aveugle au massacre de sunnites irakiens reviendrait à renoncer aux principes fondateurs du royaume. Cela saperait la crédibilité de l’Arabie saoudite dans le monde sunnite et constituerait une capitulation face aux actions militaristes de l’Iran dans la région", poursuit Obaid.
4 - Ségolène Royal au Proche-Orient
Ségolène Royal a choisi le chaudron du Proche-Orient - Liban, Israël, territoires palestiniens - pour son premier voyage à l’étranger depuis son investiture par le PS pour l’Elysée, alors que ses détracteurs lui reprochent son manque d’expérience internationale.
Elle commence ainsi "par le plus difficile", estimait mercredi Julien Dray, "coordinateur" des porte-parole de la candidate socialiste. "Elle veut montrer qu’elle s’attaque aux problèmes, qu’elle n’est pas là simplement pour les apparences, pour les apparats, et que sa présidence sera efficace et utile pour nos concitoyens et pour la paix dans le monde".
L’entourage de Mme Royal restait mercredi très discret sur les détails du voyage, mais, selon une source officielle libanaise, elle est attendue jeudi à Beyrouth.
Dès son arrivée, elle devait se rendre au domicile de l’ancien président libanais Amine Gemayel, dont le fils, Pierre, ministre de l’Industrie, vient d’être assassiné.
Elle devrait également rencontrer le Premier ministre Fouad Siniora et le président du Parlement, Nabih Berri.
Un haut responsable israélien a, lui, annoncé mercredi matin que Ségolène Royal effectuerait une visite de 48 heures en Israël à partir de dimanche et aurait des entretiens avec Ehoud Olmert et Tzipi Livni.
Les relations entre Israël et la France traversent une phase de frictions en raison notamment des survols du sud Liban par l’aviation israélienne, source de tensions avec le contingent français de la Finul (Force Intérimaire des Nations unies au Liban). Israël reproche de son côté à Paris de mener une politique "pro-arabe" dans la région.
Ce voyage devrait permettre à Mme Royal, première femme à avoir une chance réelle d’accéder à l’Elysée, de peaufiner sa stature internationale, alors que selon M. Dray les invitations à l’étranger affluent depuis sa désignation.
5 - Ismail Haniyeh en Egypte pour des pourparlers sur les échanges de prisonniers
Pour son premier voyage à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir en mars, le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Ismail Haniyeh a entamé mercredi au Caire des pourparlers avec les autorités égyptiennes sur un échange de prisonniers avec Israël et la formation d’un gouvernement palestinien d’union nationale.
Dans le même temps, les pourparlers en Israël entre des responsables de l’Etat hébreu et le médiateur égyptien sur la question israélo-palestinienne, Omar Suleiman, n’ont pas permis d’aboutir à un accord sur un échange entre 1.400 prisonniers palestiniens et le soldat Ghilad Shalit, capturé par le Hamas au mois d’août.
Ehoud Olmert s’est déclaré "très satisfait" des discussions, mais, selon un responsable israélien ayant requis l’anonymat, celles-ci n’ont pas pu aboutir.
Par ailleurs, le cabinet d’Ehoud Olmert a annoncé qu’il rencontrerait jeudi Condoleezza Rice.
Rice, qui accompagnait George W. Bush mercredi en Jordanie, s’entretiendra également avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas jeudi en Cisjordanie.
6 - Haniyeh milite pour un Etat palestinien sur la base de 1967
Le Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh a donné le ton de son premier voyage à l’étranger depuis sa prise de fonctions en défendant mercredi une initiative fondée sur le principe d’un Etat indépendant dans les territoires extérieurs aux frontières israéliennes de 1967.
Il est temps que les gouvernements du Proche-Orient et du reste du monde fassent pression sur Israël pour l’amener à reconnaître un Etat palestinien sur cette base, a déclaré Haniyeh lors d’une conférence de presse à l’issue d’entretiens au Caire avec Amr Moussa, secrétaire de la Ligue arabe.
Haniyeh appartient au mouvement islamiste Hamas, qui prône en général un Etat palestinien dans l’ensemble de la Palestine telle qu’elle existait avant la création d’Israël en 1948. Certains observateurs font état d’une évolution prudente et progressive de la position du Hamas, arrivé au pouvoir cette année après avoir gagné les législatives de janvier.
Haniyeh a toutefois écarté une question visant à savoir si la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 (Gaza, Cisjordanie, Jérusalem-Est) constituerait une solution provisoire ou définitive au conflit israélo-palestinien.
"Avant d’évoquer le définitif ou le provisoire, nous parlons d’une vision politique palestinienne fondée pour le moment sur la mise en place d’un Etat dans les frontières de 1967", a-t-il dit.
"La question doit être posée à l’autre partie. Est-elle prête à reconnaître cet Etat ? Est-elle prête à reconnaître les droits du peuple palestinien ? A ce stade-là, nous définirons notre position de façon définitive."
Avant son départ de Gaza, Haniyeh a indiqué mardi qu’il réclamerait des soutiens politico-financiers face aux sanctions économiques imposées par les pays occidentaux à l’Autorité palestinienne après l’arrivée du Hamas au pouvoir en mars.
Son voyage de plusieurs semaines doit le conduire en Egypte, au Qatar, en Syrie, en Iran, en Jordanie, au Koweït, au Soudan, au Liban et en Arabie saoudite. Ce qui est propre à retarder les efforts visant à former un gouvernement d’union avec le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas.
7 - Le parti de Sadr suspend sa participation au gouvernement
Le parti de Moktada Sadr suspend sa participation au gouvernement irakien, pour protester contre la rencontre prévue en Jordanie entre le Premier ministre Nouri al Maliki et George Bush.
Le bloc de Sadr contrôle 30 sièges sur les 275 du parlement. "Le groupe Sadr suspend sa participation au parlement et au gouvernement en signe de protestation contre la visite, interprétée comme une provocation à l’égard du peuple irakien", fait savoir le bloc Sadr dans un communiqué.
La formation de l’imam radical a contribué à la nomination de Maliki, lui aussi chiite, au poste de Premier ministre.
8 - Onu : le Conseil des droits de l’homme sermonné et sommé d’agir sur le Darfour
Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a averti mercredi le Conseil des droits de l’homme que sa crédibilité était en jeu, six mois seulement après sa création, et lui a demandé d’organiser d’urgence une session spéciale sur le Darfour pour faire taire ses détracteurs.
Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a succédé en juin à la Commission, un organe discrédité par ses manoeuvres de couloirs, accusé d’adopter deux poids-deux mesures dans ses dénonciations des violations des droits de l’homme.
"Ce n’est qu’en vous montrant rigoureux et courageux que vous pourrez éviter de décevoir les nombreuses personnes partout dans le monde qui se tournent vers les Nations unies pour y trouver un soutien dans leur lutte pour les droits de l’homme", a averti M. Annan dans un discours adressé mercredi au Conseil, réuni à Genève pour sa 3ème session ordinaire.
"Il n’est pas trop tard" pour démentir les "critiques" et les "jugements prématurés" de ceux qui pensent que certains pays coupables de violations des droits de l’homme pourront désormais échapper à l’opprobre internationale, a assuré le secrétaire général dans son message, lu par Mme Louise Harbour, Haut commissaire aux droits de l’homme.
Le Conseil doit notamment éviter de retomber comme la défunte Commission dans "la fracture entre le nord et le sud, entre les pays développés et les pays en voie de développement", a mis en garde M. Annan.
Et il ferait taire certains de ses détracteurs en tenant une session extraordinaire sur le Darfour, un cas qui "saute aux yeux", a-t-il insisté.
Depuis sa création en juin dernier, le Conseil des droits de l’homme a tenu trois sessions spéciales, toutes consacrées au conflit israélo-arabe. Cette question ne doit pas "monopoliser l’attention au détriment d’autres sujets qui constituent des violations aussi graves, voire plus graves" des droits de l’homme, selon le secrétaire général.
"Des atrocités continuent à être commises quotidiennement" au Darfour, a ensuite renchéri Mme Arbour elle-même en mettant en cause directement les autorités soudanaises. "Le gouvernement du Soudan et les milices qui lui sont associées (...) continuent d’être responsables des violations les plus graves des droits de l’homme et du droit humanitaire", a-t-elle dénoncé.
Province de l’ouest du Soudan, le Darfour est le théâtre d’une guerre civile et d’une grave crise humanitaire depuis février 2003. Selon l’ONU, le conflit a fait plus de 200.000 morts et 2 millions de déplacés.
Mardi, le Conseil a adopté, par 25 voix contre 11 et 10 abstentions, une résolution du groupe africain sur le Darfour qui évite de mentionner le rôle du gouvernement soudanais dans ce conflit.
"Le Conseil des droits de l’homme doit préserver et renforcer le système des procédures spéciales —ce joyau de la couronne— tout en développant également une solide revue périodique universelle" pour débusquer les violations des droits de l’homme dans tous les Etats membres, a encore estimé M. Annan.
Le secrétaire général prend ainsi fait et cause pour les rapporteurs spéciaux par pays, ces experts indépendants chargés d’examiner la situation des libertés fondamentales dans les pays et qui sont très contestés au sein du nouveau Conseil face à leurs défenseurs occidentaux, désormais très inférieurs en nombre.
Sa mise en garde intervient au surlendemain de l’adoption par 30 voix contre 15 et 2 abstentions d’une résolution déposée par l’Algérie au nom du groupe africain demandant la mise en place d’un "code de conduite" pour les rapporteurs spéciaux, qui reviendrait à les museler.
"Nous devons regarder les choses en face : les Etats ne sont pas seulement les protecteurs collectifs de nos normes internationales (des droits de l’homme) mais aussi, trop souvent, ceux qui violent ces normes", a souligné le secrétaire général.
9 - Algérie : plus de 700 cas de SIDA recensés en 2006
La situation des séropositifs et malades du SIDA s’est améliorée en Algérie ces dernières années mais ces personnes restent frappées d’exclusion dans la société, a déclaré mercredi le professeur Abdelwahab Dif, président du Comité algérien de lutte contre le SIDA (CNLS).
Le CNLS a recensé 740 malades du SIDA et 2.092 séropositifs, dont 682 sont traités, entre le 1er janvier et le 31 septembre 2006. On dénombre 282 décès depuis 1985. Le bilan fait ressortir une répartition presque égale entre les hommes, avec 339 cas, et les femmes, 336 cas, plus une dizaines de cas d’enfants séropositifs.
Sur 1.470 personnes qui se sont présentées cette année dans les 54 centres de dépistage mis en place par le ministère de la Santé, 14 étaient séropositives, selon le CNLS.
"Le traitement et le suivi biologique sont pris en charge par l’Etat, ils sont donc gratuits dans les sept centres de soins, mais ils ne suffisent pas car il y a défaillance sur les plans psychologique et social", a souligné le Pr Dif.
Il a reconnu que la société algérienne était "sans pitié" avec les porteurs du VIH, les stigmatisant et les culpabilisant.
Avec la prostitution, a-t-il rappelé, la drogue, la délinquance, le phénomène de l’immigration et la précarité, "l’un des facteurs qui contribue le plus au développement du SIDA est l’ignorance".
10 - Les autorités d’occupation libèrent un ministre palestinien
Les autorités d’occupation ont remis en liberté un des ministres palestiniens, membres du Hamas, qui avaient été placés en détention après la capture du soldat Gilad Shalit par des résistants en juin dernier.
On ignore pour l’instant si la libération du ministre des Travaux publics et du Logement, Abdel-Rahman Zidane, a partie liée avec un éventuel accord sur l’échange de prisonniers. Un porte-parole des services d’Olmert s’est borné à indiquer que la libération du ministre avait été ordonnée par un tribunal militaire.
Zidane, qui avait été arrêté par les forces d’occupation le 3 novembre, a été remis en liberté à un poste de contrôle proche de Djénine, en Cisjordanie. Il a été accueilli et acclamé par des partisans du Hamas et par sa famille.
Zidane a déclaré avoir été interrogé sur son rôle au sein du gouvernement palestinien et avoir été détenu dans des conditions inconfortables. "J’espère que cette ingérence va cesser. Cela ne favorisera pas la paix dont parle Israël", a dit Zidane à Reuters après avoir été relâché.
Le ministre palestinien a été relâché à la veille d’une rencontre entre Condoleezza Rice, et Ehud Olmert. Rice aura également, jeudi, un entretien avec le président palestinien, Mahmoud Abbas.
La libération de Zidane coïncide aussi avec la visite en Israël du chef des services de renseignement égyptiens, Omar Souleiman destinée à évoquer un éventuel accord sur un échange de prisonniers palestiniens contre le caporal Shalit. Des dizaines de députés membres du Hamas et des ministres ont été faits prisonniers par Israël après la capture de Shalit. Plus de 20 d’entre eux sont toujours derrière les barreaux.
(Mercredi 30 novembre 2006 - Avec les agences de presse)
Se tenant à côté de Condoleeza Rice, la Secrétaire d’Etat américaine, pendant leur conférence de presse à Jéricho, jeudi 30 novembre, le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré que les efforts pour former un gouvernement d’unité nationale avec le Hamas étaient dans une impasse.
Il a ajouté, sur un ton menaçant, qu’il prendrait bientôt des mesures pour la formation d’un nouveau gouvernement, à la place de l’actuel dirigé par Ismael Haniya, dont la tâche principale sera la levée de l’embargo financier et économique sur les Palestiniens, initié par les Américains et renforcé par les Israéliens.
Mais le comportement réellement scandaleux d’Abbas fut sa référence à une allocution donnée par le Premier Ministre israélien Ehud Olmert, il y a quelques jours dans le sud d’Israël, qu’il a jugée "positive".
Dans cette allocution théâtrale, déjà qualifiée par l’ensemble de la presse israélienne de « revirement », Olmert a dit qu’Israël se retirerait de "beaucoup de territoires", "libèrerait beaucoup de prisonniers" et rendrait les taxes de douane palestiniennes retenues par les autorités israéliennes pour punir les Palestiniens d’avoir élu un gouvernement qui déplaît à Israël.
Et toute cette charité sioniste ne serait accordée que si les Palestiniens acceptaient de renoncer au primordial Droit au Retour, mettraient fin à la résistance armée à l’occupation militaire et accepteraient les autres exigences israéliennes.
Je ne comprends vraiment pas ce que n’importe quel Palestinien, à part le Président de l’Autorité Palestinienne, pourrait voir de positif dans un tel discours.
Olmert n’a rien dit qui pourrait être interprété comme un abandon des politiques israéliennes antérieures, basées sur une perpétuation de l’occupation et de la colonisation de la terre palestinienne.
En fait, c’est tout l’inverse, car Olmert a indiqué qu’Israël garderait beaucoup de la Cisjordanie occupée, maintiendrait intacts les larges blocs de colonies et ne rendrait jamais Jérusalem Est à ses propriétaires légitimes.
Et, cerise sur le gâteau, il conseille vivement aux Palestiniens d’oublier le Droit au Retour de millions de réfugiés malheureux qui attendent depuis des décennies d’être rapatriés dans leurs maisons et leurs villages situés dans ce qui est maintenant Israël.
Bon, à quelle sorte de règlement de paix final cela ressemblerait-il ?
Sommes-nous en train de parler de la version moderne d’une métamorphose kafkaïenne ?
Qu’est-ce qu’a bien pu voir M. Abbas de positif, dans le discours d’Olmert, que nous ne voyons pas ?
C’est réellement honteux que le dirigeant palestinienne soit resté silencieux lorsque Rice s’est mise à gloser sur la même vieille bêtise offensante du "redémarrage du processus de paix", "des mesures basées sur la confiance" et de l’"Etat viable et géographiquement continu".
Nous entendons ces paroles mensongères depuis des années, en même temps que l’occupation et le vol de la terre continuent sans répit avec l’accord des Américains.
La semaine dernière, le mouvement La Paix Maintenant, citant des rapports de l’armée israélienne, a révélé que plus de 40% des colonies juives de Cisjordanie sont construites sur des terres palestiniennes privées.
Il est intéressant de constater que pas un seul officiel de l’Administration Bush n’a dit quoique ce soit sur cet immense vol de terre par « la seule démocratie du Moyen-Orient ».
Pourquoi ? Parce que la politique américaine sur l’expansion des colonies juives en Cisjordanie est le miroir de la politique israélienne. Evidemment, si qui ne dit mot consent, c’est la seule conclusion que n’importe quelle personne honnête tirera à ce sujet.
Selon les assertions de Rice disant que les colonies ne seraient pas préjudiciables à un accord final entre Israël et les Palestiniens, nul n’a pas besoin d’être expert en politique étrangère américaine pour réaliser que ces affirmations ne sont rien d’autres que des foutaises destinées à tromper les dirigeants palestiniens et arabes crédules qui interprètent tout sourire ou mot gentil venant d’un officiel américain comme une indication que l’Amérique, finalement, adopte une nouvelle politique basée sur la morale, la justice et la loi internationale.
Je me demande, vraiment, pourquoi M. Abbas n’a pas pris Rice à partie en lui demandant de condamner l’énorme vol de terre, et le déclarer nul et non avenu ? Ne sait-il pas comment exprimer les souffrances de son peuple aux visiteurs étrangers ? Ne peut-il pas se faire l’avocat des droits de son peuple ? A quoi sert un « président » s’il ne fait ou ne peut faire ce qu’il est supposé ?
C’est largement clair maintenant qu’Abbas échoue à exercer sa mission de Président de Palestine !! (le titre lui-même est faux puisqu’il n’y a pas d’Etat palestinien et ce n’est pas dans l’intérêt du peuple palestinien de faire comme s’il y en avait un, alors qu’il n’existe pas).
Pourquoi ne s’est-il pas souvenu de la visite de l’ancien kremlinologue, dont la connaissance des vicissitudes du dossier Palestine est au mieux médiocre, disant qu’il n’y aura jamais de véritable et durable paix en Palestine, et bien sûr dans tout le Moyen-Orient, tant qu’Israël ne mettra pas fin à son occupation de TOUTES les terres arabes occupées en 1967 et ne permettra pas un règlement juste de la condition des réfugiés palestiniens selon la résolution 194 des Nations Unies ?
N’est-ce pas cela, après tout, la dernière référence légale sur laquelle tous les efforts de paix sont supposés être basés ? Pourquoi ne l’a-t-il pas dit ? A-t-il eu peur de troubler les sentiments et la sérénité de la dame noire ? A-t-il craint de perdre son certificat américain de bonne conduite en exprimant avec force les doléances de son peuple ?
En réalité, Abbas et les autres dirigeants palestiniens ne devraient jamais chercher à obtenir de certificats de bonne conduite de l’Amérique et d’Israël, les bourreaux du peuple palestinien, ou même de l’Europe, lorsque l’obtention de ce certificat se fait aux dépens du peuple palestinien.
Nous savons tous qu’au Moyen-Orient, recevoir un certificat de bonne conduite de l’Amérique est souvent un simple euphémisme pour aliéner le peuple.
Et au sujet du gouvernement d’unité nationale avec le Hamas, c’est vraiment triste qu’Abbas ait choisi de fustiger et de critiquer le Hamas pendant qu’il était en compagnie de Rice.
L’homme a-t-il voulu lui dire qu’il était plus loyal à sa soumission à la Maison Blanche qu’aux intérêts nationaux palestiniens ?
J’ai bien peur qu’il y ait déjà eu des signes inquiétants qu’Abbas soit devenu une autre marionnette américaine dans la région, tout comme Qarazai en Afghanistan et Maliki en Iraq.
Il peut bien sûr clamer qu’il fait tout ceci dans l’espoir que les Américains forcent les Israéliens à lui donner quelque chose.
Mais c’est prendre ses désirs pour des réalités, comme l’a montré l’amère expérience d’Arafat.
Palestine: Vers un coup d’Etat en Palestine ?
Dans la dernière édition du Monde Diplomatique, Alain Gresh s’inquiète d’une action concertée d’Israël, des gouvernements occidentaux, d’une partie des régimes arabes et d’une fraction du Fatah pour renverser le Hamas, maintenant qu’une bonne partie de ses élus a été kidnappée et emprisonnée par les responsables israéliens.
La question peut sembler saugrenue. Après tout, il n’existe pas d’Etat palestinien. Pourtant, il apparaît clairement qu’il existe une volonté commune du gouvernement israélien, du gouvernement américain, d’une partie des gouvernements européens et des gouvernements arabes dits modérés, et d’une fraction même du Fatah de renverser le gouvernement issu des élections législatives de janvier 2005, qui ont donné une majorité au Hamas.
On a pu ainsi entendre ces étranges propos du porte-parole du Fatah au Conseil législatif, Jamal Al-Tirawi affirmant que « nous allons renverser le gouvernement du Hamas. Nous sommes maintenant la majorité. » Ce que le porte-parole du Fatah ne précise pas c’est que cette majorité n’est rendue possible que par l’arrestation par l’armée israélienne de nombreux députés du Hamas. Cette déclaration, jointe à la grève de fonctionnaires (déclenchée par des syndicats proches du Fatah) qui réclament le paiement de leur salaire (rendu difficile par le boycottage de la « communauté internationale » et le refus d’Israël de payer les droits de douane de 50 millions de dollars mensuels dus à l’Autorité palestinienne), est caractéristique du climat. Les milices du Fatah n’ont d’ailleurs pas hésité, à plusieurs reprises, à imposer aux commerçants palestiniens des grèves de protestation contre le gouvernement palestinien.
Ces grèves ne sont pas seulement manipulées. Elles s’appuient sur un vrai mécontentement du au blocus imposé par la communauté internationale contre le peuple palestinien. Tous les rapports confirment la détérioration sans précédent de la situation matérielle des Palestiniens. Un nouveau rapport de l’envoyé spécial des Nations unies pour les territoires occupés, Special John Dugard, rendu public le 26 septembre, a noté que l’action israélienne à Gaza relevait du « nettoyage ethnique » et que la vie des Palestiniens était devenue « tragique et intolérable ». Il a aussi accusé Israël et les pays occidentaux de la détérioration de la situation.
Si le Fatah peut profiter de ce contexte, ce n’est que très relativement. La journaliste Amira Hass dans un article d’aujourd’hui de Haaretz intitulé « Missing the governement of thieves » (Quand le gouvernement des voleurs est regretté) notait les slogans des manifestants grévistes palestiniens : « Non à Ismaïl, non à Haniyeh, nous voulons le retour du gouvernement des voleurs. » (rappelons qu’Ismaïl Haniyeh est le premier ministre palestinien, issu du Hamas). Et Amira Hass résume le sentiment d’une partie de la population : « Le gouvernement du Hamas est peut-être propre, mais les voleurs du Fatah valent mieux. Après tout, quand le Fatah était au pouvoir, nous étions payés. » Et la journaliste d’expliquer que le Fatah, « qui a du mal à digérer son écartement du pouvoir, s’appuie sur logique des demandes internationales et agit de manière à renverser un gouvernement élu ».
Malgré cette situation, un sondage publié le 26 septembre indique un maintien de la côte de popularité du Hamas. Selon les résultats, 42% des Palestiniens sont satisfaits de l’action du gouvernement et 54% insatisfaits. Les gens disposés à voter pour le Hamas représentent toujours 38% (même pourcentage qu’il y a trois mois), alors que la popularité du Fatah n’a que légèrement augmenté à 41%. Si la côte de popularité de Mahmoud Abbas atteint 55%, en cas de nouvelle élection présidentielle, seulement 31% des électeurs voteraient pour lui, contre 24% pour Haniyeh et 13% pour Marwan Barghouti, le dirigeant du Fatah emprisonné par les Israéliens. (Notons que selon ce sondage, 56% des Israéliens sont favorables à des négociations avec un gouvernement palestinien dirigé par le Hamas).
Rappelons un peu la chronologie des événements. A la fin juin, le Fatah et le Hamas se mettent d’accord sur le fameux « document des prisonniers », élaboré par des prisonniers politiques de toutes les tendances politiques (le Djihad islamique émet certaines réserves). Il contient trois principes : acceptation de la création d’un Etat palestinien sur les territoires occupés en 1967 (et donc reconnaissance de facto d’Israël) ; limitation des actions armées aux territoires occupés ; Mahmoud Abbas serait chargé de mener les négociations de paix avec Israël (notons que selon les accords d’Oslo c’est l’OLP et non l’Autorité palestinienne qui est chargée des négociations avec Israël). L’enlèvement du soldat israélien le 25 juin entraîne une offensive générale israélienne et les négociations entre le Hamas et le Fatah sur la création d’un gouvernement d’union nationale sont suspendues.
Elles reprennent et semblent aboutir au début septembre à un accord, le gouvernement d’union nationale étant dirigé par le Hamas. A la veille de son départ à New York, le président Abbas suspend les négociaitons. Il rencontre le président Bush et, à la suite de cette entrevue, il intervient à l’Assemblée générale en affirmant que tout gouvernement palestinien sera tenu par les lettres de reconnaissance mutuelle entre Arafat et Rabin, du 9 septembre 1993 (échangée à la veille de la signature des accords d’Oslo). Rappelons que, dans ces lettres, l’OLP reconnaît l’Etat d’Israël alors qu’Israël se borne à reconnaître l’OLP comme représentant des Palestiniens.
Cette demande de Mahmoud Abbas de reconnaissance explicite d’Israël par le futur gouvernement, y compris donc par le Hamas, est totalement irréaliste en ce moment. Le Hamas ne peut y consentir pour deux raisons : pour des raisons internes d’abord, un changement aussi profond de son programme ne pouvant aboutir qu’à l’éclatement du mouvement ; mais surtout parce qu’une telle reconnaissance serait prise sans aucune contrepartie sérieuse d’Israël. Le journaliste israélien Dany Rubinstein, dans le quotidien Haaretz, posait la question « Why recognize Israel ? » (Pourquoi reconnaître Israël ?). Il rappelait que l’OLP, qui a reconnu Israël, n’a rien gagné à la suite de ce geste. D’ailleurs, tous les sondages montrent que l’opinion palestinienne ne demande pas au Hamas de faire cette concession. Compte tenu de l’ampleur de la colonisation qui n’a arrêté à aucun moment depuis 1973, Dany Rubinstein note que « le message israélien est devenu sans équivoque : vous, Palestiniens, n’avez aucune chance. Vous avez reconnu Israël et ce que vous avez reçu en échange est la liquidation de tous vos espoirs nationaux. Pourquoi faudrait-il que le Hamas répète cette même reconnaissance d’Israël pour dont nous avons déjà vu les résultats ? »
Pour l’instant, la direction du Fatah n’est pas unie. Mahmoud Abbas lui-même est hésitant. Il est soumis à une multitude de pressions : internes (de nombreux cadres du Fatah sont hostiles à l’accord et ne veulent aucun partage du pouvoir). Mais les pressions des gouvernements étrangers ne sont pas moins fortes : Israël et les Etats-Unis ne veulent pas du Hamas ; les Etats arabes modérés encore moins (un gouvernement d’union nationale avec les islamistes risque de donner des idées chez eux) ; une partie des gouvernements européens (mais, globalement, l’Union est plutôt neutre)... Si le gouvernement issu des élections de janvier devait tomber dans ces conditions, la leçon envoyée aux peuples de la région serait « claire » : vous avez le droit de voter, à condition de voter comme l’entendent les Etats-Unis, Israël et les pays arabes « modérés »... On ne s’étonnera pas après que les discours les plus extrémistes de rejet de « la démocratie occidentale » trouvent au Proche-Orient une oreille plus attentive...
Dec 15, 2006, Ismaël Haniyeh, le Premier ministre palestinien, est retourné à la bande de Gaza, après une tournée dans certains pays arabes et musulmans, bien que les autorités de l’occupation israélienne lui aient mis des bâtons dans les roues en fermant le passage de Rafah qui sépare l’Egypte et la Bande.
Des milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans ledit passage pour recevoir leur Premier ministre, en défiant les mesures des Israéliens, affirme Ismaël Ridwan, porte-parole du mouvement de la résistance islamique "Hamas".
Ridwan a chaleureusement salué la position de ces milliers de citoyens palestiniens aux côtés du Premier ministre.
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